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Perrin Langda, poèmes

janvier 18, 2013

Vœux du fakir

.
qu’une pluie d’innombrables malheurs
s’abatte sur vous
et vous aide à goûter pleinement
de rares instants de bonheur

réveillez-vous de votre gueule de bois
à l’instar de « Jesus »
vous n’avez plus de prépuce

pleurez, riez, oubliez
voyez combien la vie est belle
apprenez à dompter la magie du fakir
à vivre en harmonie avec le monde
en sortant vos poubelles au moment adéquat
à faire pousser le blé
en charmant les serpents à sonnette
à être heureux avec des pointes de fer
enfoncées dans le cul
et tout un tas d’autres merveilles

que diriez-vous de vous envoyer en l’air ?
d’avoir la consistance d’un nuage ?
de devenir yogi, ou mage ?
et de brûler au cœur de l’atmosphère ?

MES MEILLEURS VŒUX A TOUS
apprêtez-vous, Mesdames, Messieurs, à vivre
une année remarquabl-
ement semblable à la précédente


Gerber



descendre l'insensé
flot d'essence dorée
aux soirées arrosées
de nos adolescences

		     laisser tomber
		         lovés sur le
		   béton nos deux
		         vélos volés

     et sur la blanche nei-
     ge des cloaques
     de nos jeunes-
     ses alcooliques

– ton corps, cheval crevé
offert dans les fourrés –
les valses de nos rêves,
tes trips –
	           à quatre pat-
tes sur le sol de la patrie –

		 GERBER

bergère
		          aux anges
	   de notre hymen
prémédité

      DEGOBILLER

           les corps étran-
ges de nos deux
	      nations alliées

VOMIR encore,       aigris
nos corps
	nos vies grisées
et notre a-	  
liénation

	       	     et nous    
   quitter
le cœur 	
		   noué

(je sais même pas t'es qui) 
.
.
.

Supplique céleste du mollusque

aléas du ressac menu plancton glané avant que je ne re- produise moule flasque et stoïque scotchée au roc des destinées quelque perle de nacre dans la chanson d’un coquillage puisse la tong du baigneur m’épargner et ne pas me splatcher dans mes pro- pres morceaux de coquille et de chair en bouillie   . . .

Soirée Halloween

les charmes des sorcières sous leurs mas- ques d'argile du dimanche – ha ha. – immortelles lignées de grands seigneurs vampires pour qui passer les jours comme un zombie décharné par les coups de fusil à pompe – la vie... – guibolles tordues hanches démises et leurs jolies – c'est ça, portées la vie : c'est... – c'est de gobelins s'épancher la cervelle en soirée Halloween les Mr Hyde, les loups-garous les Frankenstein coincés du cul « enfin, le sang, la chair, enfin ! » et puis tous les matins : maîtres, langés dans des boulets, momies de PQ rose bobos errant sur les trottoirs – la vie est vraiment drôle.   . . .

Pluie acide

des morts-vivants sortent de l'eau sortent du sol comme des zombies errant sans but sur la planète retournent y macérer à grands coups de fusil à pompe remontent encore dégoulinants abreuver des vampires urbains de leur sang putréfié et se volatilisent au-dessus de cités infernales où leurs spectres grisâ- tres geignent des aver- ses de cadavres qui vous rongent la citrouille dissolvent vos cervelles et vous métamorphosent en véritables revenants . . .

Titanic personnel

Sous l'eau, il y a La table d'une cuisine (sans chaises) qui flotte sans un son, lentement Au-dessous d'une longue pendule (sans tic-tac) et d'un four micro-ondes de vieux jouets d'enfants legos – ou playmobils – désassemblés Ainsi qu'un très ancien escalier en colimaçon (il tourne sur lui-même) avec des photos de jeunes femmes aimées de vieux amis perdus à jamais et des posters de stars du rock On imagine que – la valse entraînante d'un phonogramme désuet (Lequel jouait, jadis de vieux airs de Thom Yorke) Fait danser sans un bruit des éclats de miroirs des bouts de vitres brisées déchirant les cadavres bleuis de passants oubliés /// Et il faut s'attarder sur celui de l'acteur principal – Qui comme moi avait encore sa belle gueule d'adolescent maigrichon et le sourire glacé de la scène finale Quand tout au fond de l'océan (dans un silence monumental – S'EST SCRATCHE L'ENORME PAQUEBOT de mon passé) Voilà ce qu'il y a, tous les matins, sous l'eau de mon lavabo. . . .  

Strip-tease intégral

enlever un à un les vêtements de nos âmes manteaux de pierre bulldozers de coton frusques des tapisseries pansées de pantalons maillots de cœur chaussettes de soi culottes en oit' dentelles d'ozone les tissus de nos chairs dissolues dans les cieux et l'envers du dé-corps nu comme un univers dans un nouvel endroit des larmes de reptiles et nos cœurs d'artichauts .  . .

Eloge funèbre d'un grille-pain

Vanité des vanités, tout est vanité le grille-pain est mort ce matin après avoir accompli des années durant le labeur humble et pénible de griller nos tartines pour que fonde le beurre quel profit en a-t-il retiré ? voici son corps sur la table de la cuisine j'ai pu ouvrir sa coque de métal au milieu des miettes de pain et des fils électriques j'ai vu passer en vain les étincelles de la vie dans le plastique de ses veines et j'ai su remonter à la source du mal le cœur du grille-pain un électro-aimant hélas a fait son temps en ce triste matin mon amour si j'ai pu identifier la source de son mal je n'ai pas su le réparer et je n'ai rien trouvé de mieux pour en garder le souvenir que ce poème idiot Vanité des vanités, tout est vanité le grille-pain est mort ce matin il va falloir en racheter un .  . .

Alaska

fondante meringue qui crisse comme un soleil sous les chicots claquants l'Alaska baignant dans le whisky glacé des fjords s'est tracée sur le dos d'un iceberg par les pis- tes de ski verdoyantes d'une aurore boréale elle est partie comme ça : pfuit ! vers d'irréelles (z)étendues vierges expirer ses rayons surgelés dans les gran- des surfaces où c'est pour ça qu'il fait si froid d'ailleurs brrrrrrr



Bibliographie
.
Né en 1983, Perrin Langda vit aux alentours de Grenoble et a publié quelques textes dans la revue d’expression poétique « Les Tas de mots » ainsi que dans les revues littéraires en ligne « Cohues », « Le Capital des mots » et « Le Livre à disparaître » (publication à venir).

Langda

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