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Recueil des poèmes de Mohand Saïd Amlikeche

janvier 18, 2013

Source : depechedekabylie 17/01/2013



Le livre Mohand Saïd Amlikeche (1812 – 1877), poète et résistant, vient de paraître aux éditions TIRA de Béjaïa. C’est un essai sur ce poète du 19ème siècle, contemporain et ami de Si Mohand Ou Mhand et Cheikh Mohand Ou El Hocine qui a vécu à Iaggachen chez les Mlikech (Tazmalt) et qui a laissé un grand nombre de poèmes que les deux auteurs, Bellil Yahia et Djamel Arezki ont eu l’idée de recueillir. Le poète appartient à une famille maraboutique, relativement lettrée en arabe, qui serait originaire du Sud Marocain, (Rio Do Oro), d’autres sources disent du Nord. Elle s’est installée d’abord à Boudjellil (Béjaïa) puis Iaggachen, dans la tribu des Ath-Mlikeche, vers la fin du 17ème début du 18ème siècles. Leur ancêtre Abdellah avait trois enfants, Mohand Ou Abdellah, Ali Ou Abdellah et Smail Ou Abdellah. Ce dernier était retourné à Boudjellil, il n’avait pas laissé de descendance. Mohand Ou Abdellah est le grand père du poète Mohand Saïd. Il avait laissé Mohand Saïd, Mahfoud et Messaoud. Ce dernier est le père du poète. Il avait épousé sa cousine Adada Ou Abdellah, fille de Sidi Ali. Mohand Saïd avait un frère, Hanafi Ou Abdellah. Ils formaient la branche des Aït Cheikh, connue sous le nom de Hanafi, après l’institution de l’état civil à la fin du 19ème siècle. Les deux autres sont Aït Lxewwas (Khouas) et Aït Abdelli (Abdelli). C’est la configuration actuelle de la famille du poète (P32). Sa maîtrise du verbe a fait de lui, en son temps, c’est-à-dire au milieu du 19ème siècle tourmenté, notamment à cause de la colonisation française, le prince des poètes : « Pour être reconnu poète, il lui fallait composer un poème de cent distiques qu’il jugeait avant de lui donner une investiture symbolique mais appréciée». La mémoire collective restitue ainsi ce que le poète lui-même disait en Kabyle : « Messus lemdeḥ n win ur as-yennin akken s-yeqqar Muḥend Saεid. » (P35). Notons que Bellil Yahia, est titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation de l’université Paris 8, il exerce la fonction d’inspecteur de Tamazight dans la wilaya de Béjaïa. Il est né à Taghalat Aït Mellikech. Arezki Djamel, est également titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation à l’université Paris 8. Il est inspecteur de langue Française à Bouira. Il a déjà publié un recueil de nouvelles intitulé Akal d wawal, aux éditions Tira (Béjaïa) en 2009, et Contes et Légendes de Kabylie, aux éditions Flies France, à Paris en 2010.

3 commentaires leave one →
  1. ARRIGHI Paul permalink
    février 4, 2013 1:09

    Ulysse, la Méditerranée et les Femmes.

    Parti à contre cœur, ayant même contrefait le fou, pour se soustraire à la guerre et élever ton fils Télémaque, tu dus partir à Troie, et sus t’y montrer brave mais surtout fin stratège. La guerre fut bien longue, pas du tout comme celle que chantaient les Aèdes. L’ennemi ressemblait tant à nos guerriers Achéens, courageux et aussi sûrs de leur droit que nous l’étions du notre. Que de sang, que de peine ! Tu vis périr Patrocle, ne pus sauver Achille ; et les morts aux corps déchiquetés par les épées se substituèrent aux coupes de ce vin si enivrant qu’est la rhétorique guerrière et à la funeste illusion d’une victoire facile. Ulysse tu eus l’idée de bâtir ce grand vaisseau dont la proue figurait une tête de cheval. Ainsi les Achéens purent entrer dans le port forteresse si bien gardé. Mais quand la nuit noire et le vin mêlés ôtèrent aux courageux Troyens leur vigilance et leur garde, vous sortirent alors des flancs du bateau et vous précipitèrent pour ouvrir grands les portes aux guerriers Achéens. La suite fut un grand carnage de guerriers Troyens mais aussi de non combattants et même de femmes. Et Troie, la fière, la courageuse ne fut plus ville libre et les survivants de son Peuple connurent l’esclavage. Aussi quand Troie fut conquise et que ses rue coulèrent rouges du sang vermeil de ses défenseur, mais aussi de nombreux civils, tu songeas à retourner chez toi, car tu étais roi, et ton fils Télémaque aurait besoin de toi et Pénélope t’aimait. Les souvenirs d’émois et de tendres caresses faisaient encore frissonner la harpe de ton corps de souvenirs très doux. C’est alors que tu dus affronter la Déesse Athéna et ton double, tous deux vigilants, à tester ta sincérité et ta constance. Oh, toi Homme volage et point encore rassasié de voyages et de conquêtes. L’étendue de la mer te fut donnée comme le théâtre même de ta vérité profonde. Après bien des voyages et avoir perdu nombre de tes compagnons, tu fus poussé dans l’île de la nymphe Calypso. Cette immortelle à la chevelure, si joliment bouclée se trouvait dans son île d’arbustes odoriférants. Aussi fit-elle tout pour te garder. Toi-même, tu lui trouvas de l’ardeur et des charmes même si durant le jour tu te laissais aller à la nostalgie d’Ithaque. La belle immortelle te proposas, pour te garder, de te donner cet attribut si recherché qui empêche à jamais de sombrer dans le sommeil perpétuel. Mais toi, Ulysse, tu préféras garder ton destin d’homme mortel et ton inguérissable blessure pour Ithaque. Après sept années d’une prison si douce, l’intervention d’Athéna te rendit aux aventures de la Mer. Tu accostas, avec tes compagnons sur la côte d’une île malfaisante. C’était la demeure des Cyclopes. Parmi ce Peuple de géants, le cyclope Polyphème habitait une grotte profonde d’où il faisait rentrer chaque soir son troupeau. Ulysse quelle folie traversa ton esprit et celui de tes compagnons que de vouloir pénétrer dans cette antre maudite, mû à la fois par la curiosité et la volonté de faire quelques larcins de chèvres ? Vous payèrent bien cher cette offense par la cruelle dévoration que fit l’infâme Polyphème de plusieurs de tes compagnons dont vous entendîtes craquer les os sous la mâchoire du sauvage. Aussi votre courage fut renforcé par votre haine lorsque vous lui plantèrent l’épieu dans son œil unique alors que sa vigilance venait d’être endormie par le vin. Les barques ayant mouillés dans l’île d’Aiaé, tes compagnons imprudents furent transformés en pourceaux par la belle et cruelle Magicienne Circée. Doté d’un contre poison à ses filtres, tu ne restas cependant pas insensible aux charmes de la belle Magicienne mais tu lui fis prononcer le grand serment avant de répondre à tes avances. Elle accepta pour faire de toi son amant de redonner leur forme humaine à tes compagnons, Et vos nuits furent tendres, sensuelles et magiques car la Magicienne excellait dans les arts de l’amour et il en naquit un fils. Toi le rusé et courageux Ulysse, tu espérais enfin voguer avec délice sur une mer d’huile parcourue par les reflets d’argent des poissons volants et te réjouir des facéties des dauphins, Mais c’était oublier et compter pour peu la rancune de Poséidon, le maître des eaux, rendu furieux par le traitement subi par son fils Polyphème. C’est pour cela qu’une masse d’eau compacte, haute comme une haute tour avançant au grand galop ébranla et engloutit ton solide radeau. Seul ton réflexe prompt de t’accrocher au plus grand des troncs te permis de plonger longuement au fonds des eaux en retenant longtemps ton souffle avant d’émerger à nouveaux. La troisième des belles que ton voyage tumultueux te fit rencontrer fut la jeune Nausicaa, fille du roi des Phéaciens, Alcinoos. Celle-ci, dans la floraison de sa jeunesse, ardente et vive, ne cédait en rien à l’éclat des plus belles et subtiles fleurs. Guidée par la déesse Athéna, elle vint auprès du fleuve ou tu dormais laver les habits royaux avec ses suivantes. Les voix des jeunes filles t’éveillèrent. Dans ta détresse et ta nudité, tu jetas l’effroi parmi les jeunes filles. Seule Nausicaa eut le courage de ne pas fuir et d’écouter ta demande d’aide. Elle rappela ses suivantes et te fit vêtir après que ton corps ait été lavé par l’eau du fleuve et enduit d’huile fine. Tu retrouvas ta force et ta beauté. Aussi Nausicaa vit en toi l’époux qu’elle désirait. Mais, ta nostalgie d’Ithaque fut encore plus forte. Alors Nausicaa te pria seulement, en ravalant ses larmes, de ne point oublier qu’elle t’avait sauvé des flots. Amené tout ensommeillé dans le vaisseau mené par les rameurs Phéaciens si bien aguerris à leur tâche, tu étais comme bercé par le bruit régulier des rames et le mouvement profond d’une mer douce mais étincelante. C’était comme dans ces rêves très rares qui vous mènent sur l’Olympe. Jamais tu ne te sentis si bien avec ce goût d’embrun salé sur tes lèvres et ce bruit régulier et sec du claquement des rames sur les flots. Tu éprouvas la sensation de voguer vers un nouveau Monde. Ce fut, Ulysse, l’un des rares moments de félicité absolue dans une vie de combats, de feu et du malheur d’avoir vu périr tous tes valeureux compagnons. Ulysse revenu dans ton palais, déguisé en mendiants pour châtier les prétendants, tu triomphas au tir à l’arc. Mais l’heure de la vindicte avait sonné. La première de tes flèches perça la gorge d’Antinoos, buvant sa coupe. Nul ne put te fléchir Ulysse, pas même, l’éloquent Eurymaque qui t’offrait de t’apporter réparations pour tes provisions goulument mangés et tes biens dilapidés. Le pardon s’effaça en toi car l’offense faite à ta femme et à ton fils et à ton honneur était trop forte. Aussi tu n’eus pas la magnanimité de choisir la clémence et le sang coula dans ton palais comme le vin des outres. Pas un des prétendants ne fut épargné à l’exception du chanteur de Lyre, Phénios et du héraut Médon qui avait protégé Télémaque. Mais Ulysse, tu ne fus pas grand en laissant condamner à la pendaison hideuse, douze servantes qui avaient outragé Pénélope et partagé leur couche avec les prétendants. Ulysse tu fus tant aimé des déesses, des nymphes et des femmes et souvent sauvé du pire par celles qui te donnèrent plaisir et descendance. Mais obsédé par tes roches d’Ithaque ne sus pas leur rendre l’amour qu’elles te portèrent. Tu ne fus pas non plus à la hauteur de la constance et de la fidélité de Pénélope. Mais Ulysse poursuivi par la fatalité de l’exil et de l’errance et la rancune de Poséidon, tu fus aussi le préféré de la déesse Athéna qui fit tant et plus pour te sauver maintes fois de ta perte. Cette déesse fut la vraie sauvegarde de ta vie aventureuse et les femmes qui te chérirent t’apportèrent maintes douceurs et consolations dans ta vie tumultueuse.
    Paul Arrighi, Toulouse, 2013.

  2. ARRIGHI Paul permalink
    février 4, 2013 1:13

    Fragments du CV de Paul Arrighi, Historien-écrivain et poète.

    Un CV est toujours partiel voire partial, aussi ne dirais-je que l’essentiel, qui est en rapport à la poésie :

    Mon enfance déchirée

    Je suis né à Bougie, renommé Bejaia, en Kabylie, d’un père Corse, professeur d’anglais et d’une mère Pyrénéenne institutrice. Aussi mes premières années se sont passées sous l’état de guerre.
    Je n’en percevais que des bribes dans les conversations, l’écoute des transistors et les jeux de l’enfance marqués par une certaine violence qui était un écho de la vraie violence des adultes.
    De cette enfance en Kabylie reste profondément enfouie les senteurs d’olives de l’épicier mzabite, les senteurs de viande d’agneau sur l’étal du marché et ce goût à la fois acide et sucré des nèfles.

    «Rapatrié» en 1962 dans les Pyrénées, j’ai toujours gardé une nostalgie inguérissable pour les paysages Méditerranéens et vécu durement ce nouvel univers froid ou je connus la neige. J’eus la sensation d’avoir quitté une terre ocre de soleil pour un nouvel univers de froidure ou le flamboiement des sens était moindre.

    Une jeunesse Toulousaine

    J’ai vécu ma jeunesse à Toulouse dans le creuset des écoles et du lycée mêlant les «pieds noirs », les fils de réfugiés espagnols et les jeunes des faubourgs toulousains.
    Mai 1968 a éclaté alors que j’avais 14 ans mais cette secousse sociale et culturelle m’a éveillé bien plus tôt à la vie de la cité et a aiguisé mon esprit critique, sans doute trop pour plaire à ceux qui ont l’âme de chefs.
    Sans faire partie directement de la génération « soixante-huitarde », je m’efforçais contre l’histoire qui nous tournait déjà le dos, d’égaler et de renouveler les exploits de nos jeunes aînés de dix ans de plus.
    C’était un « temps déraisonnable» mais si créatif ou la jeunesse se faisait une place dans une société engoncée en poussant les pesanteurs du « vieux monde ».
    Mais la crise débuta en 1974 et cette marâtre n’allait plus nous lâcher transformant nos espoirs d’un monde meilleur en luttes pour éviter les régressions.

    Ma formation intellectuelle

    Elève parfois brillant en lettres et nul en mathématiques, souvent indiscipliné, j’ai très tôt été fasciné par l’histoire qui avait frappé très tôt à la porte de ma vie.
    J’ai aimé l’étude et nombre de mes professeurs pour leur dimension de compréhension du monde et les virtualités d’émancipation du savoir.
    « Les mots » de Sartre et « L’espoir » de Malraux ont été les viatiques de ma vie spirituelle avec la lecture de nombreux livres sur la guerre d’Espagne dont je rêvais d’inverser le cours tant l’injustice et l’esprit de réaction me faisaient mal au cœur.
    Je fis des études d’histoire terminées par une maîtrise d’histoire contemporaine et bien plus tard une thèse de doctorat sur le héros, Italien et Européen, Silvio Trentin, figure de l’antifascisme et de la Résistance.

    Mon goût pour l’écriture

    Très tôt j’ai aimé les îles et ce sentiment étrange qui vint à Robinson de devoir compter sur ses « propres forces » tout en étant relié par ces courants d’échange qui ont toujours parcouru la Mer Méditerranée, déchirée par tant de conflits, mais si riche d’une civilisation qui a créé la philosophie et ou sont nées tant de religions .
    J’aime beaucoup la Corse ou j’ai séjourné tant de fois depuis mon enfance. Mes goûts et les valeurs essentielles auxquelles je me suis voué sont la liberté, que nombre de Corses ont nommé : « La santa liberta », la curiosité d’esprit, l’ouverture aux autres et un vif appétit pour le goût de la lecture et des livres.
    La lecture et l’écriture de la poésie sont devenues pour moi une sauvegarde et un talisman pour les êtres sensibles en quête d’un monde moins dur et plus tolérant ainsi qu’un nouveau rapport avec la nature et ce vaste cosmos dans lequel parfois nous nous sentons bien seuls.

    Paul Arrighi ( né à Bougie/Bejaia) , Toulouse, 2013.

  3. Arrighi Paul permalink
    octobre 6, 2013 9:52

    La Llorona

    Sur les remparts de Tenochtitlan
    tu ne sors qu’à la nuit couchante
    les nuits ou la lune est orange tourne
    rouge de sang et d’amertume.
    Tu fais briller ta chevelure
    de geai, tel un diamant noir,
    ton nom est « Llorona la belle »
    qui nous appelle de ses pleurs.
    Et tente de nous attirer
    Avec sa voix rauque et ses pleurs.

    Tu annonces la venue de ceux
    par qui la mort doit advenir.
    Car telle est ta prophétie
    magicienne, du Monde Indien.
    Surtout passant, ferme les yeux
    et retiens ton amour naissant
    car la Llorana ne vient pas
    pour te serrer dans ses bras
    et te donner sa douce peau,
    Ni te couvrir de baisers.

    Elle se fait messagère de malheur.
    Et annonce les temps nouveaux
    D’où surgiront les hommes barbus, bardés de fer
    avec ces animaux fabuleux
    Et leur bâton de foudre et de tonnerre
    qui tuent mieux que la guerre fleurie.
    Son chant est hymne funèbre
    ou la prophétie s’accomplit
    dans les cliquetis d’acier,
    la maudite soif de l’or
    et le feu des bûchers.

    Garde toi de suivre « la pleureuse »
    qui t’annonce les jours maudits,
    ou le sang indien va couler
    et le Peuple être mis en servage.
    Loran ta beauté est venin
    cartes présages sont les flèches
    que nous lancent les « temps nouveaux ».
    Pleurons, tous, notre liberté
    et les jours de cendre venus,
    et la chute des Dieux serpents.

    Paul d’Aubin (Paul Arrighi)

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