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Bob Kaufman, poèmes

mai 19, 2012


A REBOURS

Avide de plaire nous avons appris à pleurer ;
Affamés par la vie nous avons appris à mourir.
Le cœur est un musicien triste.
Il chante le blues éternellement.

Le blues souffle la vie comme la vie souffle l’effroi ;
La mort est là, le jazz souffle doucement dans la nuit,
Trop délicat pour les oreilles aux écoutes de la mort de la guerre,
Et des crémations enveloppées dans les drapeaux sur des terres amères.
(Solitudes, Christian Bourgois)

Quel sauvage à cent pour cent
Gaspille un temps précieux à écouter du jazz
Quand il y a tant de tueries à entreprendre ?
Silence les tam-tams !
Nous voulons entendre grésiller les Japonais
Dans le cinémascope technicolor atomique,
Et
Rappelez-vous des cris stéréophoniques.
(Solitudes, Christian Bourgois)

.
.

Voyageur, vagabond du coeur,
En route pour un million de minuits, noirs, noirs
Voyageur, vagabond des mondes d’étoiles,
En route pour un millions de demains noirs, noirs,
Cherchez et trouvez les enfants d’Hiroshima
Ramenez-les, ramenez-les.

.
.

Pour Eileen

Dors, petite une, dors pour moi
Dors, petite une, dors pour moi
Dors du profond sommeil de l’amour
Tu es aimée, éveillée ou rêvant
Tu es aimée.

Les vents dansants chanteront pour toi
Les anciens dieux prieront pour toi
Un pauvre poète perdu t’aimera
Comme les étoiles apparaîtront
Dans les cieux
Sombres.


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