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Brigitte DUMAS, choix de textes

avril 30, 2018

(Elle)

Doigt heurte la noire
Sonne une voyelle
Emise en variance
Luette dressée
En position instable
Idée sous le souffle
Essentiellement vibrante
Rythme alternatif rapide
Définit l’être majeur
Puis
La création fluctue
Mouvance hors terre
Née jaillie exorbitée
En signal électrique
Perception retenue
Elle
Puis l’écho d’elle

.

(Il était temps )

Comme il était temps
Les émotions graciles font des bruits de fers
Les chaînes pourtant détachées grincent
Ce ne sont pas mensonges mais omissions,
Silences qui se refusent
Esquives hostiles
Reste une tendresse
Sans objectif
Sans reflet dans le miroir
Un lien
Vaguement décalé
Un noeud dans la gorge
Irréductible.

.

(Demain)

Fixe la ligne d’horizon qui se distingue encore
Martel en tête
Où sont les limites?
Insigne ligne que la nuit dessine à rebours
Le soir se résigne
La rue se balade sur les trottoirs
Côté cour
Un jardin de fleurs a ouvert
Ses cuisses d’abondance
Source grondante
L’aube puisera peut-être ici sa force
Face à elle se tient ce qui vient
La ville a clos ses portes
Ne lâche pas DEMAIN
Au petit matin

.

(Coloratur)

Tu ne laisses pas parler ta muse,
C’est une chose incroyable
Ton oreille occupée n’entends pas le petit canto allegre qui vocalise en sourdine
Les mots ont ronronné en mode vibrato léger quand tu es monté dans le bus
On aurait dit une corne de brume quand tu as vu le train s’emplir d’une foule humaine
Et que tu as cru voir un instant une camarde se nourrir de cet afflux vivant
La voix multiple des pompes cadencées propulsant la vie dans les chairs
En battements divers se mêlait dans un brouhaha assourdissant de cors militaires
Comment peut-on être sourd à ce point
Ce n’est qu’une petite musiquette
Trois notes acerbes terminées par un bel aigü qui dure dure dure
Les notes s’effarent et puis s’égarent et te la jouent stabat mater
Comment peux tu ne pas te laisser séduire
A peine crois tu entendre un crissement métal contre métal,
un bruit de mécaniques dans la ville de frottement de pneus contre le bitume,
tu prends les cors pour des klaxons
tu n’as dans les oreilles que le marteau de la mémoire
qui bat le gong de ton devoir
et quand tu glisses la clé dans la serrure
le contre-fa strident en déchirure
coloratur
te semble simple comme bonjour

.

(Je ne peux rien écrire)

Je ne peux rien écrire mon stylo griffe la feuille
Encre sèche et bille bloquée ne roulent plus
Et puis les doigts qui serrent trop fort se crispent
Font du tracé une série de droites coupantes
Et le poignet n’est plus mobile à la base de la main
Une douleur d’entorse ne me permet plus rien
L’avant bras brûle comme si je l’avais trop utilisé
Le muscle qui est là n’existait pas avant ce soir
Et puis mon épaule semble s’être acharnée
Le mal strident remonte le long de mon cou
Mais le pire c’est ma tête qui n’a plus rien en tête
Un vide de plein été quand le vent a soufflé,
Que le ciel est bleu comme la mer et tes yeux
Et que plus rien ne marche que la feuille se déchire
Il faut bien l’admettre il n’y a plus rien à dire.

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