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Patricia Laranco, poésie, extraits

août 1, 2015


Au fond de la campagne.


Au fond de la campagne

il y a les fougères

les monts ensauvagés

où s’arrête l’espace.

Au fond de la campagne

il y a le remuement

rouillé, sombre et furieux

d’un univers qui veut

conserver son lointain.

Au fond de la campagne

il y a l’acharnement

borné des culs-de-sac

escarpés et jaunis.

Mais j’en reviens toujours

pantelante d’émoi

yeux chavirés, hantés

d’apothéose ultime

désaxée par le vent.

.

Page 34, in « Circonvolutions », 2002.

.


Brest, le 21/07/1996.

Champs brûlés par le soir

éclair noir

sur ma peau,

sous mes pores bleuis

râles d’excavation.

La faucille du vent

fauche les parfums clairs,

ranime les couloirs

ensorcelés de mâts

sombres, les arbres-nids

replient leurs ailes-voiles

arquées sur l’horizon

mes veines obscures vont

chenaux d’algues vaseux

aux courants indécis

aux tressauts

reptiliens

écrasés sous le blanc

crépitant de l’envol.

.

Page 33, in « Circonvolutions »,2002.


Faim.

Estomac affamé

creusement de la faim :

tanière de gel

illuminée de givre,

puits fade et lumineux

que je sens

m’éthérer

me livrer à une

sensation mordante.

.

La faim plante ses crocs

ces éclaireurs du vent

et du froid rayonnant

qui fuit la pesanteur.

.

Page 30, in « Circonvolutions », 2002.

.
.


Les ombres de Geronimo.

Au-dessus du désert brutal

qui plonge dans l’obscurité

les nues s’enflamment, et,

rouge-sang

deviennent

macules de boue ;

que cherchent-elles à évoquer

par de tels flamboiements hagards :

les fantômes inassouvis,

les ombres de

Géronimo ?…

.

Page 93, in « Inédits ».

.
.


Paysage de lune et d’eau…

« Jointure », N° 94, 2012.

qui abolit terre et ciel,

qui charrie arbres et têtards

aux joues gonflées – bouches goulues –

.

dans le phosphore de la nuit

– est-elle faite d’onde ou d’air ? –

rôdent l’appel des vibrions

et la traînée des roues de feu.

Des éphélides de plancton

ponctuent le bleu des nénuphars

ces socles du monde nouveau

qu’ils nappent d’extase embrumée…

.

Page 84, in « Présence en revues ».

.
.


Commencements…

« Diérèse », N° 34, 2006.

La mer est sainte

et tout est nu

la plage étale son lait bleu

.

C’est là que commence

le temps

c’est là qu’il n’a

pas démarré

.

C’est là que le silence

afflue

dans les veines

du firmament

C’est là que tonne

le présent,

.
le présent sidérant

d’un corps.

.

Un corps. Etiré par le vent

traversé net par l’étendue

Un corps. Pris en flagrant-délit

d’équidistance exacerbée

.
la mer est sainte

et tout est dit

C’est l’heure

du premier instant

du premier silence expulsé

poussé

hors des poumons du monde.

.
.

Page 73, in « Présence en revues ».

.

Disponible au Nouvel ATHANOR
.
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.
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.


Le blog de Patricia LARANCO
ICI
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