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La poésie ne peut pas vivre sans les médias

mai 14, 2013

Source : Mediapart 09/05/2013



Au milieu des questions que chacun se pose sur cette société en cours, voici la mienne. Comment se fait-il qu’en l’époque la plus libre de tous les temps la poésie, en supposant que sa mort est un mythe (sinon qui suis-je?), n’a plus aucune place dans la vie publique ? Il n’y a que trois réponses possibles. Soit c’est un choix, comme le veut la logique exprimée dans la question ci-dessus, soit c’est une obligation, soit c’est un oubli, un manquement conscient mais négligé. Pencher pour l’obligation relève de la pensée conspirationniste, pas toujours si fantaisiste, mais toujours en manque de preuve pour répondre à la question indispensable : qui ? Sans ce savoir, la moindre action est impossible. (Il m’est impossible de ne pas penser à Guéant, à ce qu’on soupçonne tous sans vraiment le formuler à propos de Sarkozy et de tout son système. Je reprends le mot système consciemment, justement pour formuler.)

 

Alors l’oubli ? La négligence ? Il semble bien, oui. Il suffit de constater que parmi les quelques intellectuels de renoms, dont le premier privilège est de pouvoir tenter d’influencer l’opinion via l’accès aux médias, la plupart ont du se faire la remarque de l’absence du poète depuis que le néolibéralisme, l’ultra, est bien en place. Et pourtant lorsqu’ils jouissent de leur privilège, ce n’est jamais pour relever cette faute, pour y faire penser, déjà. Une idée, ça germe. Même une oubliée.

 

Il y a d’autres problèmes, plus importants, c’est leur réponse. Je me sens l’oublié d’un système littéraire happé par la logique libérale. Il y a plus important qu’agir avec égalité, il faut sauver le monde, dit-on là-bas. Il y a plus important que la poésie, me dit-on de mon côté, il faut sauver la pensée.

 

Mais que dis-je donc d’autre ? Si ce n’est que mon travail à moi est de polir la graine de la pensée. De nourrir la part la plus profondément humaine du citoyen, quotidiennement puisque la presse ( le peuple) oublie vite. Je dis comme on dit aux gouvernants : l’humanité humaine ne se sauve que par l’égalité et la liberté.

 

Des phrases sur le sujet j’en ai écrites, à moi-même, en poèmes, à de grands journaux sans jamais une réponse, et maintenant ici. Mediapart n’est pourtant pas un journal culturel, il est un journal d’actualité, au sens le plus propre qu’on puisse trouver sur nos terres, c’est-à-dire qu’il ne s’intéresse toujours qu’à ce qui est (vraiment) en train d’être. La poésie aussi doit être actuelle, et doit toujours l’être.

 

La poésie ne peut pas vivre sans les médias. Sans qu’ils lui consacrent une place au milieu de cet amas d’informations. Et je finirai en rappelant que c’est l’offre qui fait la demande, du moins dans le système actuel. Après l’oubli vient le choix.


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