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Patricia Giorgi, poèmes

avril 3, 2013

COMME UNE FEMME AFRICAINE

Ca fait longtemps déjà
Ca me parait si loin
Des kilomètres par centaines
Qui me séparent de toi.

J’ai grandi dans tes bras
Et dans ton étouffante chaleur
Et j’ai du mal à contenir ma peine
Quand je pense à là-bas
Là-bas tout est si différent
Je reviendrai à toi.

Comme une femme africaine
Des mondes de joie
Comme une femme africaine
Tout prés de toi.

Amoureuse
De tes sols poussiéreux
De tes trottoirs sinueux
Tes vapeurs de sorcière
Tes rayons venus des ères
A jamais sur ma peau se collèrent.

C’est un blues qui bout en moi
Au rythme de tes fleuves
Le rythme de ton sang
Dans mes veines
Je suis comme une femme africaine.

Comme une femme africaine
Des mondes de joie
Un tam-tam aigre-doux
Mon cœur fait tam-tam for you

Tendre passionnée
Tu m’attires de ta beauté
Tes nuits chaudes sans été
La volupté de tes noirs émaillés
Mes doigts pianotent
Sur ton dos cambré.
La musique te chante
Et le vent te flatte.

Poète née dans ton sang
Qui s’élance sous chaque arbre
Comme la flèche du guerrier.
Au creux de ton âme, à jamais liée
Le rythme de ton sang dans mes veines
Je suis comme une femme africaine.

Comme une femme africaine,
Des Mondes de joie
Libre à toi Afrique, libre à moi
Afrique libre à toi !

.
.
.

MARIONS LE BLE ET LE MIL

Partageons le blé et le mil
Même farine qui nous nourrit
Partageons le pain
Marions nos couleurs
Libérons-nous de nos chaînes.

Unis dans les moissons
Que se déchainent nos cœurs
Sous le soleil d’un même dieu
Marions nos beaux boubous bleus
Aux longues jupes noires et poussiéreuses
Aux chemisiers et goulines blanc nuages
Aux regards durs et aux cœurs tendres des paysans.
Les roues du temps remontent à l’envers :
Les mamies, les papis, les cloches,
Les bonnets, les bérets,
Les charrues, les charrettes,
Les r roulés, les blés tressés,
Les tracteurs, les chevaux de traits,
Le travail de la terre,
les troupeaux et le chien du berger,
les chants de bruits et les bruits des champs
A l’ombre d’un chêne.

Partageons le blé et le mil
Même farine qui nous nourrit
Partageons le pain
Marions nos couleurs
Libérons-nous de nos chaînes
A l’ombre d’un chêne.
.
.
.

LE COQUELICOT NOIR

Il pleut tout bas quand il pleut sur la terre
Il pleut tout bas j’en ai le mal de mer
Il pleut tout bas jusqu’au bout de l’enfer
Il pleut tout bas Dieu a tout à refaire

Et d’un grand coup de pinceau
Redonner la lumière
A ce vieux coquelicot
Qui a perdu sa couleur !
Au plus loin dans sa mémoire
Au-delà des Frontières
Redonner de l’espoir
A ce beau coquelicot noir

Il pleut tout bas quand il pleut dans nos cœurs
Il pleut tout bas on n’a plus qu’à ce taire
Il pleut tout bas
Il pleut tout bas

Et d’un grand coup de pinceau
Effacer les rancœurs
De ce beau coquelicot
Qui a perdu son honneur
Au plus loin dans sa mémoire
Au-delà des barrières
Redonner de l’espoir
A ce beau coquelicot noir

Et d’un grand coup de pinceau
Redessiner la hauteur
De ce beau saule-pleureur

.
.
.

OHE MATELOT (LETTRE AU MARIN)

Du bout de votre port
Laissez seaux et cordages
Et respirons ensemble
La fraîcheur de ces temps.

Je vous avais écrit
Tant d’histoires et de lettres
Mais elles sont toutes tombées à l’eau.
De rage, de remords
Noyées de cris peut-être
Alors je m’en vais
Vous en charpenter une à nouveau.
Mon temps chagrin
N’émeut-il point votre beau fixe ?
A ce propos, qu’elle temps fait-il
Dans votre port, sur votre mer?
Houleuse
Au point qu’il vous soit impossible
De me recapter au lendemain
De notre dernier abordage?
Comment dites-vous?
Sabotage!

Votre radio n’émettait-elle plus?
Trop émue, peut être!
Va donc cruel je ne te hais point
C’est le nœud du marin.
Je garderai en souvenir
Le doux roulis de nos esprits.

Mais que vois-je à l’horizon
Un sourire qui se dessine
Sur le bord de votre chaloupe
Et tu ruisselles de charme!
Te serais tu réveillé
D’un si profond sommeil
Y as tu retrouvé ton soleil ?

Moi ? J’ai largué les amarres
Et prié Dieu de me rendre mon âme
Petit Charlot sans canne.
Et de lames en larmes
De roulis en bigoudis
De maldonne en Madone
Ainsi vogua mon navire
Avec ma gueule de prix unique.
Mais repos dans le port
A cargo, cargo et demi
Le lucide devient fou
C’est une partie de golf qui se joue
Un génois sans écoute.

Eh, te souviens-tu du Tréport ?
Quand le vent
Faisait crier tes vagues
Et qu’elles en bavaient
D’écume pour moi ?
Le feu mêle des âmes bien faites!
Et j’écris, tu crus, il crée.
Créole langue du vent.
Matelot, beau marin
Un jour un pêcheur passera devant toi
Et te tiendra à peu près ce langage :

Eh, bonjour matelot
Que vous me semblez vif
Que vous me semblez beau !
Sans mentir si votre tribord
Pouvait se rapporter à mon bâbord
Nous pourrions fendre la mer ensemble!
Et à ces mots beau matelot
Heureux comme un poisson dans l’eau
Vous coulerez…
D’un camembert !

Oh je devrais me taire
Me taire et vous distraire
Alors montre-toi mon phare
Que je te montre ma terre !

Je parle, je parle
Paroles et par Eole
Juste ciel, Dieu du vent,
Voilà que l’eau remonte
Ses heures et son mercure
Et que la saison change
En quittant sa nature.

Je dois vous quitter
Mais non sans vous avoir donné l’air
Qu’un vieux marin à l’air de rien
Un jour m’avait fredonné :

Une fleur au chapeau
A la bouche une chanson
Un cœur joyeux et sincère
Et c’est tout ce qu’il faut
A nous autres bons garçons
Pour aller au bout de la Terre.
.
.
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HELOÏM

Dans ce monde
Je voudrais pouvoir comprendre
Tous ces rêves qui nous guident
D’un grand paradis à l’envers
Et je cris dans l’univers :
HELOÏM ! HELOÏM !

Dans ces rêves
Il y a tant de choses à entendre
Des signes et des légendes
De sagesse et de connaissances
Et j’invite la Providence.
HELOÏM, dans l’écho des cimes
Un sentier se dessine
Une fleur s’illumine
HELOÏM, dans mon jardin intime.

Dans mon cœur
J’aimerai pouvoir défendre
Ce royaume qui est ma vie
D’une folie toute en couleur
De raisons et de magie.
HELOÏM, dans l’écho des cimes
A chacun sa rime, chacun ses racines
HELOÏM, que de synonymes
Dans la voix divine
HELOÏM, d’une même origine.

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Pour en savoir plus sur Patricia GiorgiSon blog
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