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Qu’est ce que la poésie ? par Jacques Gourvennec

mars 28, 2013

Qu’est ce que la poésie ? Peut-on parler de tout avec la poésie ? Oui, sans aucun doute !

Chacun de nous a remarqué qu’en poésie le plus souvent, on parle de la vie. Et surtout de la vie ! La vie en générale voulais-je dire, avec tous ses couics et ses couacs, ses bonnes et ses fausses notes. On sait aussi parler des fleurs, de ce qui papillonne ou bien gazouille, tout comme il est d’usage d’aller chercher la rime pour toutes nos maladies, pour la souffrance de l’un, ou la douleur de l’autre, quelle soit physique ou bien morale. En poésie on sait tout faire, ou plutôt non, on sait tout dire… Enfin presque tout ! Trouver la rime et compter les syllabes, n’est pas si difficile. Il suffit comme on dit, d’y mettre un peu de cœur avec dans la tête un minimum de musique. D’ailleurs Léo Ferré disait « La poésie, c’est de la musique ». Et il avait raison Ferré, le grand Léo. La poésie de la musique, « Absolument ! », de la musique à rendre belle toute chose, même la mort ; une musique d’avant la mort, et puis une autre, d’après la mort. « C’est beau la poésie, n’est-ce pas ? ». Je dis « C’est beau » parce que grâce à ELLE, on peut tout dire et tout écrire. On peut, rendre joli, ce qui parfois ne semble pas joli du tout. Je sais, et nous le savons tous, tout est question d’état d’esprit ; Une question d’aimer aussi, et de vouloir. De vouloir bien faire, de vouloir mieux faire, tout est question d’envie, et de voir différemment , enfin je voulais dire de savoir décrire la vie. Mais autrement. D’y mettre des images, « d’autres images » « des » qui remplacent les images que l’on voit dans le monde réel. En fait, la poésie anamorphose par tous ses mots, ses métaphores et ses comparaisons, chaque chose qui est vraie, grâce à l’imaginaire, face au réel si présent au devant de nos yeux ou bien dans notre tête, dans nôtre vie en général.. Parfois il faut le dire, à rendre beau aux yeux des uns, ce qui avant, ne l’était pas, n’est pas toujours la tâche la plus commode à formuler. Il faut rester conscient, que ce qu’on nomme poésie n’est pas toujours aussi facile à aborder pour tout lecteur non initié ; Et pour exemple, si j’écris : « Comme un loup va bêlant moutonné d’écriture » ; et bien cette phrase, n’est pas pour tout le monde, la plus simple à comprendre.
En fait, faire de la poésie, n’est pas d’imaginer ou bien de se prétendre visionnaire, talentueux et philosophe, mais de l’écrire comme on aime, de tout décrire en respectant ce que l’on est vraiment, même ces choses qu’on déteste, et sans autre respect d’une seule morale, « la nôtre » et surtout sans cette belle morale et qui ce dit au demeurant celle des autres. Il faut écrire, « Sa Poésie » comme-ci on voulait vivre une autre vie, toutes voiles dehors, loin des pensées rangées par ordre ou sur ordre, alors que toute idée contraire est matière à détruire l’envie de se connaître soi, l’envie de « se
savoir ». Il ne faut pas jouer à s’éloigner de soi, cette réalité de nous, celle qu’on a depuis longtemps rangée au fond de nos tiroirs… La poésie ne s’écrit pas non plus pour être lue par complaisance, comme on boirait un mauvais vin, avec une belle étiquette, à tout miser sur l’esthétique, ou l’emphase ou le style. La poésie, retorse ou malhabile, doit être absente de statuts, de règles, ou de codes de loi. La poésie ; elle se distingue, loin des mots distingués, elle ne s’écrit pas dissimulée derrière la rime, avec des mots choisis, pas plus qu’avec un dictionnaire. Chez elle, il n’y a ni morale, ni laideur, ni génie. La poésie, la vraie, n’a qu’un seul parti, celui d’un écrivant, et s’en fout pas mal de se savoir faisant partie de mille autres félibres, que l’on ne lira pas.

Et puis la poésie, c’est d’abord le silence, que frôlement léger, c’est un peu comme une ombre, et qui est là, juste à coté de vous. C’est une ombre de vous, c’est une ombre qui rôde, et vous regarde et vous surveille. Une ombre qui s’en va parfois, mais qui revient toujours. Cette ombre là, elle est unique et elle est vôtre, elle n’est plus que « Vous ». Et qui que vous soyez, elle vous aime et vous écoute, elle vous touche…

En ce moment, où vous lisez, elle repose en vous. Alors que vous, vous ne le savez pas. Alors que de votre vie entière, cette ombre là, elle sait tout, elle se souvient de tout ; Elle a le geste vaporeux, de ce qui vit en vous, dans vôtre tête, et seulement dans vôtre tête. Cette ombre là, personne ne la voit, elle demeure cachée, comme dans vos mains, comme deux mains posées en devant de vos yeux, comme un regard fermé, qui cacheraient chacun de vos autres visages, tous ceux présents dans l’invisible de vous-même, tous ceux qui vivent là, dans vôtre tête, pleine de peur, pleine de rage, pleine d’amour et de regrets, tellement pleine de vos jours, tellement pleine de vos nuits… Juste de quoi vous retenir, de vous garder de cette idée d’un impossible, « Je », d’un illisible, « Rêve », d’un impensable, « Vous ! », avec les magnificences des idéogrammes…

Ecoutez-là cette ombre, elle vous parle ! Elle est pourtant bien là, juste là dans la tête, elle s’en souvient encore de tout ce dont hier elle pensait de vous, de ce quelle vous disait, alors que vous, vous ne n’entendiez pas.

Jacques Gourvennec


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