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Lorine Niedecker, poèmes

mars 28, 2013

SOURCE : POEZIBAO

Linné
en Laponie

 

Rien de remarquable
à part une Andromède
aux pousses à quatre côtés —
                      les
pieds
des habitants

 

trempés : ils doivent nager
jusqu’à l’église pendant les crues
ou payer une taxe — les fleurs
                      au
cœur
des feuilles

 

 

Linnaeus in Lapland

 

Nothing
worth noting
except an Andromeda
with quadrangular shoots —
                      the
boots
of the people

 

wet inside:
they must swim
to church thru the floods
or be taxed — the blossoms
                      from
the bosoms
of the leaves

 

 

Matin épais de brume —
je vois seulement
où je pose mes pas. Je porte
                       ma
propre
clarté

 

Fog-thick
morning —
I see only
where I now walk. I carry
                       my clarity
with me.

 

 

Van Gogh distinguait
vingt-sept types
            de
noir
            dans
le cap-
italisme.

 

 

Van Gogh
could see
twenty-seven varieties
            of
black
            in cap-
italism

 

 

Crépuscule —

 

Il harponne d’une barque —

 

Comme l’homme est fuyant
            au
printemps
                        quand
le fretin
                                   fraye

 

 

Dusk —

 

He’s
spearing from a boat —

 

How
slippery is man
            in
spring
                        when
the small fish
                                   spawn

 

 

Lorine
Niedecker, Collected Works, ed. Jenny Penberthy, University of
California Press, 2002.
Traduction Abigail Lang, avec le Master de traduction littéraire de
l’UFR Charles V, Paris-Diderot.

Le poème « Matin épais de brume » est paru dans le
numéro 13 de la revue Fusées.

 

Contribution d’Abigail Lang

 

Bio-bibliographie de Lorine Niedecker
.
.
Pour Paul 
 
Paul  
six ans déjà 
ce livre que j’aimais sur les oiseaux 
je te le donne 
J’ai pensé que Paul peut-être, 
aujourd’hui plus grand que les typhas 
autour de la Mare aux Canards 
entre la rivière et le Détroit 
garderait ce livre intact 
y reviendrait chaque été 
 
Paul peut-être 
 
 
 

 
○ 
 
Sans terre ou presque et en chemin vers l’eau 
je m’enfonce dans le marais 
Je n’ai plus de vue… j’ai vu 
(j’opère en profondeur plutôt qu’en étendue) 
l’enfant aux yeux plus grands, plus calmes que ceux du râle.  
 
Homer divague en enfer 
Et on ne peut pas se le permettre. 
Il gâche du terrain à construire des cabanes 
– bric à brac de jardin – qui bouchent la vue. 
Lui et sa femme exigent plus d’éléphants 
sur leurs étagères de verre que nous n’avons de livres. 
 
Avec l’été le silence s’en va. 
Cri du faisan d’automne : 
rafales de ferrailles en conserve, 
au-dessus les peupliers à feuilles cirées brillent et frissonnent 
comme ma mère, continuent après que l’esprit est dévasté 
 
 

 
○ 
 
Février presque mars le froid mord. 
Prends un livre, le vent s’engouffre. Gelé – 
le Jardin d’Eden – son pétrole, libéré, chaufferait 
le monde pendant 20 ans et au diable la tempête. 
 
L’hiver me poursuit – il est là 
avec des draps si blancs qu’ils font mal aux yeux. Chemise 
taie d’oreiller gonflent dans mes catalpas dénudés, 
pas d’objets ici. 
 
En février presque mars, une couche de neige 
fait un bon fumier, une eau nouée serrée 
pour aller jusqu’à mai : donne-moi des lupins et un goût 
pour son air grandissant.  
 .
.
.
Des traductions en français d’Abigail Lang sont parues dans les revues :
Fusées 13
Vacarme, 37, « Louanges au lieu« 
Vacarme, 45, « Darwin »

.
.
.

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