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Picasso, l’art et la révolution

mars 27, 2013

Source : l’Humanité 26/03/2013



À l’occasion du quarantième anniversaire de la mort du peintre, l’Humanité publie un hors-série exceptionnel avec en cadeau une œuvre originale d’Hervé Di Rosa.

De l’enfant de Malaga au jeune homme qui débarque au petit matin à Paris où il s’installera pour longtemps, du petit Pablo Ruiz Picasso qui, enfant, repoussait les limites du cadre jusqu’à ce que plus tard, il explose le cadre, y faisant entrer, comme par effraction le hors-champ, comment raconter l’une des œuvres majeures de l’histoire de l’art, une vie aussi remplie, bouillonnante, un engagement aussi tenace face aux tourments, et ils furent nombreux, de son siècle ?

Nous sommes retournés sur les traces de son enfance, dans sa ville natale de Malaga ; nous l’avons suivi à Barcelone, au temps d’une adolescence turbulente qui marque la période de la découverte des grands maîtres, Velázquez, Goya, lorsque sa mère, l’emmène, parfois, au Prado, à Madrid ; nous l’épions à Paris où, d’atelier en atelier, il s’impose, très vite, très jeune, il a à peine vingt-cinq ans, comme un des artistes majeurs de sa génération. A Paris, sa route croise celle des poètes, Apollinaire, Max Jacob, Eluard, Breton, Aragon, Cocteau, les frères Prévert. Chez les Stein et ailleurs, il se lie d’amitié avec Braque. Ensemble, ils comploteront dans leurs ateliers et de leurs conversations enflammées naîtra le cubisme, rompant avec le figuralisme par l’entremise d’une géométrie qui déploie autant d’angles droits que de césures inattendues dans la poésie surréaliste. Avec Matisse, il entretiendra une relation qui teint à la fois de l’admiration et de l émulation.

Picasso est plongé jusqu’au cou dans le grand bain intellectuel qui agite Paris lorsqu’éclate la Guerre d’Espagne. En 1937, la République espagnole lui demande une œuvre pour le pavillon espagnol pour l’exposition internationale qui se déroule à Paris. Il lit dans l’Humanité les reportages des envoyés spéciaux sur le front et découvre alors, horrifié, les photos du massacre de Guernica, la petite ville basque bombardée par l’aviation allemande et italienne. Picasso peint « Guernica » en quelques semaines, dans un compte-à-rebours qui tient à la fois de l’urgence, de la colère et d’une tristesse profonde. Ces personnages figés dans la mort en noir et blanc subjuguent, déconcertent et provoquent une onde de choc universelle.

Après la guerre, Picasso s’installe dans le sud de la France. Il ne retournera jamais dans son pays. Du côté de Vallauris, d’Antibes, Picasso plonge à bras ouvert dans tous les bleus que déclinent un paysage aussi sauvage que celui de son enfance ; ceux de la ; les bleus célestes foudroyants ; le sol y sombra dont il retrouve les sensations, les émotions en fréquentant assidument les arènes de l’arrière-pays.

Picasso ne cesse de peindre, d’inventer, de réinventer pour mieux se rappocher des maîtres de son enfance, pour mieux les transcender. Communiste, il est d’une générosité sans faille à l’égard de ses camarades. Il peint des Unes pour l’Huma, l’Huma-Dimanche, le Patriote… Il est devenu un géant de la peinture, un monstre mais dans son œil bleu, pétille le désir, la vie, l’amour. On en aura jamais fini avec le Mystère Picasso…


unepicasso

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