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Printemps des Poètes 2013 : pour Jean-Pierre Siméon, « la poésie est toujours l’occasion d’un éveil de la conscience »

mars 12, 2013

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Depuis le 9 mars, le Printemps des Poètes bat son plein dans toute la France. Dramaturge, romancier, critique et surtout poète passionné, son directeur artistique, Jean-Pierre Siméon, défend haut et fort les couleurs et la nécessité de son art et de son festival auprès de MyBOOX.

MyBOOX : Pourquoi avoir choisi le thème « Les voix du poème ». Qu’en est-il exactement ?

Jean-Pierre Siméon : Depuis 15 ans, le Printemps des Poètes a pour objectif premier de susciter la rencontre entre le poème et ceux, nombreux, qui l’ignorent. Il nous a semblé que la transmission orale était le moyen le plus efficace pour susciter cette rencontre. Certes, le poème est lié au livre, voire au tract ou à l’affiche, mais il est depuis toujours aussi, par le chant ou la diction, lié à la voix et au corps. Nous voulons ainsi, en invitant partour à dire, lire, chanter, murmurer des poèmes, faire entendre la puissance de la poésie entre les murs de la cité.

Pourquoi avoir choisi Denis Lavant comme parrain d’honneur pour cette édition ? Quel sera son rôle ?

Denis Lavant est un grand comédien certes, mais surtout un homme passionné de poésie, qui en a une pratique quotidienne, et qui est donc un parfait témoin de ce que la poésie apporte dans le chemin d’une existence. Par son engagement dans son art, sa probité et sa sincérité jamais prises en défaut, par son énergie, la personne de Denis Lavant incarne l’intensité poétique. Pendant le Printemps des Poètes, il fera un certain nombre d’interventions (notamment le 16 à la Sorbonne et le 24 mars au Théâtre 13 à Paris – voir programme sur www.printempsdespoetes.com), mais son rôle est tout autant de témoigner de sa passion du poème, ce qu’il fait admirablement.

Le printemps des poètes a failli ne pas voir le jour cette année. Pourquoi la poésie est-elle nécessaire en particulier aujourd’hui ? 

La poésie est plus que jamais nécessaire, parce qu’il est évident que la fameuse crise que nous traversons n’est pas que financière et économique, mais autant et surtout morale, intellectuelle et symbolique. Or, la poésie est toujours l’occasion d’un éveil et d’un affermissement de la conscience devant les états du réel. Elle est même à l’encontre de tous les préjugés, le plus subtil instrument de la perception de la réalité, dans sa profondeur et sa complexité. Elle est aussi la grantie d’un lien restauré entre les individus : « le poème est le plus court chemin d’un homme à un autre » disait Paul Eluard.

Quel était le bilan de l’an dernier? Quels sont les objectifs de cette nouvelle édition? 

Chaque année, le Printemps des Poètes s’étend et s’enracine. Nous avons dès le début  envisagé le développement de la manifestation, dans la durée et la patience. Avec le recul, on peut juger que nous avons fait la bonne hypothèse, puisque progressivement, notre action a trouvé sa légitimité, sa crédibilité, et son audience n’a cessé de grandir. Nos objectifs ne sont donc pas ponctuels, ils sont de continuer obstinément l’élan premier.

L’an dernier, vous nous conseilliez « Vrouz » de Valérie Rouzeau. Quel ouvrage ou auteur de la production de poésie de ces derniers mois conseilleriez-vous à un lecteur néophyte? Et à un grand lecteur de poésie? 

Pour un lecteur néophyte, je conseillerais cette année trois livres d’Yvon Le Men :
Sous le plafond des phrases (Editions Bruno Doucey)
La langue fraternelle (éditions Diabase)
Il fait un temps de poème (éditions Filigranes), magnifiques invitations à la poésie.

Et pour un grand lecteur de poésie : Prendre feu d’André Velter et Zéno Bianu aux éditions Gallimard

Comment selon vous, rendre plus visible et plus accessible la poésie aujourd’hui, notamment avec l’arrivée du numérique? La poésie ne doit-elle pas trouver de nouvelles formes d’expression ? 

La poésie n’a pas à inventer de nouvelles formes d’expression : elle ne fait que cela depuis toujours. Elle ne cesse, dans toutes les langues depuis l’aube des temps, d’inventer des modalités particulières et de renouveler ses supports : voix, chant, harangue, imprimerie, affiches, performances etc… A mon sens, le numérique n’apportera pas grand chose à la création, mais il peut être en revanche un magnifique outil de diffusion, par la lecture ou l’écoute. Du point de vue de la création, la seule nouveauté pourrait être ces courtes videos-poèmes qui mêlent l’image, le son et l’écrit.

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