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LE SLAM, PETITES PRECISIONS SUR LE SUJET

mars 12, 2013


15 ans plus tard, la scène Slam a sacrément changé, grandi et souffert. Un peu comme une sale gosse en pleine crise d’ado. Le paysage actuel dépeint tant les complications que l’effervescence d’un mouvement victime et bourreau de son succès. Entre préjugés et purisme, les initiés tentent encore et toujours d’expliquer à qui veut l’entendre que le Slam n’est pas ce qu’on croit.

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Le Slam, le Spoken Word !? Aujourd’hui tout le monde connait ! Voilà qui devrait nous réjouir… Pour sûr, l’engouement général suscité par le succès de Grand Corps Malade a offert ce qui ressemble à une reconnaissance artistique et médiatique et, certes, a permis de faire connaitre ce mouvement au grand public. Curieux de cette nouveauté, ce dernier s’est intéressé au machin et s’est même rendu sur place. Sauf que très vite, cet intérêt s’est focalisé sur la seule personne de Grand Corps Malade voire d’Abd El Malik qui n’a pas franchement de lien avec la scène Slam. On a pu également compter sur l’enthousiasme des institutionnels comme les écoles, médiathèques, MJC, hôpitaux et prisons pour monter de nombreux ateliers d’écritures. Si cela donne accès à la poésie à tous – et c’est tant mieux, si cela œuvre incontestablement à faire connaitre d’autres espèces de slameurs et sinon à faire leurs heures d’intermittence – et ce n’est pas négligeable ; cela révèle aussi que le Spoken Word est trop souvent réduit à une pratique amateur pour jeunes incultes. Il suffit d’être attentif au discours des responsables culturels qui nous redirigent vers les services socio-éducatifs pour s’en rendre tristement compte. Au final, le Slam bénéficie comme d’autres mouvements avant lui d’une légitimité culturelle toute relative parce que contraint par l’économie marchande, l’appareil étatique et la représentation qu’en ont les prescripteurs, pour être claire. Du coup, artistiquement parlant les opportunités sont assez limitées : peu de médiatisation quand elle n’est pas biaisée, peu de signatures en maison de disques ou d’éditions et peu de programmations de concert et spectacle. Reste à nous satisfaire des démarches des acteurs eux-mêmes et de celles des professionnels sensibles pour de vrai à ce qui peut se faire d’original dans le Slam. L’état des lieux n’est donc pas très joli joli : la production artistique peine à être diffusée et sa médiatisation en fait un mouvement consensuel et peu créatif gommant ainsi sa diversité, son inventivité et sa dimension critique.

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