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Un poète djiboutien arrêté et torturé pour sympathie à l’égard du MRD

février 4, 2013

La Voix de Djibouti 02/02/2013



Farah Moussa Bouh (alias Farah Hassan Bouh), c’est son nom, vit à Balbala sur le lieu dit Bildigo (Bildhiqo en somali), non loin du parc à bestiaux. Il est poète et prône la démocratie, ce qui le rapproche de l’Opposition : il est sympathisant du MRD. Comme tel, il a fait partie du grand nombre de citoyens qui ont accueilli DAF dimanche 13 janvier 2013, psalmodiant des vers engagés de sa composition sur la terrasse du domicile du populaire chef du MRD. Cet engagement a fait de Farah Moussa Bouh une cible de la répression du régime. Aussi a-t-il été arrêté jeudi 17 janvier 2013 vers 8h 30 par des policiers du commissariat de Hodan à Balbala. Suite à une dénonciation par un indicateur du quartier, les policiers l’accusaient d’avoir rassemblé des centaines de copies de cartes d’identité nationale d’habitants de Bildigo, alors que, pour prouver leur citoyenneté et faire valoir leurs droits auprès de l’Etat, ces copies avaient été volontairement fournies par leurs titulaires à leur association locale de fait dont Farah est l’un des dirigeants. Le poète a été battu lors de son arrestation par le sergent-chef Ahmed Abdou Saïd dit Chari. Son épouse, Hawa Omar Abdillahi, qui a assisté à son arrestation, a été elle aussi battue par ce même sous-officier qui arbore sa qualité d’officier de police judiciaire comme un permis de torturer. Hawa Omar a perdu deux dents molaires et une troisième a été sérieusement abimée. Farah Moussa n’a pu se retenir face à cette violence sur son épouse et a tenté de s’interposer. Il a été maitrisé par d’autres policiers et n’a pu rien faire. Finalement, Hawa a été abandonnée sur place sans soins tandis que son époux était conduit au Commissariat de Hodan commandé par le commandant Elmi Daher Miguil dit Elmi Gess. Là, Farah Moussa, les mains attachées sur le dos et jeté à terre, a été violemment torturé par le sergent-chef Chari. Tout au long de la torture, le sergent-chef lui répétait qu’il pouvait lui faire ce qu’il voulait. Vers minuit, le poète a été transféré au poste de police de Hayabley dans un état lamentable. Il se tordait de douleur lorsque, vendredi 18 janvier 2103, un reporter de La Voix de Djibouti a réussi à le localiser et à lui parler. Il est resté détenu là, sans assistance médicale ni judiciaire jusqu’au dimanche 20 janvier 2013, date à laquelle il a été présenté à un substitut du procureur de la République. Le parquet l’a libéré.  

 

Mardi 22 janvier 2013, Farah Moussa et son épouse Hawa Omar ont été examinés par un médecin dont le diagnostic est sans appel. Chez l’épouse, le médecin constate «une contracture cervicale douloureuse, des plaies gingivo-buccales et l’absence de deux molaires et la fragilité de la onzième».  De sorte que son cas «nécessite une prise en charge odonto-stomatologique et un repos médical avec ITT de 25 jours sauf complications». Chez Farah Moussa Bouh, il constate «des douleurs apneïsantes, associées à des ecchymoses au niveau de l’hypochondre droit et du flanc homolatéral. Il ajoute : «A la palpation, il existe une douleur exquise». Il prescrit la «réalisation d’une radio thoracique, d’une ASP, d’une échographie abdomino-pelvienne et une consultation en chirurgie viscérale ainsi qu’un repos médical avec ITT de 30 jours sauf complications». Farah souffre encore des séquelles de la torture subie.

Voilà qui se passe de commentaire et rappelle qu’à Djibouti la torture est une pratique courante. A suivre.


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