Skip to content

Kenny Ozier-Lafontaine, poèmes

janvier 30, 2013

EXTRAIT 1

Qu’espères-tu encore atteindre si loin en toi ?
Vois, ce dont se nourrissent les nuages,
le bleu qui se terre au plus profond du sel,
la lumière qui roule au fond du fleuve, entre les pierres dénouées.
Nuages assoiffés de vide,
piliers du ciel, se jouant de la gravité et des horizons finis. Nuages qui englobent,
passeurs d’immensité.
Nuages affamés se nourrissant du néant,
.
.
.

EXTRAIT 2

Le Diable :

Ici, la nuit venue, le ciel tout entier est en fleurs,
mais toujours les dieux cruels se livrent à des sacrifices d’étoiles.
Des dieux ivres et hallucinés…
Ce mensonge est le tien, fils !
Sois plus silencieux,
car chaque étoile est une fleur ou un christ crucifié contre la porte de l’absolu.
Oublie toi,
pour dire seulement avec la voix blanche et les voyelles du silence,
le souffle sceptique de celui qui jamais ne sait.
Viens…

L’étranger, interrompant le diable :

Moi Homme, j’ai quatre ombres, et une seule pour le rêve.
Je peux séparer en deux la lumière, en ses parties mâle et femelle.
Et en son centre,
sur l’aplat coloré,
un noyau,
là où se love la couleuvre, dans les bras d’une sorcière.

Et derrière, une ouverture,
une porte dont le seuil est un sentier inépuisable, où chacun de mes pas renouvelle l’infini,
chaque trace élargissant l’unité.
Et encore je sépare en deux la lumière,
découvre que sous mon âme quatre ombres s’agitent, mais pour le rêve, une seule s’anime…
Et toi, Diable… de quoi rêves-tu en Enfer ?

Le Diable :

Je rêve de toi, (silence)…d’un fils pour porter ma croix. Aujourd’hui, même mes ombres ont peur du vide…
Ils ont tous déserté mes flammes… j’y suis seul aujourd’hui, dans ce cloaque aux relents soufrés…
Mais pourras tu me répondre étranger ?
Qui pour croire encore aujourd’hui en la glaise de nos corps, en nos cicatrices latéritiques ?
Qui pour labourer encore cette terre écarlate ?
Loin en arrière de toi, tout au loin se profilent les formes du maître,
mais au-delà encore,
la lumière donne corps aux ombres… Qui alors ?
Qui pour croire au sel invisible de l’air ?
En ce corps bleuissant qui accorde au ciel la densité du silence.
Qui pour recueillir la terre feuillée des sages ?
Qui pour effleurer les effluves de la perle céleste ?
La béance de l’aurore…

En seras-tu ? Réponds-moi !
Qui pour croire aux centres multiples, au poids des nombres, aux silences des mots ?
En la chair qui se tisse dans la promiscuité des êtres…

continent de corps qui s’amalgament dans la confusion de nos sens,
de nos blessures…
Qui ?
Qui pour croire sans foi,
sans raison,
et sans salut ?
Béni soit celui qui sait et comprend pourquoi il travaille le sel,
celui là, qui sans nul espoir sculpte l’invisible présence.

L’étranger ne trouvant aucune réponse, le Diable exaspéré s’en alla dans le nuage de ses mots,

de ses interrogations, rejoindre ses fourneaux d’émeraudes.

.
.
.

EXTRAIT 3

Le Rêve :
Je prendrai mon envol, quand derrière moi le bruit de mes pas s’estompera pour s’immoler dans le silence.
Je prendrai mon envol, quand ma carcasse desséchée aura, loin de moi, pris racine dans la rocaille d’un erg brûlant.
Je prendrai mon envol, quand exulteront les farouches aras d’Amazonie, s’éparpillant aux contours scabreux d’un delta marécageux.
Je prendrai mon envol, quand l’oisillon hirsute aux rêves échevelés se reconnaitra dans le prédateur vorace et carnassier.
Je prendrai mon envol, quand le condor effacera de mes yeux le crachat rance de la famine menaçant les plaines âcres de ma Terre assoupie.

Je prendrai mon envol, quand l’aile blessée du goéland des brumes se libérera de l’étreinte des criques gluantes.
Je prendrai mon envol, quand enfin, les plumes dispersées des oiseaux du monde se feront complices de mon agile élancement.
Et dans le désastre étoilé, quand les tropiques fusionneront aux arpèges chantants de la caresse alizée,

elle me retrouvera, à l’ombre du grand Zamana … passerelle divine entre le sol et la lumière…
C’est ici que je prendrai mon envol … dans l’ancrage même de toutes mes servitudes.
Une main froide le fit émerger de son sommeil, c’était celle du vieillard…
Lui aussi pleurait le désespoir de son ami,
la perte de ses illusions, et l’épouvante dans son souffle.
.
.
.

EXTRAIT 4

Jamais je n’avais été si loin dans le silence des couleurs…
.
.
.

EXTRAIT 5

(mais heureusement demeure l’os, comme une écriture de l’absence)


No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :