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Paul Vincensini, poèmes

janvier 23, 2013

PETITE NUIT

Quand il fait nuit
La nuit se prend dans ses bras
Et dort sur son épaule
Comme un lilas
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D’herbe noire

L’hiver mes doux enfants est en nous oui en nous

Cette cul de buée
(sur cette fumier de vitre)
M’empêche de voir ces grands cons d’arbres
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Aucun signe

J’ai éclaté de rire le long des maisons
Où habitèrent mes amours pâles
Des foulards, des corsets fleurissaient les fenêtres
Mais nulle n’apparaissait et je me sentais las.
Que me sert de courir
J’aurai toujours vingt ans
Et toujours mes chemins me ramèneront
Près des fenêtres noires
Où nulle n’apparaîtra
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Je vois la femme en cendre
Descendre le vieil escalier
Sa lèvre est déchirée
Ses rêves ont la couleur
de son bouquet fané
Je vois l’homme
L’homme fort
Il grimpe l’escalier en chantant des obscénités
Il ne voit pas la femme en cendre
L’escalier l’homme fort la femme en cendre
sont dans la maison que j’ai à jamais quittée
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( Des Paniers pour les Sourds)
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Moi je passe ma vie à remuer des clés
Qui font un bruit tout blanc
Pareil à la lumière
Qui pend
Des réverbères enrhumés
Moi je passe ma vie à agiter des clés
Et dans mes rares moments de réflexion
J’épaissis la poussière qui obscurcit mes chaînes
Moi je passe ma vie à faire sonner mes chaînes
Je suis celui qu’on ne viendra plus voir
Celui qu’on ne voit pas s’agiter dans l’automne
Moi je passe ma vie à me cacher mes chaînes
Moi je passe ma vie à essayer des clés
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Victoire

Poésie

C’était vers rien

Que je tendais les mains

Depuis vingt ans

Mais maintenant

Le rien arrive

Et me prend par la main

En riant.

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Archiviste du vent

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Le vent seul
Fait ce qu’il est
Ce qu’il veut
Le vent qui fait commerce à la criée
D’herbes noires
Et de pierres brûlées
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Une page sur Paul Vincensini, ici
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images
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9782862740966
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Editions le Cherche-midi
Les ouvrages scolaires et les anthologies pour les jeunes accueillent volontiers les poèmes courts, naïfs et moqueurs de Paul Vincensini, poète mélangé de corse et de savoyard, amoureux aussi de l’Ardèche. Enseignant, fondateur du Club du Poème, ardent défenseur de la mémoire d’Alain Borne, il a été animateur d’acrivités multiples à l’école et hors de l’école et créateur de festivals de poésie. « On le classe hâtivement dans la seule catégorie des poètes d’humour. Mais sous le sourire, il y a la tendresse, la gravité, une sensibilité aigüe à tout ce qui fait le tragique de l’existence », note Jacques Imbert dans l’Anthologie des poètes français du Livre de Poche.

Les poèmes « l’hiver, mes doux enfants », « La main », « Nid rigolo », « Le dormeur professionnel », « Un petit enfant bègue me parle », « Un ouvrier dort », « Allez-y, tirez ! », « Le petit grillon », « Lo to folo », « Le petit estropié », « Aspiration », « Il prend une boule de neige », « Toujours et jamais » seront bientôt sur toutes les lèvres. Paul Vincensini pensait que rien n’est plus sérieux que l’humour. Il riait aux éclats pour éviter d’avoir à grimacer ou à pleurer. C’est un des esprits les plus libres de la deuxième moitié du XXe siècle et un de nos grands poètes.

Archiviste du vent réunit la majeure partie des poèmes de Paul Vincensini ainsi que d’importants inédits, écrits avant sa disparition en novembre 1985.


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