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La voix dans la « modernitude » (Christian Prigent)

janvier 22, 2013


Ne quittons pas aussi rapidement les correspondances qui mobilisaient notre attention dans les billets précédents, en lisant la première séquence d’un livre de Christian Prigent[1] dont il faut reconnaître qu’il glisse dans le sperme, la merde, la mort : « modernitude », ce « syndrome de glissement », propose Henri Meschonnic[2]. Nous essayons d’y voir aussi ce que Prigent appelle la « voix-de-l’écrit[3] », sa voix monstrueuse, et comment elle hésite entre la modernité et la « merdonité » – selon le mot, cette fois ci, de Michel Leiris[4].

 

en janvier 1977

j’écris une lettre d’amour

LETTRE D’AMOUR

[9]

ANGO

ango somnia

amnio

tics

ango poisse

gorgasse

sommeil seul œil plissé

anglace

[10]

(côté cours et côté radin

les écriturins)

et ce mal de reins !

(con-gris-et-avachi-du-monde)

RIEN.

[11]

Pointons la hure :

libido ZERO

imaginaire ZERO

boule d’hystère ZERO

fatigue.

A plat la tige

je t’écris cette lettre :

[12]

il n’y a pas

non

il nia pas

pas de xe, de c’est

pas de sexe, de ce-que-c’est,

de su,

de sexadeux

quand sexadeux c’est qu’c’est

pulsé du fou

picoré tout

sexe hait sa folle

– aux poules, son viol !

[13]

mais que veut Sexadeux ?:

que l’âne con coasse :

n’écris pas !

écris moi !

sois à moi !

« qu’on ange sa poisse !

qu’on âme son coi !

qu’on n’y a qu’à !

qu’on nique

et canaque et carne

et vagine et gave

et signe

son établi son bleu de fou son

risque tout

quel émoi !

qu’elle hait moi !

qu’il oit pu rin du trou ! »

[14]

Or, j’ois et je

dis :

« si t’en veut (sic) faut queue

t’caches ma casse me

crases ma

noyau m’para

bines à ra ma

noïa

comprimes mon nego !

go !

comprimés pour m’n’ango !

go !

mets des bandes, des vieilles peaux,

des tampax,

des tecum,

des taies, des paquets, des jets

sur ma glutée glotte !

[15]

si tu vieux cron braise :

pas m’laisser crusher l’é moi du sale on

l’savon du savoir

l’amer

l’seau d’homme empoté qui m’enterre mater

JE NE PEUX

TU LE VEUX

SERS-MOI MON NERVEUX » :

[16]

Sexadeux fend moou

je mens fou

c’est dent, la tête, pas

au cu que ça

s’épaisse

et deux lobes à la fois !

bing bang

drin drin

(comme Lénine à Capri)

ploc ploc

toc toc

cron cron

(cri des crabes et des os)

dans la tête et scie

si ça saute un lobe

si qu’on tome le lobe

lobo gros bobo

lors plus d’jeu pour je

mais l’amas gma triste

l’ensoupé d’œuflangue

l’housse à pax taie d’goum

[17]

Sexadeux dit cuit

oui-je-veux-bien-oui

cuicui

NON

NON !

au braqué sec !

au saqué d’mec !

à ma culée

d’engoulée d’ans !

et d’dans que pas

ça danse et flotte

œuf

glotte

anus cru

et bien pendu

fou

tu.

[18]

 

.
.
.
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