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Christian Prigent, poèmes

janvier 16, 2013

Éros Flash-black

Au diable le rouge ambre et les falbalas
Et paumons-lui la gueule à Éros si sa
Peau de fesse de berger extravagant
Bleuit de moisi moche aux bosquets d’avant

Quand on fut enfant mes soeurs mes fraîches mes
Cousines dans les rus d’eau fine accroupies
Parmi l’encre l’essence arc-en-ciel le lait
De cuisse et les pipis divisés aux toupies

Du courant. Rien que l’eau blanche des lessives
Laisse aller rose et cobalt entre des rives
Le jus acide exacerbant (c’est cidre ou
L’herbe à la porcelaine de vos genoux).
.
.
.

Mange ta poire

Laisse, poire, moi
toucher à ta chair
et maintenant, oh,
maintenant
je la sens : mange le présent !

– ainsi l’essence parmi
les choses intranquilles de
la politique est

la fin de la politique est
une sorte d’âme de
la politique : l’action
de s’opposer spécifiquement

et basta suffit les poires fraîches sont
une forme leur fraîcheur l’informe de
l’intranquillité (ensemble-seuls nous
allons ô mes amis dans la fraîcheur sans forme
de l’intranquillité

spécifiques et opposés : doucement poli
tiquement posés dans l’âme d’effacement des choses)

– et zéro os no
S ni  d’es
poir !
.
.
.

VALOGNES, SOUVENIR

Que sais-tu de Valognes ? — Rien.
Sauf que ce rien t\’étreint
Le cœur : ruines, gravats
Car l\’Histoire ici renragea.

C\’est en quarante-quatre, été,
Après les raids, bombes, fusées.
Partout : des vies écrabouillées
Sous les fureurs. Mais : incrusté

Ici de deux petits cyclistes.
C\’est ton père et ta mère en fond d\’apocalypse.
Lui, à Valognes, prof ; et elle à Octeville.
Mais parmi ces horreurs : bonheur ! Jubile :

Ils fuient, jeunes, dans les fracas,
Vers leur Bretagne. Et ton cœur bat
Car c\’est de cette joie que tu naquis.

À Valognes, du coup — à eux surtout : merci.
.
.
.

Madrigal

Ainsi pour ton anni ma belle
versaire sévèrement je ne
t’achèterai ni le ci ni le
ça ni la quincaillerie telle

que collier moderne zingué
synchro bichromaté ni une
queue de cochon à visser
ni l’anneau qu’aucune

ne sait de levage femelle
ni moi car pour ton uni
vers ma toute chère il n’y

a cataloguées que bagatelles
de choses mortes et non
la vie profonde la vie sans nom
.
.
.

(du neuf côté procréation)

Au bis repetita des desidera
Ta le tas d’bébés éprouvette est là mais
Si le fruit des entrailles de ce fait est
Un légume va savoir : Ave Maria !

Chère âme (ou Saint-Esprit) ah ça rame ex
Trêmement fortiche en norme hormone pour
Tant ou c’est Eugène qui a pris l’ex
Trait de bon sexe dans la pipette à cour

Toisie pour du coulis d’hormon mâle mau
Vais et bave. Ah Madame en verre si fra
Gile en vous j’aimerais tant comme on fit ja
Dis tortiller de l’alambic et dodo.

(au néo-rural)

Ta longère un figuier la nique et thuya
(Total ringard) dézingue à don’f l’effet in
D’albicoque. Idem pisseux le forsythia
Label Cité de Caractère égale spleen

Beauf garanti kitsch te dit Libé. Va pas
Régresser rustique à la margelle en pneus
Ou déchoir plouc total aux petits nains ras
La motte du jardin – après la tomate

C’est pas toi qui la fais prospérer heureuse
Malgré mildiou la cloque ou la vacherie
Forte en mandibule et les intempéries
Mais tu te la prends boum dans la poire honteuse.
109

(à un poète)

C’est quoi mecton ton identité rock et tu
La construis comment ta postérité ? Vu
Vite fait dans les actus ou zig zag zap
Pé partout jusqu’à l’épileptique clap

De fin. People sur (face)booké non ? Plu
Tôt le trip absent Maurice Blanchot du
Paf ? Désaffecté de la nébuleuse hype ?
No picturale youtubiquité ? Aïe p

As facile assurer face ou pile une i
Mage au choix pur poète incrusté en marge
Ou survolant overlooké star slam i
Cône à ’roupies fan d’effet sexe au sens large.
.
.
.

L’homme à la motte de beurre

En sobre sculpteur dramatique
Monsieur Le Goff (Paul) extirpa
Du vrac de la matière en tas
La forme en viande granitique
Que l’esprit mauvais dit après
D’une motte de beurre extrait.

Car l’homme ici se dépatouille
Comme il peut de la ratatouille
Qui colle encore à ses talons.
C’est ainsi qu’on voit le non-être
S’avorter de la confusion
Pour habiter la peau de l’être.

Cet être est nu et très crispé
On devine déjà qu’il douille
De devoir aller dans la souille
Vivre sa vie d’humanité.

C’est fait pour ça : compatissons
Et méditons l’allégorie
En tremblant dans nos caleçons :
Plus on fait l’homme et moins on rit.
.
.
.

.
.
Extraits de “La Vie Moderne”
.
.
Extraits de “A quoi bon encore des poètes”
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.
Christian Prigent chez P.OL. éditeur
.
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