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Usman Awang, poète citoyen

janvier 11, 2013


En souvenir du poète Usman Awang (1929-2001), nous publions aujourd’hui un article nous éclairant sur sa vie et ses écrits, méconnus sous nos latitudes. Usman Awang s’était fait le chantre d’une nation malaisienne encore jeune, en plein devenir et débordant d’espoir et d’énergie. Cet article d’Amir Muhammad est d’abord paru largement censuré dans le quotidien The Star du 30 novembre 2001, au lendemain de la mort du poète, puis repris intégralement dans Aliran le mois suivant. Nous remercions Serge Jardin pour la traduction et Amir pour l’accord donné à la reproduction de son article.

Mort d’un patriote

Usman AwangAvec la disparition d’Usman Awang, la Malaisie vient de perdre un de ces hommes qui sait ce qui compte. Il est un des très rares écrivains malaisiens à pouvoir transcender les barrières raciales et culturelles, et il a gardé jusqu’à la fin la capacité à questionner ceux au pouvoir.

Plusieurs de ses poèmes, pièces et nouvelles sont confortablement nichés dans l’imaginaire collectif de deux générations de Malaisiens. Également importante est l’image de l’homme lui-même, dont l’intégrité, l’humilité et la compassion ont servi d’inspiration à beaucoup.

Il raconta une fois une expérience ancienne qui lui servit de ligne de conduite pour le reste de sa vie. Pendant l’occupation japonaise il fut condamné au travail forcé par les envahisseurs avant de réussir à s’évader avec l’aide d’un employé tamoul, qui le cacha dans sa maison. La femme de l’employé lui dit : « Considère cette maison comme la tienne, Usman. Nous sommes tous les mêmes. Peu importe la race, notre sang est rouge. Les gens sont divisés entre riches et pauvres, entre bons et mauvais. »

Policier pendant l’État d’Urgence, il fut contraint d’arrêter beaucoup de gens mais plus tard il raconta : « Je ne sais pas pourquoi on les arrêtait. Il nous semblait tous être de braves gens, des enseignants, des commerçants, des travailleurs. Ce n’est que peu à peu que j’appris la vérité sur la situation politique, sur les arrestations, l’action de la police, etc. » Une autre expérience formatrice fut de monter la garde lors de réunions politiques ; écouter les leaders de la gauche nationaliste comme Burhanuddin Helmy, Shamsiah Fakeh ou Ahmad Boestaman fut sans prix dans la formation de sa conscience sociale [NdT : son unique roman Tulang-tulang Berserakan qui raconte cet épisode de sa vie a été traduit en anglais sous le titre Scattered Bones, ITNM, 2009].

La guerre et la pauvreté ne lui ont permis que de fréquenter l’école primaire mais son immersion dans l’université de la vie — comme policier, journaliste, éditeur et activiste — va contribuer à enraciner ses œuvres dans les vérités sociales de son temps. Ses premiers poèmes comme Bunga Popi (Fleur de pavot, 1955) de ses poèmes contre la guerre, brûlent d’un engagement pour la fraternité universelle et une haine de la brutalité et de la discrimination. Son Pak Utih (Père Utih, 1954) [NdT : Jiwa Hamba/Enslaved Soul, ITNM, 2009] est la ballade d’un fermier oublié qui se termine ainsi :

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One Comment leave one →
  1. janvier 11, 2013 3:32

    Merci pour la reprise de l’article !

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