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Kieran WALL, poèmes

janvier 10, 2013

1.

Je t’étais destiné,
Etre de lumière ;
A toi seule, être inné,
L’envoi de ta prière…
Je suis seulement ça
Et c’est déjà énorme ;
Le chaos s’effaça,
Ton amour est la norme.
Des années j’ai saigné
De ne pas te connaître ;
Désormais j’ai daigné
Soudain te reconnaître.
Ignorer cette chance
Serait une erreur ;
Empoigner cette stance
Sauverait du malheur.
.
.
.
2.

Multiples, aux facettes désenchantées,
Mes amours affichaient le turbulent
Mimétisme de blessures plantées
En moi ; fractal de tropes quérulents.

Dès le moment où tu fus dans ma vie,
Mes amours apprirent le singulier,
Avec pour seule visée, seule envie,
D’incarner pour toi l’amour régulier.

Dès lors je fuyais les filles flirtantes,
Les battements de leurs cils tapageurs ;
Leurs envies de moi, soudain insultantes,

Me faisaient t’aimer d’un amour vengeur.
Et ma vengeance sera magnifique,
Sans limites ; sentiment mirifique !
.
.
.

3.

Douce sirène sagittale
Couvre ma peau de tes baisers,
Descends donc de ton piédestal
Et vois mon âme s’apaiser.

Je rêve ainsi que tu me touches
– La pluie de baisers fiévreux -,
Me dis : « je t’aime » avec la bouche,
Laissant mon épiderme heureux.

Le feu que tu vois dans mes yeux,
Eternel signe de luxure,
Trouve son pendant malicieux :

Mon vit entre tes lèvres sûres.
Et, las d’orgasmes heureusement,
Nous dormons amoureusement.
.
.
.

4.

Votre aura exsude quelque chose du beau.
Beau comme un torrent de vérités ineffables ;
Je m’y soumets comme à une requête affable,
Tentant sa peinture par délires verbaux.

Ma plume, maigre dans toute sa suffisance,
Aligne des mots. Leur rendu paraissant creux,
Lorsque s’allument, fières de leur puissance,
Les lueurs de l’amour dans le fond de vos yeux.

Une liquide langueur aiguise le temps,
Manque trouvant vie en ce matin de printemps.
Cristalline lumière quelque peu surfaite,

Le soleil oppresse de son saint testament
La douleur purgatorienne de l’amant,
Risible douceur dans cette vie de prophète.
.
.
.

5.

L’étranger entre, s’installe doucement
Assis à une table de bois blanc.
L’intérieur de l’auberge est sombre,
Les lignes de son visage, des ombres…
De son sac sort un livre troublant,
Armand Robin, qu’il ouvre lentement.

La main tremble, mais son regard intense
Trouve celui du barman, presque vide.
Le bélier avance empiriquement,
Son pas contrastant son esprit clément.
Son ton avenant, pour d’aucun, avide,
Propose de la journée la pitance.

L’homme acquiesce et lui demande du vin,
Plongeant son regard dans celui de l’autre,
Il y lit de sa vie le testament.
Barman retourne à son bar prestement
Et tranche vite le pain à l’épeautre ;
L’autre s’en remet à son écrivain.
.
.
.

6.

Le fond de l’air est d’un cristal purgatorien ;
De temps à autre un alexandrin se détache,
Se pose sur la feuille comme un petit rien ;
Rien de petit dans cette atmosphère bravache.

L’astre parade sa chromie estropiée,
D’épais nuages mascaradant lentement
Les étoiles en acumina d’effacement ;
Malicieux tons aux saveurs polycopiées.

Les gouttes, sur le banc sur lequel je te rêve,
S’écrasent en leur mélancolique tempo,
La pensée en proie aux manques archétypaux…

Et le printemps ne pense pas prévoir de trêve
Dans ses railleries empreintes d’humidité,
Etalant devant nous son don d’ubiquité.
.
.
.
7.

Je veux voler l’éternité,
Me l’apprivoiser en esclave ;
Cette impalpable ubiquité,
La veux porter en laticlave.

Je veux incarner le baroque,
Etre le voleur de l’Instant,
Le dépeindre dans sa défroque,
Fixer son goût inconsistant.

Je veux faire exister l’odeur
De ces souvenirs de tendresse,
Et partager avec ardeur
Le bien de tes tendres adresses.

Je veux l’existence future
De celui qui peut esquisser,
Seul maître de sa tessiture,
En vrai un réel éclissé.

Je veux voler tous les instants
Qui dans l’esthétique se perdent ;
Je les veux rendre résistants
A ces années qui nous emmerdent.
.
.
.
8.

La nature avait l’opacité des jours gris,
Des jours sans surprise, ceux qui rendent aigri.
La fin de l’hiver, sa quiétude indicible,
Apaisa lentement mes rêves irascibles.

La pierre vieillie inspirait la paix ;
Silence surprésent : l’air en était épais.
Des points bleus ponctuaient le ciel gris lasure
Qui se déployait au-dessus de la masure.

Quelques perces-neiges montraient leurs étamines
Pour égayer de ce monde la morne mine.
Pas un son, pas la petite voix d’un oiseau

Ne venait troubler le silence des roseaux.
La fin de l’hiver, ce tendre moment de trêve,
Me poussa en avant au tréfonds de mes rêves.
.
.
.
9.

Je me sens étranger, étranger à mon être ;
Transposé, déplacé, à côté du paraître.
Je suis la vie cryptique, ses consignes-mots-croisés ;
Je me sens un diptyque, duplicement toisé.

Je me sens écrasé, les blessures profondes ;
La maladie prolixe, sa faconde m’inonde.
De la vie je veux rire, être un être avenant ;
C’est ce que être, à l’instant, maintenant.
.
.
.

10.

Aujourd’hui, je sens l’absurde de la lune.
Derrière ses nuages carapacés,
Elle nous fait montre de sa gothique fortune :
Blancs, gris et noirs en étalages ressassés.

Et ces teintes matelassées me procurent
Un fond s’agitant et qui m’amène à penser
A toutes ces choses qui simplement perdurent,
Ephémères, toute aptitude à se panser.
.
.
.
11.

L’air léger s’épaissit ;
L’hygrométrie relève
Le fond de l’air rassis
D’un vrai parfum de trêve.
La pluie, battante vive,
Cet espoir fabuleux,
Le fond de l’air ravive
D’un parfum nébuleux.
Un parfum enivrant
De poussière mouillée
Arrive en délivrant
De la chaleur souillée.
.
.
.
12.

Sous la lune riant,
Sémillante ordinale,
Sont les plantes brillant,
Leurs verdures banales.
Mensongers et fuyants,
Le temps et ses dédales
Cachent en fourmillant
Le très simple scandale
De la vie pétillant
Une misère hadale.
.
.
.

13.

J’aime à profiter de la langueur,
M’immerger de pleins pieds dans l’indolence
D’un temps rendu visqueux par la longueur
Pesante de ses insolents silences.
.
.
.
14.

L’air est épais, formulant la luxure
Toute atmosphérique de nos tendresses pures.
Je te dédie ma vie, ses espoirs, ses blessures
Pour que tu en traces tout doucement l’épure.

En tissant cette trame apparaît l’élément
Maître de ta conduite : un vif respect aimant.
Et la vie avec toi, sur son thème clément,
Rappelle que je suis habité du dément.
.
.
.
15.

Condensation de la folie,
Pathologies anthropogènes,
Associalisantes manies
Et relations hétérogènes…
.
.
.
16.

Une rose écharpe bariolée
Entoure avec tendresse mon minois.
L’atmosphère calme n’est violée
Que par un ronflement souple et benoît.

Et l’esquisse de mon amour
Peint en pastels sur ma rétine
Les images de son humour,
Empreint de sagesse toute enfantine.

La lune, son ingérence livide
Peignant de ma fortune le halo,
Au travers du velux, prisme fallot,

Rappelle la fin de ma vie de vide.
Et le temps semble presque suspendu,
Le cristallin du bonheur, entendu.
.
.
.
17.

Regard lavé des certitudes,
De tout vestige du serein,
Lave-moi donc des attitudes
De ces souhaits adultérins.
Ame lavée de toute haine,
De tout vestige de regret,
Joue tendrement la mise en scène
D’une vie lisse, sans secrets.
Image exacte en rectitude,
Aide-moi donc à abeausir
L’enchaînement des turpitudes
Formant ma vie à adoucir.
Fantômes d’une vie sereine,
Dans un confort plus que concret,
Le poids des images malmène,
Pèse sur moi comme du grès.
.
.
.
Kieran Wall, 31 ans, je vis en Bretagne.
Traducteur de métier, je suis bilingue franco-anglais de naissance
Mon premier recueil a été publié par les éditions stellamaris editionsstellamaris.blogspot.fr


DDD

2 commentaires leave one →
  1. janvier 10, 2013 9:01

    Merci pour cette exposition, Chris… J’espère pouvoir te rendre la pareille un jour

  2. Agathe Finet permalink
    mars 14, 2013 9:57

    Kieran, J’ai pleuré, tes paroles me touchent…

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