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Lili Stancu-Violinne, poèmes

janvier 4, 2013


Ton nom

De la mer blue, la lune naquit,
Mon ancien, fidèle, témoin.
Je murmure ton nom dans la nuit,
L’écho le porte, de plus en plus, loin…

Mes pensées te regagnent, avides,
Toi, ma tribu et mon idiome,
Viens, au jardin d’éphémérides,
Pour manger ensemble la pomme.

De ton baiser, je ferai mes cieux,
Au parfum des forêts et du vert,
Me baigner au noir de tes yeux,
Fata Morgana, de mon désert…

L’abîme de tes bras viendra m’enfermer,
Ta voix sera lumière dans la mort,
Ta peau, mon serein océan planétaire,
En cet instant d’arrêt aux pieds du sort.

À l’aube, mon âme pleine de nuit
Partira vers d’autres lointains…
Cette chanson murmura sur les plaines,
Ton nom, mon amour interdit…
.
.
.

Mélancolie

À tout pas, des amours banals et vicieux,
Crient ennuyant de leur colère,
La Grande Ourse grogne sur les cieux,
Moi seule, j’hésite entre les hémisphères…

Les arbres qui m’abritent se penchent, couverts de neige,
Mon chemin de fume serpente un peu vers l’Ouest,
Puis retourne, comme un bizarre manège,
Dans ce perdu, universel inceste.

Les fleurs sont fades en formes et en couleurs,
Et les esprits rebelles, aventureux, perdus,
Mon corps d’argile a mal de toute erreur,
Ce que j’ai eu, et je n’ai jamais eu.

Mon plus fidèle ami est mon ancienne douleur,
Je n’en veux rien de plus, je sais que quelques vers
De mes rêves maladroits, aussi tout comme mon cœur,
Se promènent, éternels, sur les rues d’univers.

Parmi tout, guerre, amour, haine et ce tourbillon
De désespoir et des rêves d’autres temps,
Je me demande parfois, tout comme François Villon,
Où se sont envolés, les neiges d’antan…
.
.
.

Combien il y a, encore, de soirées…

J’aime, de plus en plus, les soirées,
Parmi les sapins jeunes et purs,
Mes pensées par les neiges d’hiver entourées,
En rêvant qu’il y a encore des futurs…

J’aime, les soirs, sur le bord de la mer,
L’effondrement des étoiles dans les eaux,
Les regards venus d’une époque solitaire,
Loin des noires étincelles du monde et son fléau…

J’aime les sources, les légendes, les aigles en vol,
J’attends, parmi les moulins, Don Quichotte,
J’aime beaucoup les soirées de ski à Tyrol,
Et les ours descendus des constellations, dans les grottes…

J’aime, de plus en plus, les soirées,
Même si, dans mon coeur, rien ne resonne…
Ils sont restés, mes souvenirs fiancés
À la poussière, dans le temps de personne.

C’est moi Sancho Panza, Chevalier de l’illusion,
Resté sur le bord du monde, à payer le coût,
Crucifié sur mes questions, vers l’expiation,
Je veille aux moulins du temps, seul coupable pour tout…
.
.
.

Trop humain…

Chaque soir, quand le vent s’endort dans le feuillage
Et le noir allonge les crépuscules de feu,
Les amas stellaires, dans leur immense bâchage,
Descendent pour boire la lumière de tes yeux.

Alors je crie ton nom aux quatre vents,
L’écho répond avec la voix des neiges,
Les saints en pierre frissonnent dans leurs couvents,
Le temps arrête son éternel cortège…

Mais l’aube revient défolier toujours
Les purs pétales dans la sublime rosée,
Et trop humain, trahisse nos pauvres veines…

Je sais, et mon âme portera la peine,
Il y aura un temps quand mon étrange amour
Oubliera le jeu d’éternité…
.
.
.

Le loup

Mon temps, tu cours, jamais fatigué,
Me suivant comme un loup affamé.
Mes pas sont lourds, hésitents, de plus en plus petits,
Tu me poursuis, mon temps, encore grandi.

Je trébuche, je m’empêche, fatiguée, et je tombe.
Comme un loup, tu viens dans la chasse d’une colombe,
Je me traîne encore plus lentement, sans un guide,
Derrière, ton ombre m’accompagne avide.

Avec tes yeux chercheurs impitoyables,
Avec ta faim de bête gourmande coupable,
Sous un ciel qui ressemble avoir été réel,
Peint par un petit enfant, en aquarelle.

Je traîne, les ailes brisées, pourtant,
Je me lève lourdement, en attendant,
Ton souffle comme le vent de miaule,
Et ton stylet qui frappe à mes épaules.

Ô, Loup, arrête la chasse! Un jour viendra
Quand je m’assierai sous un sapin,
Me reposer de tous ces fous chemins,
Et pauvre loup, ni toi n’auras plus existé, sans moi…
.
.
.

Ma Terre Bleue

La légende nous raconte qu’il y avait une fois,
Quelques terres, très sauvages et perdues au-delà
Des océanes et des mers traversées des bateaux,
Sous les cieux envahis des étoiles et flambeaux…

Des terres chaudes sur les bords des terribles histoires,
Où les hommes étaient fiers de leurs âmes et leur noir,
Au milieu des montagnes, des chutes d’eau, et du vert,
Et de leurs vieux tombeaux qui remplissent le désert.

Invincibles espèces d’animaux parcouraient
Chaque colline et vallée, et chaque coin des forêts,
Dans une jungle sauvage, aussi tout comme leurs cœurs,
Des audacieux qui n’ont jamais su la peur.

Mais hélas, le cyclone de la civilisation,
Traversa les océans de sa féroce ambition,
Et sur la croix des armées d’inconnus et curés,
Apporta, sur les mille nuits de contes, le progrès.

Sur leurs terres qui étaient de magiques routes d’espoir,
On a tout cimenté de pathétiques trottoirs,
Et sur leurs jolis rêves traversés des sourires,
On avait apporté la grimace des soupires…

Le monde cache sa pudeur juste comme une maladie,
Et salue un honneur qui vit son agonie,
Les filles ont dix amours en marchant cinq minutes,
Car on donne plus son corps, qu’une pensée qui peu coûte…

Au-delà des océanes et des mers traversées
Des titaniques bateaux et des ailes des fusées,
Il y a quelques places, on les appelle les terres chaudes,
Les forêts de mes rêves, ma Terre Bleue, d’émeraude…
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Poétesse roumaine, Lili Stancu-Violinne publie ses oeuvres en roumain à “Samanatorul” et à “InfoRapArt” :
.
– « Poèmes de Violine » (« Versuri » en roumain)
– « La grotte de la promesse » – pièce de théâtre (« Peștera Făgăduinței » en roumain)
– Roman, en roumain: « Blestemul » (La Malédiction)
– Nouvelles, en roumain: « Tablettes de Ras Shamra »


LILI STANCU

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