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Léonard Peltier, poèmes

décembre 19, 2012

Péché « aboriginel »

Nous naissons tous innocents.
Nous devenons tous coupables.
Dans cette vie tu deviens coupable d’être toi.
Être soi-même, c’est ça le Péché « aboriginel »,
Le pire de tous les péchés.
C’est un péché que l’on ne te pardonnera jamais.
Nous les Indiens sommes tous coupables,
Coupables d’être nous-mêmes.
On nous enseigne cette culpabilité dès la naissance.
Nous l’apprenons consciencieusement.
A chacun de mes frères et à chacune de mes sœurs
Je dis,
Sois fier de cette culpabilité.
Tu n’es coupable que de ton innocence,
D’être toi-même,
D’être indien,
D’être humain.
Être coupable te rend sacré.
.
.
.

Lame de mon esprit

Je n’ai pas de présent
Je n’ai qu’un passé
Et, peut-être, un futur.
On m’a pris mon présent.
On me laisse dans un espace vide
Dont je sculpte l’obscurité de la lame de mon esprit.
Je doit me refaçonner
Depuis le néant de l’espace barbelé.
Je connaîtrai l’extase
Mais aussi la douleur
De la liberté.
Redevenir ordinaire.
Oui, ordinaire,
Cette situation terrifiante,
Où tout est possible,
Où la réalité du présent doit être affrontée.
.
.
.

Cri d’aigle

Écoutez –moi !
Écoutez !
Je suis la voix indienne.
Entendez mon cri porté par le vent,
Entendez mon cri porté par le silence.
Je suis la voix indienne.
Écoutez-moi !
Je parle au mon de nos ancêtres.
Leurs âmes tourmentées vous appellent depuis la tombe.
Je parle pour les enfants à naître.
Ils vous appellent depuis le silence inexprimé.
Je suis la voix indienne.
Écoutez-moi !
Je suis le porte-parole de millions de voix.
Entendez-nous !
Notre cri d’aigle ne sera pas bâillonné !
Nous sommes votre conscience qui appelle.
Nous sommes vous
Pleurant silencieusement à l’intérieur.
Que ma voix étouffée soit entendue.
Que mon cœur parle et dise les mots en un murmure porté par le vent
À des millions de gents,
À tous ceux qui compatissent,
À tous ceux qui ont des oreilles pour entendre et un cœur qui bat à l’unisson
Avec le mien.
Mettez votre oreille contre la terre,
Et entendez le battement de mon cœur.
Mettez votre oreille contre le vent
Et entendez ma voix.
Nous sommes la voix de la Terre,
Du futur,
Du Grand Mystère.
Entendez-nous !
.
.
.

Dans l’esprit de Crazy Horse

Le silence, disent-ils,
est la voix de la complicité
Le silence hurle.
Le silence est un message,
au même titre que ne rien faire
est un acte.
Laissez ce que vous êtes retentir
et résonner
en chaque mot
et chaque acte.
Oui, devenez ce que vous êtes.
il n’y a pas moyen d’échapper
ni à votre être propre
ni à la responsabilité qui est la votre.
Ce que vous faites
est ce que vous êtes.
Vous êtes
votre propre mérite.
Vous devenez
votre propre messager.
Vous êtes le message.

Léonard Peltier
Trad. André Chenet
.
.
.
Un excellent article sur Léonard Peltier et d’autres poèmes ici
9782226115751m


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