Skip to content

Sophie Brassart, poèmes

décembre 17, 2012

Blondeurs intrigantes
le sable épouse l’œil
Soleils attardés

La mer envahie
de plus de chimères
qu’elle ne pourra charrier

Portant sa peine
et ton cœur
dans ses rides amènes

Plateau grisé vainqueur mais
repoussé
brume volcanique
semant le désarroi
densité des flocons
que l’oreille ne perçoit

Au tréfonds du rocher
le jour s’est noyé
le réveil est noir
le rythme est profond
élocutoire

*

Monts désolés piqués de tache rouille
Pylônes muets, courants assourdis
La campagne se tait : par les fils surgit
Parole létale une campagne enfouie

Soupçon de soleil derrière la colline
Voilà le jour enivré
Voici l’ombre fraîche

Jalonnée la rivière n’aura plus d’atours
Sacrifiée à ton règne
Etourdie et fusant
Un reflet un murmure
Dans l’eau le clapotis du
printemps

*

.

.
La pensée du noyau
Dans le sein des seins

L’étrange posé là
*

Sur le perron
Je suis le gardien la gardienne
*

Le vent nucléaire porte la voix

Nucléaire le mot surfin

Entachait nos alvéoles
*

Sur le perron

Je suis l’étendard l’organique
*

Sévèrement
C’était l’appariement

Caressant l’avenir

D’un hochement de tête
*

Tu l’a vu sortir un son

Opprimant le sol.

Tu l’as salué.
*

Tu seras resté,

Posé là.

.
.
.

Nous en silence, vibrant sous la canopée. La nuit fraîche tombe peu à peu.

Nous mâchons lentement, avec amour.
Les corps se massent en boule inerte, puis s’allongent, et se figent à l’estime.

Au loin le bal des branches sublimes, des ombres éparses : l’air exulte de feulements.

L’ombre d’airain se profile avant n’importe quelle autre, puis celle de l’aïeul, des morts, des jours.

La danse des cimes, ce sont nos ombres qui s’étirent au sol, se rapprochent s’alimentent s’enlacent se détruisent se renouent jusqu’à la fin du temps imparti.

Elles sont productrices et sourdes à tout battement du cœur, tellement prévoyantes, si modernes !

Nous sommes sidérés, incapables de résister.

Alors le vent nous rassoit, parce qu’il nous a polis.

*
.
.
.

Ni collines ni statues ni pièces ni corbeilles, le bronze en la mineur résonne de nos pas.
Nous n’entendons plus ni l’orge ni le blé les chèvres et les porcs
Nous n’entendons plus.

Le sol est martelé par le bâton qui chemine ; la main tremble plus, ou moins.
Un bourdonnement monocorde accapare les tempes, puis les cheveux. Le sang afflue dans l’étonnement:

c’est le temps infini la déroute la succession
le mouvement, la dilution,
la ressource

Le serpent se déroule – perte silence pardons- et se perd

Nous n’entendons plus, ne souffrons plus.
Nos pieds avancent, évidemment.

Simplement le souffle : « D’où viens-tu ? Où vas-tu ? »

.
.
.
Sophie Brassart

Documentaliste et formatrice à l’IUFM de Paris, artiste-peintre et poète.
Voici des extraits de son recueil, Du jour, encore. Ce dernier reproduit la démarche qu’elle entreprend sur son blog « Toile poétique », qui est d’inscrire une aventure intérieure dans le fil même des jours, et de nouer un dialogue entre plusieurs formes, figurées ou non.

Voici l’adresse de son blog : http://graindeble.blogspot.fr/
PS : le recueil n’est pas publié à ce jour.

Quelques-uns de ses poèmes ont été publiés dans Mediapart, les revues Landes, Neiges, La Porte des Poètes, LPpdm, FPDV, Mille et un Poètes.


.

profil_ateliers

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :