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Francis Picabia, poèmes (+Manifeste Dada)

novembre 29, 2012

Labyrinthe

La volonté attend sans cesse
Un désir sans trouver.
Le cran d’arrêt passionne l’absence
de gaudriole.
Une cicatrice vers la nuit
profane la réflexion
II n’y a que détachement
incrédule.
On me fait souffrir
parce que je sais l’indifférence
Banalités embarquées sans cesse
sur elles-mêmes.
Les horizons attirent les yeux
de nos sentiments.
.
.
.

LEVRETTE

Mon pays dédaigné souffle
des étoiles
pour dégager la grande injustice
Cet anneau rappelle un amour
dont le sillage s’agite loin du rivage.
Terre de cuivre
harpe enchantée
magicien des hirondelles
ma vie préparée aux aventures
se souvient de ses pieds.
Jamais plus sans douleur
mon chevreuil
aimé
ne verra luire
des draps marqués
en désordre.
.
.
.

Oiseau réséda

Un soir, ses longs cheveux en arrière
la petite danseuse bizarre se faisait une ceinture
avec la fièvre des marais souvenir de promenade
animée elle pressait sur ma bouche un buisson.

Gâteaux de sucre rouge renflement en chignon
où l’église vieille boite à musique
parée avec un collier de perles de petit chien
entra dans ma chambre magnifique.

La nuit mes bras tournoient sur l’herbe
son sourire scintillait par derrière immobile
dans la pièce particulièrement silencieuse
et toujours droite elle s’endormit.
.
.
.

Pyjama blanc

M’interrompant dans mon spleen
Sur une petite pelouse clergyman
Une jolie figure entre doucement dans ma propriété!
Venez sans perquisitions, tout bonnement
Et prenez le chemin des échantillons nouveaux.
Comme vous pouvez le voir je suis extraordinaire,
Je ne sais pas, conduisez-moi
Je veux visiter toutes les pièces
Et pour consacrer chaque instant à une complicité
Je vous ai apporté l’empreinte du petit cachet-diamant.
Je me tracasse encore comme si j’étais un autre
Cela est fort étrange…
..
.
.

VIDE

Deux directions contraires à toutes langues
car les fantômes créent des abstractions
et développent dans leurs formes parfaites
les merveilles auxquelles une coquille
comme on le voit forme entièrement
la parole humaine

Dans ses lois propres
sous l’influence actuelle de la vie
où l’épuisement intérieur du cœur
qui survient du dehors
est le mouvement continu
qui sépare le Dieu qui se cache

Selon la volonté des hommes
les trois rayons impliquent
que l’atmosphère immobile
de putréfaction règne sur cette terre
qui souffre de la nature spirituelle
comme on le voit.

Belle chanson comme l’on s’amuse sur le siège
de la sympathie rousse du piano de cuir
l’exécutant en lunette de flanelle halée
me dit allons voici la chanson de véranda
où la jeune fille aimait un petit revolver
bourré de savoir.
C’est un chanson de marin des écuries
au moment sévère sur le vieil instrument
dans la zone espérée.
.
.
.

Nager

Je suis le mirage au-dessus de la littérature
des absinthes bourgeoises.
Supposition tendre d’alcoolique buvard
auteur fantôme d’un travail nouveau!
La route est discrètement sauvage,
coupée d’illuminations.
La mort, occasion unique des splendeurs invisibles
est couchée sur un lit de repos.
Comme un poète impair,
je suis l’auteur de la mauvaise tenue.
.
.
.

Manifeste DADA

Les cubistes veulent couvrir Dada de neige : ça vous étonne mais c’est ainsi, ils veulent vider la neige de leur pipe pour recouvrir Dada.
Tu en es sûr ?
Parfaitement, les faits sont révélés par des bouches grotesques.
Ils pensent que Dada peut les empêcher de pratiquer ce commerce odieux :
Vendre de l’art très cher.
L’art vaut plus cher que le saucisson, plus cher que les femmes, plus cher que tout.
L’art est visible comme Dieu ! (voir Saint-Sulpice).
L’art est un produit parmaceutique pour imbéciles.
Les tables tournent grâce à l’esprit ; les tableaux et autres œuvres d’art sont comme les tables coffres-forts, l’esprit est dedans et devient de plus en plus génial suivant les prix de salles de ventes
Comédie, comédie, comédie, comédie, comédie, mes chers amis.
Les marchands n’aiment pas la peinture, ils connaissent le mystère de l’esprit………..
Achetez les reproductions des autographes.
Ne soyez donc pas snobs, vous ne serez pas moins intelligents parce que le voisin possèdera une chose semblable à la vôtre.
Plus de chiures de mouches sur les murs.
Il y en aura tout de même, c’est évident, mais un peu moins.
DADA bien certainement va être de plus en plus détesté, son coupe-file lui permettant de couper les processions en chantant « Viens Poupoule », quel sacrilège !!!
Le cubisme représente la disette des idées.
Ils ont cubé les tableaux des primitifs, et les sculptures nègres, cubé les violons, cubé les guitares, cubé les journaux illustrés, cubé la merde et les profils de jeunes filles, maintenant il faut cuber l’argent !!!
DADa, lui, ne veut rien, rien, rien, il fait quelque chose pour qu le public dise : « nous ne comprenons rien, rien, rien ».
« Les Dadaïstes ne sont rien, rien, rien, bien certainement ils n’arriveront à rien, rien, rien ».
Francis PICABIA qui ne sait rien, rien, rien.

Francis PICABIA, Manifeste DADA, lu au Salon des Independants, Grand-Palais des Champs Elysées, 5 février 1920 .
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MANIFESTE CANNIBAL DADA

Vous êtes tous accusés, levez-vous.

L’orateur ne peut vous parler que si vous êtes debout.

Debout comme pour la Marseillaise,
debout comme pour l’hymne russe,
debout comme pour le God save the king,
debout comme devant le drapeau.

Enfin debout devant DADA qui représente la vie et
qui vous accuse de tout aimer par snobisme,
du moment que cela coûte cher.

Vous vous êtes tous rassis ?
Tant mieux, comme cela vous allez m’écouter avec
plus d’attention.

Que faites vous ici, parqués comme des huitres sérieuses
— car vous êtes sérieux n’est-ce pas ?
Sérieux, sérieux, sérieux jusqu’à la mort.
La mort est une chose sérieuse, hein ?

On meurt en héros, ou en idiot ce qui est même chose.
Le seul mot qui ne soit pas éphémère c’est le mot mort.
Vous aimez la mort pour les autres.

A mort, à mort, à mort.
Il n’y a que l’argent qui ne meurt pas, il part seulement en voyage.

C’est le Dieu, celui que l’on respecte, le personnage sérieux
— argent respect des familles. Honneur, honneur à l’argent : l’homme qui a de l’argent est un homme honorable.

L’honneur s’achête et se vend comme le cul. Le cul,
le cul représente la vie comme les pommes frites,
et vous tous qui êtes sérieux, vous sentirez plus mauvais
que la merde de vache.

DADA lui ne sent rien, il n’est rien, rien, rien.
Il est comme vos espoirs : rien.
comme vos paradis : rien
comme vos idoles : rien
comme vos hommes politiques : rien
comme vos héros : rien
comme vos artistes : rien
comme vos religions : rien

Sifflez, criez, cassez-moi la gueule et puis, et puis ?
Je vous dirai encore que vous ê tous des poires.

Dans trois mois nous vous vendrons, mes amis et moi, nos tableaux pour quelques francs.

Francis PICABIA.
.
.
.

Pensées sans langage

Chers amis Gabriele Buffet, Ribemont Dessaigne, Marcel Duchamp, Tristan Tzara, je vous dédie ce poème en raison de notre sympathie élective.

Francis Picabia
.

PRÉFACE

Un courant condensateur désaimante l’étincelle, tandis que l’atmosphère raréfié à l’extréme, sépare les fonds gazeux par une électricité de parafine. Le socle négatif de la machine prend naissance dans une grosse boule, hypothèse d’intérêts de patite taille dans un parc spécial. Les pierres précieuses ont la même dimension accidentellement et en dessous. Par éviter l’indicateur disponible, la bobine de verre aura la forme de pénétration sur la plaque visuelle d’un tube fugitif ou sur une solution simultanément neuve, munie d’un vide égal à la somme des énergies hors d’usage.

Ce livre est radiographie des rayons montrant le mieux la netteté des substances qu’exige l’aiguille fermée.

Udnie.

Pensées sans langage

la tête sur mon épaule
comme réponse à ma pensée
et devant moi une figure imaginaire
rappelle mes flottants souvenirs
végétation jolie d’impatience fiancée
conversation d’amour
qui n’est pas un service militaire
je vois déjà la petite croix
garnie d’un ruban
fumant une cigarette
au-dessus des démolitions

j’ai trouvé la poule malade
laisse-moi t’embrasser
câliner en massages le secret de la vertu
joie naïve de bonheur
regardant la fidélité
qui aime les vœux de chasteté
en fils de madone bordel de soir usé

je m’en vais tout bas gracieusement
comme du velours noir
mon amoureuse d’osier
dans la chambre mariée
chantonne sur ma poitrine
le printemps est aux aguets
dans ma chair
comme moi il cherche une langue de chatte
cérémonie de cul
pour voir l’horloge de soie
dans une lettre d’ambassadeur
grosse bête déshabillée

l’amour mange les petits costumes
des jeunes filles
avec une baguette
habillée en chansonnette
la génie admirateur
des promesses
fait honneur
aux songes chapelet
yeux bleus
de profil

le bon goût devrait être le contraire de l’ennui
il est prétentieux et chatouilleux
comme un des sept psaumes de la pénitence
postiche mémoire
dans la librairie du théâtre animé
des insolences d’une réputation théorie
un joli garçon laisse une odeur de cheveux noirs
hippodromes anévrisme Kohol
il y a beaucoup de coloniaux jolis garçons
air de violoncelle
crêpe de chine sous les jupes
son œil prépare la limite parfum
il fredonne le hasard
dans le corridor dramatique

boire une tasse de thé
comme une femme facile

je ne veux pas de cette aventure
dans l’atmosphère fade
dont chaque signe saisit mes mains
avec une odeur vague
de gens du monde
le potin est une sérénade en chambre
dans l’espoir de tenir compagnie
à la vie d’ennui

remarques auxquelles il ne faut pas prêter la moindre intention
mélancolique cimetière anglais
dont la plupart des habitants
ont une fausse position
au cinquième acte

toutes les oreilles sont surnaturelles
mon valet de chambre est le paratonnerre
des bonnes nouvelles
mourir de faim sera toujours
une source de regrets
si vous raisonnez par-dessus toute la probité
le pain et le sel
ont un costume vraiment pittoresque
mais je ne veux pas vous ennuyer
en vous le décrivant

aider ses amis comme vous l’entendez
pourrait brûler le cervelle d’un fou
mais vous pourriez obliger davantage
si vous n’aviez pas le même calibre

le juge questionnait hostile
elle se mit à sangloter
charges graves de complicité
au dessert
les verreries pâles
s’imposent à l’admiration
en reflets discrets du Nord au Midi
fascination profonde
des raffinés du génie

lieutenant du passé espagnol
qui a perdu ses sens

vous voulez une passion
au-dessus de tout le monde
mieux vaut l’abbé almanach et borgne
car cela revient au même
maladie douloureuse
du progrès social
les régions européennes
ont un caractère militariste

poésie anglaise des problèmes de calcul
fée anti-militariste nuisible
du progrès moral

la nappe est mise toute journée chez moi
affection de vivre avec subtilité
les rues sont vides au Champs de Mars
je suis seul le cigarette aux lèvres
tristesse incurable de fers rougis

concours de tombeaux étalés
qui descendent d’un navire de collection
comme toujours une femme falaise
a un coup de bec sournois
coupé en deux
et l’écume des vagues
a une odeur de poisson fumé
des curieux malpropres dans la nuit
sommeillaient avec un mouvement d’eau-de-vie
enfant mort dans la chambre fausse
gentille et amusante pour la première fois

elle est enceinte
isolée dans le dortoir des humiliantes situations

ma famille rit sur la yole
avec des yeux spirituels
vapeurs symbole d’album
dans un corps champêtre
enlacé dans la campagne impénétrable
comme l’obscurité monsieur le curé
de la grossesse

l’écho chrétien
est une excavation
dans la neige
jusqu’au poitrail
géant goudronné
par le mystère
penché

l’homme cerveau introduisit dans la vie
ce que Dieu n’a pu faire
l’intelligence
Dieu inventa les maladies
l’homme les médecins
Dieu inventa la reproduction
l’homme l’amour
le ciel est froid
sur le bûcher public

connaissez-vous l’amour
l’amour c’est moi si vous voulez
et toutes les femmes ont une ancienne image
et un nouveau chagrin
écho de la torture abrité de gravité
lentement sous la table
la ficelle du docile amant
s’assied dans un lit
côte à côte avec moi
rien que nous deux
fait sourire les femmes
une caresse me ramène la voir
ses mains battent comme un cœur
sur l’idole grasse aux yeux luisants

scène tourbillonnante
comme décor

de la limaille d’or javanais
un coquillage mince entre les cuisses
danse la marche
dans ce corps croquis
la peau poésie accaparée
sourit comme un jeune homme
qui vient d’être présenté
et discret comme un étalage pauvre

vous connaissez le sublime d’une passion bouffie
deux découpures dans le fard des divagations
d’automate cauchemar cosmopolite
la curiosité
s’exaspère dans une haine d’infinie candeur

la charme de l’aube tyrannique
voudrait des enfants violeurs d’ennuis

magnétiquement le lit coiffé de soie
réduit la légende gigantesque du fumeur d’opium

vingt quatre heures à Versailles
saturées d’ennuis
flânerie vicieuse
d’un homme faubourg parisien

gardez-moi de la curiosité
et encore d’autres
vices du chapelet à travers le monde
qui semble endimanché
au contact des vies distinguées
mes compatriotes
voyages exténuants dans l’atmosphère
des muscles ménagerie civilisation

je reconnais la sensation
de mon trac extravasé
les œillades braquées sur moi
nationalistes du théâtre maillot
haleine lourde et ridée
en forme de gare
toute la société inconsciemment
a la hantise du cadavre
mon mal petite idole
devrait me guérir
d’une descente de police
nature qui déforme mon rêve caprice

la pointe du printemps ouvrier
a l’obligation d’ouvrir les persiennes du Soleil
galopades de vaches et valets de ferme
moissonneurs avant l’hiver
d’un beau soir bousculant
les coquelicots d’un songe

aucun mystère femme antichambre
tu empestes la plaisanterie
dans le sommeil des persiennes closes
égratignées d’un regard voyou

toujours insaisissables comme les dollars
les regards de l’amour suprême
vertigineux et sveltes s’enveloppent de luxe
car l’épreuve des beaux morceaux
peut se vautrer
au musée de la lune parfaite
des champs de batailles

toute morale devrait mourir
sous un climat renouvelé d’atmosphère
parasols couchants des terrasses sans scrupules
mâcheurs de fleurs de l’extase androgyne
stupeur qui ricane dans le clair-obscur
des esprits
priez les objets oubliés
vous verrez enfin la peinture cloisonnée
des étoiles candides
dans la cellule du hasard
parfum haillon de grand homme
portant sur l’épaule
son dîner trompeur
récolté entre les murailles d’ardoises
de mon enfance rachitique

le jour est pétrifié dans mon cœur
et tête-à-tête avec mon passé
l’ennui a des nuances jaunes
je le regarde comme s’il devait mourir

connaissez-vous le nez au vent
au bord du trottoir comme de l’eau sale
visage de satyre sous l’air frais du matin de luxe
et le plaisir a un gibier de rendez-vous
spectres derrière une vitre déconcertante
l’espace de l’eau charmant l’ouvrage
garniture de jupon

les contrées lointaines sentent la réalité
bleu exagéré de lumière immobile
vague sourire mal marié
des espèces en face de Dieu

les roses mystérieuses
sorte de pèlerinage sur un petit cheval blanc
démangeaison de la confession sur la mer
amas navré venant au trot
frôlé le long de la route relique
aux aurores de la boulangère

aujourd’hui et depuis longtemps
les ruisseaux ressemblent à des petites femmes
une joie de vivre rêvant tout haut
ça ne signifie rien
pour regarder ailleurs
religions égoïstes de l’humanité
mon visage ressemble aux ruisseaux
mais personne ne viendra
almanach secret des grandes aventures
dans l’escalier
je ne vois rien
mes amis savent tout
feuilles publiques des potins
fabricants de génies et d’imbéciles
opération de toilette
monstres assis dans des fauteuils
illimités

avec des yeux une bouche un nez
sous le fumier aux mouches
les petites fleurs à la surface des marécages
machinalement respirées
dans leur nudités de lumière
éblouissent l’enthousiasme de la luxure
bibelot de haute banque
en manteaux de soir malade

cette dame est plus jolie
qu’une aumône
de monnaie d’or
ensoleillée
par les oreilles des équipages
que mon enfance imprime
une fois surtout

les exercices de sébile
dans une geôle
comme un corps de noces
agenouillé
rasent
des poissons légers

sur une pierre
où nage un acacia pale
et mignon
un cubiste m’a déclaré
que j’étais fou

en silence
peu à peu
le baîllement des rêves
insomnies
attirance du mal caché
appelle
la timidité impossible
des planches grimoires

je suis séduit par les passions abus
les fournitures horloger d’autrui
la poche d’un habit neuf
a un trou
pour voir le rosaire du passé

dans la nuque
son manteau de fourrures
est tombé du nid

je vis ma vie anémiée
frottée aux fards de la nature

la poussière des siècles sait la vie
d’une tête coupée
il faut aimer les individus
dans un baiser aventureux
arabesque des poitrines nerveuses
suggestionnant la tradition
vers la mer

une déesse m’a dit
que son caraco cherchait l’insaisissable
aquarelle nostalgique des religions
sphère éventée dans l’enfilade stupeur
j’ai l’œil dans l’eau
à la lumière des bougies
les tapisseries sont peu sympathiques
et mon cœur demeure habité par l’amour
les tasses vides reposent comme les brumes fœtus
derrière les maisons

la réputation vagabonde après dîner
les bouches encore humides
comme une pluie de portraits
sur un mur couleur irrespirable
du sexe des légendes masquées
l’image des hautes colonnes
où les siècles traînent
évolue autour d’un courant rigide
dans l’architecture de notre vie personnelle
génération qui n’aspire dans cette ambiance
cerclée plastiquement
qu’au pavot du geste rapide

quelles charmantes gens les artistes
attachés aux brancards de l’art
je n’ai pas un sou pour acheter une œuvre d’art

montez tous et restez-là
montez jusqu’aux cuisses à tâtons
tout est froid
les herbes grimpantes
ont une odeur clair semée
cérémonieux microscopes
des générations grises
avant-garde tout éveillée
l’argent sans succès
a des relations mystérieuses
en toilette de nuit
mélancolie pressentiment
anti-physique
sans raison comme le soleil

molles ondulations
intérêts et souffrances
bréviaire de salon
épouse humide aux intentions bourgeoises
un cornet de papier a des sons
l’armoire à glace
symbolique danse du ventre des princesses
mon cœur subsiste dans les Maisons de fous
mimique imaginaire d’un pourvoir spécial
le visage humain ressemble à une lettre suspecte
symbole lucarne des péchés

matelots éveillés aux souterrains intimes
15 mètres de large
sur 23 de long

bijou spécial des nuances effacées
Florence est courbaturée par les mots
arts et beauté
on peut entre les cils italiens
comme une main bleue ou pourpre
en quelques minutes
flairer une tirade apocalyptique

soyeux et luisants devant un minuscule public
les instruments morbides
de bois brodé vision
hors de ma tête ont un sexe et un âge

multiplications inévitables
à l’entresol socialiste
billard carambolage du mariage
coliques de plomb facteur de bonne grâce
mais vous savez bien que cela n’est pas sérieux
les expositions de peinture
ressemblent à un régiment de nègres
et les grands hommes sont des confesseurs
théories d’idéals arguments
car la balance aryenne n’est pas inapplicable
dans les bals populaires

comme la virginité des hommes
celle des femmes est une blague
les vierges ressemblent à l’incapacité militaire
coup de théâtre de la morale bourgeoise
je vois seulement des mœurs lâches
questions d’hygiène
qui ressemblent aux caresses de vingt-cinq ans
donc à peu près comme des enfants
dont l’esprit indocile
avec dédain naturel
sans se soucier du chapitre
boutique d’illusions
met le verrou

résonnance théâtrale métallique
impossible de fantaisie
dans le prolongement
romanesque de mi-carême
le coup des tempêtes est un pneumatique
défiguré par une grimace à la mode
sérénade dénichée dans la turbulence
ouverte sur une cabine carrée
les naufragés sur le rivage attendent
en quelques parties la marche des calligraphes
dans les anfractuosités comiques des muqueuses
tout cela riant aux larmes
sur le yacht au crépuscule
bougie silence

une tache longue et obstinée
jumelle imperceptible des cœurs romanesques
attaque les bons tireurs en face de moi
les faits divers de télégraphie sans fil
joueurs de tam-tam nostalgique
dragées défiance coup de soleil
armes de parade marquées à la panique
maigre et fluette
rien n’est changé
les trafics prohibés scènes de Paris
étoiles et impresario vedettes d’aventure
taille athlétique absolument vide
d’un coup d’œil piédestal aérien

dans les remous moyens des lames
cyclone ferré
en parasol d’autruche
l’heure comiquement a un doigt sur sa bouche
avec des airs comestibles
rascasses au nez chaud
talents mondains cabotins hors de vue
escortent les illusions chères délicieusement
un héros devant une femme
est un être surnaturel comme les langoustes
les pieuvres
et les hautes herbes

tout homme chargé de missions
a des yeux
nerveux aux beaux gestes
accessoires
d’amour docile contre la misère
des cœurs entrevus au ciel azur
or faussés
dans la direction d’artificielle indulgence

il y a un mois une étoile filante
légère et rapide
sous ma fenêtre
tapait à ma porte sous le nom d’estomac
son visage enveloppé dans une large voilette
sauta à terre
mais c’était une photographie
présent et passé odieux
qui réduisent l’heure en schrapneil

il ne suffit pas de produire avec succès
l’hôpital prisonnier
gilets sans boutons
les marches du perron nous fusillent
mal réparable
soldats vins supérieurs d’empoisonnements
les événement de ma vie
se passent dans la sauce
des pulsations de mon cœur
et je fouette les chats
pour me laver de leurs caresses
vous verrez qu’un de ces jours Anatole France
deviendra voyageur au long cours
avec un pensionnat de jeunes filles
d’un pays quelconque

voilà monsieur madame
ce siècle a un charme ravissant
les réformés deviennent inutiles
on a des enfants quand on veut
simple question d’hygiène
pour ne pas en avoir
la sience est antiseptique
l’amour ne l’est pas sur l’oreiller
avoue humblement que tu n’ignores pas les mauvais lieux
aux instants polygamiques

sensualité exacte par dessus la marché
pour la virginité de l’aspect romantique
du mois de septembre
crème à la vanille
ou escamotage dément
des gueules sous le pseudonyme de nature
victoire des feuilles qui tombent
vers l’étage des corruptions divorce

notre vie baisse le nez impassible
comme le ciel réflexions de l’eau Suzanne
scandale des bibelots que mon œil
achève par la suite
trépidation des trains
ou viens jouissances des Messalins
les eaux minérales ressemblent à la musique
Eve et Adam membres de l’institut

valsent dans le salon jarretelle héliotrope
et le baryton est dreyfusard
hier soir le Mont Valérien
s’amusa dans l’air fatigué
du reste de ma tendresse
envers la fausse barbe de la vie

l’art américain blanc et noir
circonlocutions embrouillées
d’alcooliques relations

« Modern Gallery » boutique au premier
a l’aspect romantique d’un carambolage
galerie avec dédicace
c’est ça qui est bon
blonde délicieuse
morale confuse
qui vous étrangle
avec petitesse
momie ou grandeur de cœur
c’est très gentil mais c’est fini cambriolage
ver blanc sur les pelouses à mesurer le pouvoir

insigne bonté ne désespère pas
de m’escroquer le remords ridicule
entr’acte au saut du lit
j’ai malheureusement une rose erreur
le charme fait autour passera
quel soulagement de temps en temps
une blague à la mode
gloire de ne plus revoir
un éloge de gaz pavillon
musique de muffle

les couvertures bleues dorment
à heure fixe
et reflètent le ciel préfecture inanimée

s’aventurer aux Etats-Unis
devient le terme qui favorise
une digestion artificielle
suc gastrique de grenouille élastique
osmose complexe de la vie quotidienne
les microbes des blanchisseuses
s’accrochent au tamis
des dames de la poste
de Potsdam
en souvenir de mon ami
visage de docteur homéopathe cubain
pulsations ondes radiales
des tribunaux infirmes

aujourd’hui sur la terre
le campagnard décroît
concurrence avec recettes
des entraîneurs laborieux

mourir fini de respirer
à grands pas sortie professionnelle
escapade sur la bras du fauteuil
musique dans la tête
les yeux indéfiniment argumenteurs
conseillent le prêtre narcotique
poumons accroupis autour de quelques jours
assise dans ton lit
la vie enfantine de la mort
a la gaité des histoires mécaniques
semelles horloges moribondes

les objets n;ont plus de couleurs
mais leurs ombres ont leurs couleurs
un de mes amis
qui a le clé des docks
pense de même
c’est dans quelque chose d’inconnu
et le ciel habite l’inconnu
quel bonheur
d’avoir un flair infaillible
et de savoir vivre
comme une grande dame
de Shakespeare

long silence coup de poing os
coucher de soleil sur un nez mince
grimace des eucalyptus
dans une cave
il faut descendre pour sortir
amazones dans une église oiseau

la pluie de la mer se fige
le balancier
a le visage mort
confondant l’intelligence résurrection
dans la cimetière locomotive
dint les lanternes brillent
épuisées de fatigues
sur deux roues monstrueuses
géant de café-chantant
dernière rencontre en landau
excès

les mains ont signification républicaine
les moustaches avec rez-de-chaussées
argot limonade
faites passer un sourire aimable
avec envies disputes
hourras

lisez mon petit livre
après avoir fait l’amour
devant la cheminée de caoutchouc
décor nouveau de dévouement
vision que la sagesse marque
de bonne cuisine
grimper dans les milieux sportifs
avec un fil de soie Tenor
bousculer les sexes
avec un éclat de rire
l’éminent peintre moderne
sourit de son talent
ayant servi aux autres
agent de livraison
d’ameublement intrigue
dans une beauté fatale
c’est la plus belle occasion

d’alarme nouvelle
pour tourner le dos

la vie a sa guise
tout bonnement
sans idées généreuses
la vérité paraît médiocre
devant les espaces fermés

un chapeau
est lâche ou courageux

et la lune monte avec impatience
dans l’autre sens
stock d’intentions
déshabillées
qui naissent et disparaissent comme les planètes

tic tac au bain de vapeur
il fait Toujours un Temps admirable aux bains de vapeur
en attendant l’heure le front sérieux
l’intelligence se perd
comme un porte-monnaie

le corps vibrant sans dire un mot
je reviendrai comme si l’air immobilisé
d’embonpoint
à l’abri des excès
était payé par moi

contact d’aventure de goût
petites caresses bonheur sensuel
comme de grands desseins destinés à la gloire
mon amie ressemble à une maison neuve
à une rampe luisante
pouf de soie martyre d’idéal
destiné aux croisades

enlacés par l’amour
sous le voile des romans sérieux
odeur du soleil
dans une ville du midi
gestes lents cravates
montrant des seins de province
le viol silencieux
est mouillé jusqu’à la fin
pas grand’chose

un chapeau de paille d’acacias
sur les cheveux des murs guinguettes
chambre en chambre
nuits passées horriblement heureux
sur les reins pudeur
il y a dans le monde le législateur des bonnes consciences

que le ciel châtie
piment quotidien
ambassadeur secrétaire
pour l’étude des plantes
conjugales

renommée aux plaisirs inféconds
démolisseur de ruines
pauvres toasts
voiture auréole échouée sur la mer
où s’enlise le gouvernail paroissien
la machine à coudre argentée

amuse mes yeux
dans le luxe
d’une bouche mariée
jupe courte
gaz de fourchettes allumées
chamarrées de monnaies adulations
dans un verre ouate
ou les dents whist
splendidement possibles
sous la lumière à tâtonnements
jettent les fiancés sur un lit trouvé

panier à ordures nuptiales
les femmes se parlent à elles-mêmes
deux amoureux
s’embrassent avec luxe sur la bouche
sourire emporté
extase de la chaleur sur le siège
du boudoir
infini fatigué

des yeux clos
strictes politesses
les imaginations ont le regard fixe
le ciel est en bas
et la terre est en haut
sous la promenade des corbeilles
l’enfer est sous-marin
barrant la route
mais la monstrueuse vie
a des cheveux en bandeaux

la misère est illustre
comme une dieu triomphant
en gestes circulaires

elle a la couleur dans petits bas gris
belles courtisanes sous l’avalanche
des ambitions

d’un seul bond sublime but
d’être si pur

tendresses de poèmes dans la solitude
qui déshabille les rires du Théâtre

le bonheur des autres traverse la rue
vers l’inconnu rallumé
au fond
vers les étoiles lumineuses
camarades des soirs sans corsets
gestes extravagants des bagages entr’actes
emportés vers l’idéal bourgeois

les voyages des araignées
magnifiques rythmes
vêtus d’un peignoir surprise
en palissandre de l’âme pendule
sur le marbre des visites
personne guéridon
vin d’Espagne débraillé
venu de là

où la vendeuse de l’herbe morte
avec un crêpe autour du sein
travaille à son gré
serrée par le froid
qui voltige
comme un colosse
avril post-scriptum
chronique d’un trou presse-papier
il faudra une contrebande
en ouvrant les tiroirs du hasard

chez un marchand de primeurs
les étiquettes
m’effleurent aux tempes
j’adore les drapeaux qui ont des petites noms de guerre
dans la bibliothèque bonne binette
quelle différence
avec un serviette en maroquin
Paris critère de l’intelligence
à ruban rouge
au détriment
de l’amour
et des chants

ô mes contemporains
je ne comprends pas vos chiffres
vous avez tous l’argot juif banquier
couvée de guenilles
habits noirs des amateurs parvenus
ivresse difficile
et digestions lentes
de l’approbation de l’argent
en chausson élastique
au soleil sang pur
et regret de la siphylis espagnole
et du nègre acrobate
monstrueux congénère
mains nonchalantes
heureux du monde
confiance publique
à payer son loyer

amour étonné
n’est-ce que cela
le foyer est en débâcle
et la femme amoureuse
cherche le diamant perdu
il faut à coup sûr
ne pas traîner des poids lourds
regrets anatomiques
ou boutiques démodées
bel endroit pour s’y tenir
mais le tourbillon
continue avec ses armes

vous savez que j’ai besoin
des perspectives de brouillard
et d’un bout de chaîne
négligemment distrait
canot automobile
comme les lunatiques conséquences
d’un stéréoscope prolongé
dans un café turc

la pluie tremblante tombe douce
parmi le supplice futur
d’un besoin chuchotement
de luxures
rêves de nuit précis et pratiques
puissance dans un miroir
les détenus semblables
contre les murs sans draps
regardent l’heure absente
sans indifférence pour l’avenir
et bercent les grilles cruelles
avec des petites yeux garantis

un malheureux sorti de prison
marche en silence au bord de fossé
des chimères bohèmes

peu à peu en sifflotant
la bougie s’endormit
et ronfla

jusqu’à l’horizon le bonheur
coiffé de place en place
met le feu aux hannetons des sciences
les uns sur les autres
et la mer jette en l’air les idées
des ornements habillés en polichinelles
mondains —……….

Terminé à Paris le 28 Avril 1919.
P. S.

A tous ceux que démange l’envie de dire que ce langage est sans pensée je conseille la visite dangereuse du jardin zoologique
.

.

UNIQUE EUNUQUE

Essayons l’heure actuelle
Dans l’alphabet chasse gardée
De l’ombre lentement
Véritablement livres sterling
Sous virginal louis cou cou
Qui fait domicile conjugal sous la pluie
Mais riant plus fort le café
Est à sept kilomètres capitale
Le petit chacal des sornettes
Ivres d’alcool gentilhomme
Au milieu des femmes camarades
Avec leurs tendres bouches porte-plumes
Photographie l’œil de l’amour
Antique garniture illuminée noir
Bicyclette l’horizon vers
Etiquette sein le dans
Corbeau grand d’un enceinte est
La Société des Nations
Chameau d’un ou
Aux épices cauchemardesque d’Annunzio
Je considère le genre américain
Cuivre d’armoire une
Utile énormément
? ? ? ? ? ? ? ? ? Quoi mais
Ecoute la Terre côte à côte
La prière avec la bibliothèque en peau de lion
Soutachée de missions
Volupté d’aiguiller le refrain total
Voix monotone de ministre
Pipe revolver fesses nues continuez
Vous allez comprendre piteux cavaliers
Je préfère un coiffeur accroché au mur
Dansant comme une plume
Sur mes joues
Rient des jambes légères
Paralysie mosquito
Dit manucure prend la banque
Quarante et trente du
Etroit, très nez
Allongé visage
Blanc teint
Néant barbe
Particulier signe
Souple et mince
Subsiste qu’il savez-vous
Lama sombré
Dynastie de la lune
Permettez-lui entre nous
D’évoluer comme une statue
Avec l’arc en ciel de Cluny
Caumartin Astra niche la à pareil tout
Abat-jour du monde l’homme de
Grand Duc
Renifle jaune pâle
De cuir roux bonheur
Rouen rose dentelles des cou le sur
Doublées de haussements d’épaules
Deux rois dans les mains
Dessous en mais
D’or chevilles reine
Palpite
Le dessert voilà
Un peu ivre
Encrier un dans craie de
Grue romantique
Vêtu de berlingots entrechats
Miracle de désinvolture guignol
Martèle le palais inexprimable
Des étoiles surexcitées
Le complet désintéressement
A paroles bélier petit
Hébète le tison rouge du monde mort
Store laissez-lui le cristal
D’un truc romantique
A l’école des bouquets couplet aveugle
D’une intelligence supérieure périmée
Pense furet
Rondes jolies bien de
Loués talons ses dans jusque
Simplicité bonté
Verra on
Cette extraordinaire idée
Dans les poches de sa vie
Son cœur herbes fines
Es-tu converti heures supplémentaires
Iodure de potassium catholique
La caserne derrière
Histoire des vérités maladroites
Je ne sais si vous comprenez
Les femmes vis-à-vis
Amertume des idées
Qui marquent la fin unique de l’homme
Laisse-moi songer lecteur à ton sort
Bonheur ton assurent qui cage ta de barreaux les
Dans une mine de houille
Prétendent aux possessions de champs de blé
Déboires empêcheriez-vous un rêve serein
De vivre dans un infatigable sourire
Invoqué aux heures bambins
Pourquoi les flutes bousculades
Sont-elles des carnets de poche
Additionnés sans cesse
Pour une religion consolatrice
Comme le morale du Christ
Royaume égoïste
Au musée du Louvre
Rues quand je serai vieux
Fatigantes comme un chien
Mon livre quotidien bonhomme
Sur les grands boulevards
Loin de Paris
Sera le monde erreur succès
Charles Floquet les yeux obstinément fermés
Mouche le parapluie enfant
Et nos propres pensées
Sont les bavardages quotidien misères
Qui sourient à des maniaques
Que nous aimons bonheur culot
Du mal d’estomac
Le vol des avions éphémères
Dirige le rêve de la patience W. C.
J’aime les croyants du tabernacle
Qui plongent dans une vague
Monde au
Radieuses larmes de écrin
Sommes-nous complètement mordus
Toujours pas assez
La fortune ennemie pompeusement
Nécessaire
Aime la solitude
Loin plus
Influence de couleurs souvenirs
Visage ton
Pauvre étrange colifichet
Des idées
Mais jour un passer pas
J’ai le monde derrière moi deux fois par jour
Passions et élégances extérieures
Méchanceté évidente ‘l
Tombera de leur mains
Comme une cravate
Avec les grandes manœuvres barbaries
Machines dangereuses
Les yeux s’ouvriront avec stupeur
Epris de paix déesse
Seront assurés sans contrôle
D’apprendre aux héros
Le bonheur serein
Aux visages crispés de rancune
Faubourg noir
Les compagnies humaines
Sous l’uniforme se déshonnorent
Tarantula avec femme
Personne à personne
L’illusion est belle
L’éternité
Est un regard éclair
L’espace sans cesse pressé de loin
Ne possède rien
Amphitryon dans le métro
Regardant les payés
La minute suivante
Se défend contre ta joie
Et ne cesse de te tromper
Au mépris de ton intérêt
Improvise une nouvelle intelligence
Pour les jours suivants
Et puis rappelle-toi
Que l’univers a une mesure unique
Pour les autres
Il faut que tu deviennes un obus monstrueux
Le cubisme capte les salamandres
N’ayez crainte
Elles ont le ventre orangé
Pour admirer un tableau
Dont la philosophie beauté
Source pure
Soutient l’âme sensible
Des accessoires
Il faut autour de soi
Le système de l’évocation hardie
Une voie élective
Ecole du génie
Les actes de ta vie
S’inclinent comme un pauvre
Et ramassent les miettes
Grandeur des belles inventions
Tu refuses la manne authentique
Pour la sottise perdue
L’avenir Bergson
Est insupportable
J’aime mieux cette ordonnance de docteur
Le rêve fait surgir les images en reflet
La silhouette (c’est ce qui passe, l’indéterminé)
Le reflet (la silhouette en double)
Le relief (la stratification des images)
On incarne des gens qu’on ne connaît pas
On s’imagine qu’on les restreint
Personnalité qui revient d’un autre monde
Pour voir dans ce monde ce qu’il y a à réaliser
On communique de Paradis à Paradis
Plus vous riez plus votre œil est mort
Bains de soleil
Plonger dans la mer
L’œil s’éteint pour se revoir en dedans
Lis lis
Les pensées heureuses de ce docteur
Sont simples et vagues
Semblables au mépris des hommes riches
Stérilement salutaires
Comme le rire de la mémoire
A travers les actes de la vie
Les générateurs sont des gens
Qui recoivent de la suie sur leur tablier
Ajoute le docteur
Mangouste
Semblable au mépris
Sur le chemin radieux de l’avenir
Trouve plus de charme
Au palmier à cheveux blancs
Aujourd’hui il regarde la vitrine intérieure
De ceux qui l’entourent
Elève chaque jour son âme
Malgré tout
C’est à travers les Rolls Royce
Que la curiosité maladive
Ensemble le bonheur Trésor
Nid répugnant
Laisse-moi te contempler
Avec regret
Parents infirmes
Votre besogne n’est qu’un recette additionnée
Animaux engourdis
Que faites-vous en ce monde insensible
Des ébauches de lois
Trônes des cabinets
J’ai fait caca dans un Tabernacle
Avec rythme
Le violon calorifère nie et cherche
Les croupiers de la roulette embryonnaire
Le malheur des joueurs
N’est pas à dédaigner
Substance gris à pile ou face
Zéro
Finit la série favorable
Baccarat d’une existence humaine
Rouge
Noir
Demi chance carrée
Huit et neuf
Baccarat pilule
Debussy n’a jamais été vivant
Sur la boule
Petite boule
Fille d’un sinistre personnage
Flux et reflux des intériorisations cosmiques
L’horologe est insuffisante
Pour marquer les heures qui se cachent
On a l’impression peu à peu
Que l’intelligence est un procès verbal
Victor Hugo
Appartient directement
A l’écho rétroactif du cœur
Dans un lointain élan sans horizon
Foch fidèle à la parole donnée
D’être glorieux dans son histoire
N’a rien à perdre
Caruso pot de miel
Est un couvercle
Le lion chouette
Mécanisme idéal
Son argent est ovale
Dans plusieurs sens superposés
Blanches mamelles
Hors de leurs coquilles
J’ai inventé un système
Qui petit à petit
Sous la menace d’un revolver
Serre la main du vestibule
A une heure du matin
Il existe une histoire
Aussi illimitée que l’univers
Illusions optiques que nous connaissons
Nous ne savons rien
Ancien destin monde ce de
Tous les tableaux sont morts et continuent de vivre
Avec leurs maladies contagieuses
Des précisions mathématiques
Pour loger à mon grand regret
Un compas dans l’obscurité profonde
Ouistiti me ravit
Gravement vannerie de professeur
A voix très lente
Au-dessus des humains
Il mange l’érudition invisible
Picaflor de plus en plus Chopin
Amis des porte la sous travaille
Au lycée des pensées infinies.
Du monde le plus beau
Architectures hyménoptères
J’écrirais des livres d’une tendresse folle
Si tu étais encore
Dans ce roman composé
En haut des marches
Illusions besoin d’amours nocturnes
Je suis couché le long des fortifications infinies
Et j’écris ces lignes
Pélicans du boulevard Lannes succès
Vers l’humanité contraire dans un motif à pattes
Le ciel de nos têtes
Le mouvement de nos pensées
Bon voyage femmes honnêtes ou non
Maladroites ou splendides
Votre métier est idéal dans les bordels
Chaque maison de passe
A des oscillations chastes
Quand je réfléchis à la syphilis
Qui se répand
Comme des étoiles filantes
Que c’est bon
Nous nous entendons
Les boisons alcooliques
Sont des paroxysmes embrouillés en amitiés stupides
Il faut aller au cirque
Pour faire lire ses poèmes par des clowns
L’avenir n’existe pas quoique j’aille mieux
Souvent les sceptiques dans la souffrance
Triomphent complètement des superstitions
Grandes actions
Les gens de bon sens
Méprisent les consciences illuminées
Sous une tempête de neige en auto
Le Traité de Paix que je veux dire
Siège dans le monde de théâtre
Par-dessus la table
La grève générale rend idiot l’amour
Dans un cerveau Beaux-Arts
Comme un employé de bureau philosophe
Habitué sur la place publique
A voir une bouche rose tendre ses lèvres
Jusqu’à
Je m’associe aux putains du catéchisme
Pour protester dans l’éternelle inquiétude
De mon père
Fiche le camp est mon soutien
Et les sucreries ne sont plus rien dans mon estomac
C’est profond et mélancolique
De telles choses réveillent la force de la pensée
Et cet endroit moins banal
Que la campagne suisse
Avec un monsieur terrifié par ce poème
Du boniment
Ma sœur va se mettre à l’air
Jusqu’au suprême lapin du jour
Vous n’êtes pas heureuses
Malgré la splendeur de vos yeux
Naturellement vous cherchez le soleil carton
Un homme éclairé par une lanterne
Les baisers ne se donnent pas avec les lèvres
Les cheveux calicots café concert
Ne devraient jamais monter votre escalier
Escalier des énormes visages déménageurs
Horribles avant et après déjeuner
Sauf pour les croque-morts
Louise Andrée Marcelle Germaine Madeleine Marie
Les grandes fleurs de l’Afrique
Ressemblent aux parquets des Musées de la morale
L’herbe pousse toute mignonne
Dans la mélancolie
C’est profond depuis si longtemps
Que les premiers balbutiements chassent les heures de sommeil
Merveilleux concours
De phrases froides pour s’embrasser
Chaque tour de roue sous ma fenêtre
Me donne le désir de ne plus sortir
Je suis nerveux
La bonne balaie
Elle ressemble à une bête pourrie
La vie est adorable
Je n’aime pas les inaugurations
Le ciel est sous mes pieds
Avec ses richesses Nabuchodonosor
Tout et rien c’est la même chose
L’eau de Lourdes peut dépanner une auto
Demi femme demi chien demi bière
Pine mate
Et Vagin brillant
Les aumônes bariolées
Ont un éperon de bronze
Tout cela c’est une impression
Mais c’est quelque chose
Oui soleil lune et toutes les étoiles
Qui avez l’air de me sourire
Votre beauté est une chose inconnu pour moi
J’aime la guerre les épidémies les accidents
Qui grimpent après les larmes joyeuses des passions
Allemands les déteste je
Guerre la pendant que cela pour est’c
Possible loin plus le reste suis je
Maintenant je vais tâcher de les voir de plus près
Avant comme
avant le labyrinthe du thon salé
Dites-moi si c’est vrai
Que les officiers de marine s’accouplent
Avec les crocodiles qui somnolent sur les plages
Dites-moi qu’il y a encore des dragons aux écailles de brouillard
Dites-moi merde si vous voulez
Goutte à goutte sur ma couche les merveilles du monde
En nœuds roses
Viennent entendre ma voix
Il faut se rouler sur les cimetières
Notre rédemption est un chemin
Ainsi homme vigoureux regarde
Mais regarde donc tes formes antiques
Tu chantes la liberté
La main dans la main
Avec les rossignol à plumes bleues
Hélas rien n’existe que dans tes suggestions
Demi voilées par l’humidité qui te contorsionne
Les fleurs printanières sont des vêtements pauvres
A côté d’un miracle divin
La mort de jade
Dans une tasse d’or
Les globes électriques sont hystériques
Comme des prisonniers heureux de devenir fous
Il n’y a pas de simulateurs astringents
La plupart ont faim
Faim d’argent
Faim de viande
Faim de n’importe quoi
Faim de violettes si vous voulez
Les journaux ont l’orgueil stérile
Journal du Peuple comme le lynx
Tu as de grasses pattes de velours
Action Francaise
Bordée de flanelle rouge pipi
J’aime mieux les bords du Nil
Le bruit des plantes qui poussent
Avec leurs tuteurs
Les bureaux de placement interdits
Le gardien de la veine
La musique quelle beauté de vapeurs besoins
Ses vibrations empanachées illuminent la route de l’esprit
Bouillie pour les chats
Le luth évoque quelque lac gris
Bouc asperges presqu’île Bosphore
Lapin albinos dirige ses yeux monolithes
Au milieu des plumes Bouc
Les Rag-Times luisent comme les odeurs du désaccord
Mélodie d’une rame sur l’eau
Les Tambours bandent
Les voilons sont des coquillages en bois pofi
Les remord se chamaille sous l’ombre des morts
Avec du fer blanc
Les enfants sont les gardiens de la vieillesse
Je connais un petit garcon symbolique
Dont l’enchantement est de s’agenouiller devant le Diable
Pour demander un mouchoir linotte
Comme celui de Juliette Roméo
Paris New-York
Vous êtes des villes ballons
Qui flottent et tombent en miniatures sur des cartes
Parfois dans un volume au milieu de l’œil
Epanouis de désire dotés
Les villages sont les échos minuscules
Des baisers des grandes villes
Baisers donnés pour évoquer les souvenirs
Du silence
Comme l’honneur
L’honneur est une lâcheté
Vos cervelles gesticulent
Idiotes et flétries
Jacques Henri Georges Paul Maurice Jean
Vous parlez tous hébreux de l’Institut
Sous les rubans rouges et violets
De l’huile de foie de morue
Rive gauche
Rive droite
Je vous demande la permission
De rester vagabond
Mon ami le docteur cubain
Me dit qu’une voyante prédit
Le plus bel avenir
En lisant sur le dos de la main
Mais en cet endroit
Les chansons folies
Sont d’épouvantables hasards
Qui vous mordent les doigts
Avec précaution
Nouveau de suivait cabriolet le
D’inquiétude sorte une
Demoiselle une même
Pianos les sur
Tombée chez païen
Entr’ouvre un canapé.

Paris, 6 janvier 1920

Site sur Francis Picabia
.
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