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“Pour exister, la poésie passe par la chanson”

novembre 28, 2012


Entretien avec Andoni ITURRIOZ / artiste, membre de Je rigole

Cécile VIGNAU

De la tradition à l’expérimental “le plus débridé”, le groupe Je rigole sort son premier album Qui chante le matin est peut-être un oiseau. Mené par le chanteur et poète Andoni Itturioz, le trio Je rigole compte avec Xuan Lindenmeyer à la contrebasse et Jean-Brice Godet aux clarinettes. C’est naturellement que le Senpertar de souche revient pour un concert à Larraldea le 7 décembre prochain (contacter christelle.florence@gmail.com pour les personnes intéressées). Dès demain, Je rigole est également sur le petit écran, sur France2 pour Cd’aujourd’hui. Andoni Iturrioz retrace à présent son cheminement, du texte à la chanson, pour présenter cet album singulier.

Comment a abouti ce premier disque ?

J’ai passé ma jeunesse à voyager, prenant au fait qu’il fallait vivre ses rêves. Mais j’avais un vieux rêve au placard : faire de la musique. J’ai donc décidé de faire de la musique dans ma vie avant même de savoir en jouer. Vers 26 ans je me suis mis à la guitare, dès les premiers accords j’ai décidé que je ferai ça dans ma vie. Ce qui a entraîné pas mal d’années de désert, évidemment. J’ai toujours écrit des poèmes, j’avais donc déjà une identité artistique. Du coup j’avais un vrai décalage entre cette identité et le niveau technique. J’ai passé des années à essayer de le combler. Je suis monté sur scène la première fois à 31 ans, au même âge que Brassens. Au fil des rencontres, Je rigole s’est créé, et l’album est enfin arrivé.

Tu as un petit côté punk, d’où cette envie de faire de la musique avant de savoir en jouer ?

Tout à fait. La musique n’est vraiment qu’un outil, même si j’adore en faire. C’est d’abord la rage et l’énergie qui m’ont fait faire de la musique.

Tes musiciens apportent une vraie valeur ajoutée aux chansons…

C’est pour ça que nous sommes un groupe. Je n’ai pas envie de chanter sous mon nom. Déjà parce que je pense qu’il y a une différence entre l’identité artistique et l’identité propre. Jacques Brel disait : “Jacques Brel n’existe pas. C’est moi, mais X personne au piano, X personne à la composition, etc.”. J’ai voulu d’entrée marquer cette différence d’identité. Mais au-delà, avec les rencontres et le temps, c’est devenu véritablement un groupe, avec la valeur ajoutée de Xuan Lindenmeyer à la contrebasse et Jean-Brice Godet aux clarinettes.

Quelle place accordes-tu au texte ?

Les textes sont ce pour quoi je fais de la musique. Quand j’ai découvert la scène, j’ai trouvé ça passionnant, mais ce n’est pas pour ça que je le faisais. La musique c’est pareil : c’était un vieux rêve, mais je ne me considère pas comme un musicien “naturel”. Le texte est vraiment le fond du projet. Le problème est que quand on écrit des poèmes de nos jours, tout le monde s’en fout. Du coup pour exister un peu, la poésie passe par la chanson. Évidemment j’ai quand même un bagage de chanson, j’adore la chanson, je ne suis pas le poète frustré qui fait de la chanson. Mais ça restait quand même un moyen d’agir sur le monde et de le toucher.

Tu animes des ateliers d’écriture dans ce sens ?

Source : Le Journal du Pays-Basque 22/11/2012

L’écriture est ma passion, il ne faut pas me bousculer beaucoup pour en parler. Autre chose : on avance avec deux pieds. Un pied est la création artistique, nous sommes dans un créneau assez pointu de chanson telle qu’elle devrait être – et qu’elle n’est plus beaucoup-. L’autre pied est la pédagogie, rappeler aux gens leur patrimoine culturel, dont fait partie la musique à texte.

Tu penses que la chanson à texte joue un rôle social ?

Ce n’est pas le but de la chanson française, mais quand les humains s’expriment, il y a d’emblée un rôle social. Le vivre ensemble s’exprime. Mais il n’y a pas que ça. La chanson française, c’est d’abord chanter des mots plutôt que des notes. Au contraire, les Anglo-Saxons chantent des notes.

Pourquoi avoir choisi Je rigole comme nom de groupe ?

Dans les conversations, j’ai remarqué que pas mal de gens disaient des vérités, mais avaient du mal à les assumer. Pour les arrondir, les désamorcer, ils disent : “Non, non, je rigole”. C’est ce “je rigole” là.

C’est important de venir présenter ce travail à Saint-Pée sur Nivelle ?

Évidemment, j’y ai passé mon adolescence, mes parents y vivent. Un public nous y suit, du coup, et ça fait vraiment plaisir de revenir chanter au pays.


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