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Jack Spicer, poèmes

novembre 23, 2012


Il n’y avait rien au bord de la rivière
Rien que de l’herbe sèche et du coton candi.
« Alias », lui dis-je. « Alias
quelqu’un ici voudrait qu’on boive la rivière
quelqu’un voudrait nous donner soif. »
« Kid, dit-il, ce ne sont pas les rivières
qui veulent pieger les hommes. Aucune
méchanceté en elles. Essaie de comprendre ».
Nous étions là au bord de la rivière
et Alias enleva sa chemise et j’enlevai la mienne.
Mais je n’avais plus aucune réalité. Alias non plus.
Ni le grand cotonnier, ni la terre ferme.
Ni la petite rivière.
.
.
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TH

Cet océan, humiliant dans ces déguisements
Plus dur que tout.
Plus personne n’écoute la poésie. L’océan
Ne veut pas être écouté. Une goutte
Ou trombe d’eau. Cela ne veut
Rien dire.
C’est
Le pain et le beurre
Le poivre et le sel. La mort
Que les jeunes hommes espèrent. Sans but
Cela se brise sur le rivage. Signaux blancs et sans but. Plus
Personne n’écoute la poésie.
.
.
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Livre I, chapitre I, Le bureau de la lettre morte

« Vous ne pouvez pas fermer la porte. Elle est dans le futur », dit l’histoire française alors que cela naissait à Charlieville. C’était avant la Guerre Civile et je ne pense pas que même James Buchanan était président.
Il y avait un bureau de la lettre morte dans chaque village français ou ville ou cité de la taille de Paris. Il y en a toujours. Rimbaud était né dans le bureau de poste de Charlieville. Il était un grand enfant.
Apollinaire avait l’habitude de jouer au golf pendant que d’autres tiraient à la mitrailleuse. De gros papillons essayaient de le libérer des libéraux minesprits. Mais Rimbaud rampait jusqu’à la page qui le démarquait de ses neveux.
Cela était né.
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La radio qui m’apprit la mort de Billy The Kid
(Et le jour, un jour chaud d’été, avec des oiseaux dans le ciel)
Laissez-nous inventer une frontière – un poème où quelqu’un pourrait se cacher avec la troupe du shérif après lui – un millier de kilomètres de cela si cela lui est nécessaire de faire un millier de kilomètres – un poème sans virages durs, sans maisons pour s’y perdre, sans filets dissimulés de magie habituelle, sans vendeurs juifs new-yorkais de pyjamas améthyste, juste un endroit où Billy The Kid peut se cacher quand il tire sur les gens.
Jardins des supplices et trains touristiques. La radio
Qui m’apprit la mort de Billy The Kid
Le jour un jour chaud d’été. Les routes poussiéreuses pendant l’été. Les routes allant quelque part. Vous pouvez presque voir où elles vont par-delà le violet sombre de l’horizon. Pas même les oiseaux ne savent où ils vont.
Le poème. Dans toute cette distance qui pourrait reconnaître son visage.

Jack Spicer, Billy The Kid (1958), dans c’est mon vocabulaire qui m’a fait ça, éditions Le Bleu du Ciel, 2006, p. 121.
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Une étoile de mer morte sur une plage
Elle a cinq branches
Représentant les cinq sens
Représentant les blagues que nous nous ne sommes pas racontées
Déclare la terre plate
Déclare les autres personnes humaines
Mais laisse cette créature s’étendre
A plat sur nos sens
Comme un amour
Préfiguré dans la mer
Qui mourut.
Et vinrent à l’eau
Tous les océans
De l’émotion. Tous les océans de l’émotion
Sont remplis de tels poissons
Pourquoi
Est-ce que ce mort est d’une telle importance?
Mourut
Avec le sang bleu du coeur, le marron
De la méconnaissance
Le violet du sans importance
Elle s’étend sur notre plage pour être couronnée.
Violettes
Sont les étoiles de mer
Et l’amour. Et l’amour
Est comme rien que je ne puisse imaginer.
.


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