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Voir le poète derrière le slameur

octobre 16, 2012

Source : La Presse.ca 12/10/2012


Des planches de la scène de l’oralité d’où il a crié haut et fort ses allitérations, David Goudreault fait le grand saut à l’écrit. Celui qui affiche bien en vue son étiquette de slameur lance Premiers soins. Un recueil de poésie à travers lequel il montre que les deux disciplines peuvent se côtoyer, une oeuvre venue panser des blessures et qui confirme que l’écriture comme une thérapie, ça fait du bien.

Le David Goudreault que vous avez croisé sur une scène d’ici ou d’ailleurs est radieux, positif, léger et heureux. Celui qui signe Premiers soins semble peut-être plus sombre, mais partage les mêmes préoccupations.

«Du côté du fond, ça reste quand même mes préoccupations habituelles, soit les relations humaines et la résilience, lance-t-il d’emblée. Si elle est sombre, ma poésie reflète aussi l’espoir puisqu’il y a toujours de l’amélioration qui pointe à l’horizon.»

Tel un jeu d’ombres et de lumière, le poète dévoile ainsi des parties plus claires et d’autres plus graves. «Il y aura toujours des parties sombres dans ce que je fais parce que c’est ça la réalité et c’est la réalité à laquelle je fais face dans ma vie et en tant que travailleur social. J’ai eu des périodes plus difficiles, plus sombres, desquelles je me suis sortie. Je crois que ça aussi, ça transparaît», confie-t-il.

Comme des baumes

Dès les premières pages de Premiers soins, le lecteur entrera ainsi dans l’univers aseptisé des hôpitaux, dans un milieu où l’ambigüité de la santé mentale côtoie la santé physique. Et dans ce récit en vers libres, on croise une foule de personnages plus ou moins fictifs, mais on retrouve aussi l’auteur.

«Il y a plusieurs blessures que ce personnage porte qui m’appartiennent. Je donne des indices sur ce qui peut soigner ces fractures psychiques, mais ça reste d’abord et avant tout une oeuvre littéraire. J’évoque aussi la thérapie par l’écriture et en ce sens, ça me ressemble beaucoup.»

Au coeur de ce recueil se retrouve également un combat, voire un défi ou une bravade, celui de dissocier le slammeur et le poète. «Je ne renie pas du tout la scène de l’oralité, mais je voulais faire quelque chose de différent. Je voulais démontrer que l’on peut performer sur scène et à l’écrit, que l’on voit le poète derrière le sla- meur», indique-t-il en revendiquant du même coup le fait que le slam soit une forme de poésie.

«Le tronc commun de tout ça, c’est l’écriture», ajoute celui qui, en plus d’être slameur et poète, se fait aussi conteur, parolier et nouvelliste. Dans cette volonté de distinguer les deux disciplines, David Goudreault a même dû faire un travail de déconstruction. «C’est différent du slam et de l’oral où je joue avec les allitérations et les sonorités. Parfois, j’ai fait un travail de déconstruction pour me ramener à l’écrit. Au final, c’est un recueil qui me ressemble et dont je suis même assez fier.»

La page tournée sur ce recueil, les mots coulent toujours autant pour lui. «Les idées foisonnent en ce moment. En fait, je manque rarement d’inspiration, mais bien de temps. En plus, je n’ai pas envie de choisir au niveau artistique, je veux continuer à travailler, à donner des ateliers dans les écoles, à slamer, à faire de la musique et à écrire», conclut celui qui reconnaît être dans une période très créative de sa vie.

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