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Isabelle Garron, poèmes

juin 15, 2012


Corps Fut (extrait)

.
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plus tard .plus vite encore .un matin de course

par la cheville dans l’automne achevé

.

plus tard donc en un crac

.

fixant tel le vent mon genou à terre son point d’arrêt

l’espace nouveau fut donc comme ouvert

.

–suivi par ma claudication

.

puis à l’écoute des talons sur cette scène nous revoir

nous exclamer .ensemble –chantons ! dansons

.

faisons feu .feu &fi du miracle !

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faisons fi du miracle s’il vous plait -chantons sur le retour

sois d’ironie .sois blessée – en chemin .banc

après banc .traversant dans les clous

.

humant les rôtissoires sur le pas

des boucheries fi

du miracle !

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moi en sueur .identique à cette heure dont je

parle je pus n’avancer

qu’un corps

.

un corps après l’autre

a fool] qui de temps

en temps renâclait

.

en plein air et à zone

trop découverte

aussi

.
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je passais alors devant le plancher d’un fou

exposé sur un mur d’hôpital et

lacéré de paroles

.

de même je lisais chaque jour

au sol le merveilleux ancien

lit de bras mort

.

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.

tu sembles d’ailleurs tu continues de marcher

sur ce cours d’eau enseveli

.

nous sommes en septembre et d’ici

à la fin de toute idylle

.

il n’y a toujours qu’un pas

une pie .des tons ocres

.

un besoin de hurler aussi

dans le paysage

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un pas puis un autre fut donc fait .au feu

toute ! à gauche ! lorsque nos

.

vœux furent formés .les lacets noués

au risque d’entrevoir

.

la forme d’un poème au creux des babils

de toi à mon oreille .à l’heure

.

du coucher soudain celui-ci fit loi .nous

changiions de registre : le vrai

.
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.avais sans doute su

ou bien cru savoir

.

–et déposer au bord de

quelque sommet

.

le e du mort le fi

du miracle

.

sans partition ni

voix ni jour

.

ni petite fée

ni rien

..
.
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puis tu vins toi un peu Hopi .lune interposée

et fille nue dans ton rituel fatigué

tu fis ce signe

.

par alliance dis

crète . oh !

.

comme il

me fal

lut te

trou

.

ver !

.
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.
.
.
.

oh ! signe de personne et sa définition – alors

que des trombes te gardaient

impassible .alors

.

que tu psalmodiais au cadran

un texte de secrets –la

poupée elle aussi

.

vint –déplaçant les formes

les chiffons .les

paravents .la

.

Chine

.
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.

sa mélodie au trait .la ligne colportée

rouge .semblant issue

.

il me faut l’écrire

.

d’autres couleurs et

vues de fleuves

.

au cœur du motif

.

tous larges .chargés

d’embarcations

.

de commerce

.

de longues peines

et de chants

.

communs

.

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ainsi descendant le Niger

humeurs premières

furent celles

.

d’un corps-poème

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.Isabelle Garron 2010

Extrait de Corps Fut, à paraître en 2011, dans la collection Poésie Flammarion
.
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(extrait du prière d’insérer)

.marche même
regarde
démantèle
prends
va selon
souligne

cueille
multiplie

•••

(temps 1)

. aucun homme sur le parvis

sauf un ivre-mort
bouche incendiée
– ne mendie point

. seul impressionnant il

.. juxtapose en moi
le pas contemporain
au moment même où

– femme la nuit

. tu déposais le pain
aux pieds de ce dormeur
pleuré .dans le lointain

•••

] .. un nombre de stations…ces tags..le
crissement des wagons..à la prochaine
on descend..

. en poche des images plus vraies qu’il y a
une heure mais qu’écrire au dos
du rite reproduit ..

.
.
.

Prélèvement d’un ensemble

Les Lecques, avril 2005
(extrait)

…/…

. au fusain apparition de la laide magistrale contre
la surface . ocre des nuits . peintes à l’essuyé

. a /été un . pas de tuerie j’y tenais . mais un coup
de coeur pour ce deux-pièces . façon couture : lire

ainsi au musée : satin ouvert sur une modestie – col
rabattu avec fentes boutonnées . là en oblique sur

un seul côté . or soudain l’avenue . en direction du port
. les corps d’été . les conversations – tout avait donc lieu
.
.
.
.

variation 2 (extraits)

[ trouver parmi les notes : il y a longtemps
qu’elle ne prenait plus
les corps de ferme
pour support

ni les pierres dressées
pour structure d’
inventaire ni

les idiomes
pour petit
jouet

|•|

– pourtant l’opacité du discours continuait à côté, ainsi la langue étrangère : I love a thing like 99 : the concept of identity is attached to the objects.

. ainsi s’exposait un matin l’art maladif des conférencières obscures venues en délégation tenter certains rapprochements entre acteurs de la sphère

|•|

excès jubilatoire. on a cru au printemps
or à nouveau il faut craindre
le retour de températures
basses ainsi

à peu de degrés je réalise

|•|

et nous fixons les normales saisonnières
les lieux que tu fréquentes
ces ruches de jardin

public l’hiver.

aux nouvelles un homme est mort poussé
sous un train l’immeuble d’en face
nous déplace

dans la lumière

|•|

éclairage : me revois te rejoindre pour un verre : j’avance
vite au rythme des processions inventées

si dehors l’on entend certains réclamer d’autres
crient distinctement leur slogan

au bout de la voie principale se dessine
plus loin le silence du train

ta ronde aérienne bientôt
pour un final

|•|

calme trouvé cependant hors des artères principales
où les cortèges avancent tu repenses à ces œuvres
composées avec les membres
à leur envers

l’or des attentes celles de la caresse de la soie
par la soie .puis entre nous les signes de
genre de lingerie les vêtements
minuscules

|•|

là. enfant .tu évoques l’épreuve d’un texte
aux confins d’une île .ici l’empreinte

d’origine ses contours traduits
dans la neige

la fatigue de l’image .d’une femme
sa condition .et le ventre

les soubresauts .et les
expectorations

|•|

lire noté à maintes reprises
je ne raconterai point
j’écrirai

sous une nuit l’attente fêlée
d’une voix dans la ruelle
en contrebas

les nuages dans la vallée
la crainte aussi d’un
retour du froid

[…]

Isabelle Garron, Corps fut, Flammarion, 2011, pp. 89 à 96



Biographie

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