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Joseph Julien Guglielmi, poèmes

juin 3, 2012



20 Novembre

20 novembre
Rien
ne me
retient

portes

et
fenêtres closes

rue
étroite
et
vide

trois années
de deuil

(Carnets de nul retour)

.
.

Quand l’homme a épuisé sa vie
que ses restes nous font signe
Cruelle blessure de ce
vent se brise où je regarde
l’esprit du temps le bras le
Souvenir de force pleine
d’Hölderlin zum Reste zeiget.
Les signes que nous laissons.
Images du fleuve et nu
âge sombre et bleu à la fois.
Aine et corps superposés
et que
Mort ruisselle avec la pluie.
À pleines dents comme une mer,
une fleur sur le sol de
pierre s’effondre en silence.
Un dérisoire soleil se
pointe entre les garofani.

Le temps, l’espace, la vie
ni la mort n’est la réponse.
Quelle honte que les symboles !
Quelle pitié les métaphores !
Mais il y a la page de lune,
labyrinthe miniature
les doigts de pied en éventail.
Bello sguardo page vingt-sept
ce regard de bleu ou gris
où son bras dans le ciel creux
se souvient d’une autre vie,
d’un autre bleu sans couleurs
d’Italia finestre alte
Via Palazuolo ou autre.
D’Italie fenêtres hautes,
un pont, une jeune femme,
la mélancolie des yeux
bello sguardo de son corps,
fente herbeuse de sa vie
y pouvait humecter, mordre…
Heures font penser cadavre,
corps dans le travail des eaux
corps et il voudrait pouvoir
dire Kaddish endroit bleu,
longue lettre sur la terre
qu’il écrit comme un poème.
Ferme-la ! Mange mes mots !
Mange ma bouche mon esprit,
achète un livre de prières,
branle-toi avec mon plaisir !
Il fait clair que nous sommes morts,
pleins de brises et de charmes
[…]

.

Joseph Julien Guglielmi, Au Jour le jour, selected poems, l’Act Mem, coll. Faut Suivre, 2009, p. 157 et 158 (Incipit de Le Mouvement de la mort, paru aux éditions P.O.L. en 1990)

.
.

la machinerie
du tableau

ici : quotation
« les chefs d’œuvre sont écrits dans une sorte de langue étrangère »

jusqu’à l’agrammaticalité

qui n’est nullement
une absence
de
grammaire

le feu
le bégaiement
ultime
de
la
mort

l’atmosphère chaude ou glaciale
le langage usé ou aigu
pour finir citer ce qui
ce qui suit to make an end
ce qui passe à travers la feuille
déchirée de la fenêtre
comme une lueur maritime éclairant
le papier lyrique
comme si tu avais trop bu
trop scribouillé dans le in the
radiant gist (W.C.W)
pour être délivré de sens
ou sentier arraché au sang
Ventre blanc Oppen cherché la
petite ombre sur le sol du
printemps où l’automne suit
le festival du feu brûlé
la soie des herbes de la lune
vérolée son corps de jeunesse
syllabes au plaisir d’Orion

Joseph Julien Guglielmi, (avec des Combustions de Christian Jaccard), Le Pyromène, Éditions Comp’Act, 2004, pp. 36 & 86

.
.

25 Novembre

25 novembre
qu’il
avait
parlé de
« bord mortel »
l’
autre
« cette fois est la dernière »
chansons
ou
prières

cette voix
qu’il croit
entendre

sous
la
sienne


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