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Allen Ginsberg, poèmes

mai 21, 2012

Ode plutonienne, extrait

(…) J’entre en esprit dans tes cachettes, je parle à travers ta présence, je rugis ton Cri de Lion dans ma gueule de mortel.
J’inspire un microgramme dans chacun de mes poumons, dix livres de lourde poussière métallique dérivent lentement sur les Alpes grises
sur tout le champ de la planète, combien de temps encore avant que ta lumière foudroie et anéantisse tous les êtres vivants?
Que tu pénètres mon corps ou non j’entonne en toi mon esprit, Pesanteur Inapprochable,
Toi, Elément lourd plus que lourd, je verbalise ta conscience en direction des six mondes
Je chante ta Vanité absolue. Toi, monstre de Colère enfanté par la peur, Toi matière
Ignorante entre toutes les créations imposées à la Terre!
Chimère d’empires métalliques!
Destructeurs de savants mensongers! Dévorateur de Généraux avides, Incinérateurs d’Armées, Fondeur de Guerres!
Jugement suprême, Vent Divin sur les nations vengeresses, Violeur de Présidents, Scandale Mortel du Capitalisme! Oh civilisations bêtement industrieuses! (…)

.
.

Poems 1972-1977:

«QU’EST-CE QUE TU FERAIS SI TU DEVAIS TOUT ABANDONNER?»

ME DEMANDA RINPOCHE CHÖGYAM TRUNGPA TULKU DANS

LE COULOIR EN MARBRE ÉTINCELANT,

FIXANT MA VALISE NOIRE TOUTE BOURRÉE D’ART,

«MIEUX VAUDRAIT ÊTRE PRÊT A MOURIR»…

L’HARMONIUM C’EST À PETER

L’ECHARPE À KRISHNA LA CLOCHE AVEC L’ÉCLAIR DE FOUDRE EN

CUIVRE C’EST PHILIP WHALEN QUI L’A CHOISIE AU JAPON

L’ÉDITION DE BLAKE, AVEC DES NOTATIONS D’ACCORDS, EST

EN PIECES, ET PUIS IL Y A LES LIVRES NOIRS DE CITY LIGHTS,

LES BÂTONS POUR CHANTS D’ABORIGÈNES AUSTRALIENS, L’ENCENS

VERT, LES CYMBALES À DOIGT TIBETAINES EN MÉTAL

PRÉCIEUX –

UNE JAMBE CASSÉE UNE SEMAINE PLUS TARD M’A TOUT REMIS

EN MÉMOIRE ET, AU BOUT DE QUELQUES JOURS, LA DOULEUR

N’ARRÊTANT PAS JE ME SUIS MIS À PLEURER DANS MON LIT

SANS RAISON, PENSANT UN PEU AU RABBIN SHACTER, UN PEU

A MON PÈRE LOUIS, UN PEU

À TOUT CE QU’IL ALLAIT FALLOIR ABANDONNER…

.
.

EUROPE! EUROPE!

Monde monde monde

assis dans ma chambre

j’imagine le futur

le soleil tombe sur Paris

je suis seul personne ne

possède l’amour parfait

l’homme était fou l’amour de

l’homme est imparfait

je n’ai pas assez pleuré

mon coeur sera lourd

jusqu’à la mort

les cités sont des spectres

des manivelles de guerre

les cités sont travail & briques

& fer & fumée de la

fournaise égoïste qui dessèche

les yeux rouges de Londres mais

aucun oeil ne rencontre le soleil

Le soleil explose

frappe l’immeuble de la presse

blanc solide moderne de

Lord Beaverbrook penché dans

une rue de Londres pour

porter les derniers rayons

jaunes des vieilles dames

regardant distraitement vers

le ciel à travers le brouillard

pauvres pots sur les appuis des

fenêtres fleurs serpentant vers

la rue les fontaines de

Trafalgar Square jaillissent sur

les pigeons midi-chauffés

Moi-même en extase rayonnant de

solitude sur le Dôme de St-Paul

voyant la lumière sur Londres

ou ici sur un lit à Paris

lueurs du soleil à travers la

haute fenêtre sur les murs de plâtre

Humble foule féconde ensevelie

les saints périssent caves

femmes des rues rencontrant

le manque d’amour sous les

lampadaires et les rampes de néon

aucune femme en carte n’aime

le mari-unité-fleurie

pas un garçon n’aime le môme mou

feu dans les poitrines politiques

effrois électriques dans la

basse ville les cris de la radio

les feux de police sur les

écrans de TV se moquent des

merveilles-veilleuses dans

les pièces vides des tanks

s’écrasent dans la déflagration

le rêve joie d’homme n’est pas rêvé

l’usine de la pensée-film pousse

la came autorêves en fer-blanc d’Eros

l’esprit dévore sa chair pendant

une famine conne et le baisage

d’aucun homme n’est sacro-saint car

le travail de l’homme c’est la guerre

Porcelaine d’os de Chine

qui a faim lavage de cerveau

dans l’écluse de la surpuissance

l’Amérique cache la viande folle

dans un réfrigérateur l’Angleterre

cuit Jérusalem depuis trop longtemps

la France bouffe de l’huile

et de la salade morte

bras & jambes de l’Afrique

camelot dévorant l’Arabie

nègres et blancs préparent la guerre

contre les noces d’or Russes

la manufacture en nourrit des

millions mais aucun ivrogne

ne peut rêver du suicide de

Maïakovski arc-en-ciel sur

les machines-outils et

nargues-basanes au soleil

Je suis au lit en Europe

seul dans du vieux linge de corps

rouge symbolisant le désir de

s’unir à l’immortalité

mais l’amour de l’homme

est imparfait ici il pleut

en février comme pour Baudelaire

une fois il y a cent ans

les avions hurlent dans le ciel

les voitures foncent dans les rues

je sais où ils vont

ils vont à la mort

mais ça c’est OK c’est que la

mort vient avant la vie

qu’aucun homme n’est aimé

parfaitement personne n’obtiendra

la félicité l’humanité nouvelle

n’est pas née Que je pleure sur

cette antiquité et je sonne

le Millenium j’ai vu

le Soleil Atlantique rayonnant

d’un gros nuage à Douvres

sur les falaises

un pétrolier de la taille

d’une fourmi se souleva

sur l’océan sous le nuage

brillant les mouettes

volaient dans les échelles

infinies du soleil

plongeaient dans l’éternité

aux fourmis dans les

champs-myriades de l’Angleterre

aux tournesols penchés pour

manger la minute de l’Infini

dauphins dorés sautant dans

l’arc-en-ciel méditerranéen

Fumées blanches vapeurs des Andes

rivières d’Asie scintillantes

poètes aveugles dans les

profondeurs de la solitude

rayonnement d’Apollon sur les

collines parsemées de tombes vides


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