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André MAJOR, « poèmes pour durer »

avril 18, 2012

Source


les injures salutaires

1
je fends Vâme des roseaux
pour nourrir le sable
d’une grâce forte
et chanter
et reprendre mon vol
dans la glaise de votre ville
vous direz que c’est mal chanter
pour un gars comme moi
qui a eu toutes les grâces
les divines et les vôtres
mais la laideur de vos grimaces
m’inspire de bien cracher
sur vos cadavres ambulants

2

point de patrie n’ai
ni de maison
ni de raison
pour faire ma vie ici
comme il se doit
mais condamne-t-on le
chat quand il est sauvage
vous me dites : nos maisons
sont basses nos âmes ternes
et c’est bien comme ça
car seul compte le Bien-Etre
— la grande tour de la Sécurité
haut juchée sur la ville —
et tu devrais ramper
dans nos égouts
comme tout le monde !

3

j’ai le grand vent de mon côté
et le froid l’exil de ma vertu
seule dignité dans le noir de
mon oeil et le feu de ma langue
je marche dans la cendre de mes mots
et selon l’odeur des ruelles
revenu une fois pour toutes
de la pitié durci contre la chaleur
revenu de la pitié comme on revient
d’un frisson torride d’évasion

.
.

Le temps le temps

L’été éclate au piment de ton oeil
ma femme
et Voir de la ville passe comme un froid
dans nos os

c9est le soir dans toutes nos rues
les femmes portent le deuil de cette journée
sur leurs paupières

des lumières crépitent
éclairs cruels
Vété ma femme
c’est un paradis qui coule avec ta sueur

le temps le temps
un mirage tu le vois
fugace et si loin déjà
tu picores sur les lèvres
tant de baisers
que je ne mourrai jamais
ta bouche qui coucou
tant que ma langue la visite

.
.

Nos saisons

le soleil sur ma tempe
comme le sel qui pétille sur la langue
amer et doux Vair qui a flairé le béton

douces joues qui tournez sous ma main
comme vagues sous le ciel
laissez-moi vous baiser
comme on s’endort dans l’éternité

et la neige qui dévore vos refuges et vos rêves
la neige aussi loin que porte le regard
trompe vos fils et le mien
tôt punis de vivre derrière le soleil
oh le blanc absolu de notre solitude

.
.

L’avril de ta vie

il est permis, frère de moi,
de pleurer une bonne fois
dans ta vie & homme farouche
parce que la vie ne se jette
plus comme une bête contre
ta poitrine contre tes jambes
plus d’enfant aux dents de jeune loup
par la faute d’un autre amour
au visage tendre renversé
sous ton soleil
parce que l’hiver s’est couché
sur ta vie

à toi, bête douce, frère de moi,
il est permis de pleurer
une bonne fois dans ta vie
de pleurer comme un veau
et pourtant dans l’ombre comme
dans le pan cru du jour naissant
tu vois cette femme neuve
venue à ton appel s’établir
dans la certitude de votre amour
chaque instant enchanté
par le jeu doux des lèvres

oh frère de moi, ce qui passe
c’est votre lumière, fugitive,
où vos mains confondues ne savent
plus rien que leur habitude commune
leur mission de tendresse

puisqu’il faut retourner à la lumière
femme ô mienne, éternellement,
que ce soit dans la fraîcheur d’avril
la veille des cloches de Pâques
dans la matinée de notre résurrection
dans la grande fureur du fleuve délivré
et des choses qui bouillent au coeur des âmes

oh vois, vois-les ! les érables reverdir
et balancer leur jeunesse dans Vair lourd de lilas
le soleil dorer le sable encore une fois
et puis couler en rougeoyant dans le lac profond

c’est le chant de la naissance
ma belle aimée, le chant du jour
et la sagesse du monde s’endort
nous aussi, en marche vers nous-mêmes,
nous reposons, moi contre ta hanche,
toi sur l’empire consentant de mon coeur

voici que les jours lourds de soleil
brusquement tombent sur le silence
de glace qui nous renfrogne
et toi qui dors dans la poussière
de la lumière, est-ce à moi que tu rêves
avec ce sourire secret


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One Comment leave one →
  1. avril 24, 2012 7:22

    tombant par hasard sur ce texte…

    j’y trouve des résonances avec celui que j’ai écrit, qui parle aussi de poussière et lumières…

    Tu as découpé des morceaux de brume
    Pour que je reçoive la confusion du ciel
    Les ornières d’où la lumière

    N’en sort que poussières
    Aux après-midi lentes
    Où tu élèves de néfastes serpents

    De discours prolifiques
    Se lovant à mes pieds
    En nœuds maléfiques

    Tu me parles encore tard, le soir
    M’étirant jusqu’à la fuite du jour
    Et au ombres de la nuit venue

    Vient encore la mémoire.
    A jouer des diagonales sur les cases
    Découpage des silhouettes , et perspectives

    Ce sera ton langage, mon image
    Ton image, mes soirs , toujours
    Au plateau lisse des contrastes

    Où se promènent encore le cavalier et la reine
    En combats de reflets.

    Bien que Les pièces hautaines
    Aient pourtant repris , depuis longtemps
    leur place dans la boîte capitonnée de rouge.

    RC 23-04

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