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Jacques Viallebesset « ce qui est épars » extraits

septembre 14, 2015

L’horloge enchantée

.
.
L’horloge enchantée égrène l’instant éternel
Le battement des sens au coeur des mots
Dit la polyphonie baroque de l’univers

.
Le temps suspend son vol a-t-il été gravé
À Midi plein la vie reprend force et vigueur
À l’aplomb du soleil le temps est immobile

Arlequin bariolé aux multiples facettes
Mon destin en voyage a trouvé sa route
Qui monte en spirale vers le point de Minuit.

.

Je suis là

.

Se peut-il que l’on n’arrive jamais
Au seul pays où l’on puisse vivre
Où le pain a la saveur de ton rire
J’ai déjà arpenté cette terre promise
Aujourd’hui j’habite le désespoir
De n’être pas où toi tu te bats
Contre le mal à l’intérieur de toi
Si mes mains ne peuvent être caresses
Qu’au moins mes mots t’atteignent
Te disent que je suis là et te soutiens
Que chacune des cellules de ton être
Sente la force apaisante des miennes
Mon épaule existe pour y poser ta tête
Mon bras se tend pour soutenir tes pas
À quoi bon mon amour s’il ne t’est utile
Il y aura encore je le sais des étés de miel
Nous irons enlacés au devant du soleil
Et j’attiserai le feu ardent de ton rire
Je te parlerai de toi de nous de toi
L’amour sera plus fort que le mal
Tu verras tout recommence et fleurit
Mille et mille matins neufs renaîtront
Où ta voix vibrera aux frissons du vent
Le chemin est long qui nous ramène à nous
Mon espérance est chevillée à ton coeur.

L’alchimie des désirs

Où en suis-je dans ce monde
Où je vis sans lui appartenir
Où en est le chevalier nu
Sous son armure qui erre
À quelques encablures
De je ne sais quel port vide
La dame le diable et la mort
Mènent leur danse macabre
Je chevauche mes chimères

Où irai-je en quel temps
Le vieux monde se dissout
L’oeuvre au noir se mue au rouge
Pour brûler les ailes de la mort
En moi un chaos s’ordonne
Sur le grimoire de l’innocence
Il me faut tout recommencer
Écrire sans fin le palimpseste
D’une vie infinie vouée
À l’alchimie de mes désirs.

Dans cette île

A SL

À l’heure où s’allume le monde
Loin des villes de bruit et de fièvre
Nous irons au milieu du fleuve
Réinventer l’aube de l’enfance
Dans cette île d’herbes et de fleurs
Où se lève le chant de notre destin

Nous écouterons ce que l’océan
Ne dit pas au vent fou de l’esprit
Notre sang est la rosée de l’innocence
Tous nos rêves mènent à cette ile
Où la chair aiguisée au soleil de la joie
Apaise la poussière des coeurs lourds

Loin des bas-fonds du théâtre d’ombre
Nous allumerons le brasier à sa source
En recouvrant la voix vive de l’enfance
Comme des flâneurs de l’autre rive
Revenus des confins de nous-mêmes
Notre vie est plus grande que leur ciel.

.

L’ode à Neige 2
.

Le fil des mots

.
Le fil de mes mots me tient en équilibre
Les bras grands ouverts en guise de balancier
J’écris pour la venue d’un jour couleur d’orange
Nos vies sont balayées par un vent de cendres
Mais je veux boire encore la liqueur des étoiles
J’extrais le réel des archives secrètes du rêve
Pour rendre visible l’infini des possibles
Pour clamer haut les coeurs et bas les masques
Une histoire qui commence court déjà vers sa fin
Éclaireur de la lanterne de vérité
J’écris pour insuffler la vie aux jours vides
Parce que aimer, boire, chanter et puis
Le fil de mes mots me tient en équilibre
Les bras grands ouverts en guise de balancier.

Bio- Biblio

Jacques Viallebesset est né en 1949 en Auvergne où il réside. Pseudonyme d’un éditeur de spiritualité et d’ésotérisme, franc-maçon, il s’est fait connaître comme co-auteur d’un roman La conjuration des vengeurs ( Dervy 2006 ), où il utilise tous les ressorts de l’imaginaire et de la symbolique maçonniques, adapté en bande dessinée sous le titre éponyme en 2010 chez Glénat ; poète, il a déjà publié trois recueils, L’écorce des coeurs, en 2011 et Le pollen des jours en 2014 aux éditions Le nouvel athanor. Son troisième recueil Sous l’étoile de Giono est paru en 2014 aux éditions Alain Gorius/Al Manar. Ses poèmes sont présents dans plusieurs revues et anthologies internationales, dont l’anthologie Poème/Ultime recours parue chez Recours au poème éditeurs. Comme l’indique Paul Vermeulen, dans sa critique du recueil Le pollen des jours : « Il y a une particularité dans cette voix, quelque chose d’unique même dans la poésie française contemporaine : une espèce de métissage entre les présences d’Eluard, les arcanes de certain chemin spirituel, Aragon, ceux qui philosophent par le feu, et l’Amour en forme de « Banquet ». Grâce à son lyrisme initiatique, les mots « usés, trop usés d’avoir trop mal servi », les vocables d’ Hofmannsthal retrouvent la parole pour ré-enchanter un peu le monde. Sous son nom il a été chroniqueur de poésie au Magazine littéraire et chronique régulièrement dans le magazine en ligne Recours au poème.

Il anime, par ailleurs, un blog d’anthologie de poésie : http://www.jacques.viallebesset.scribouilleur.over-blog.com .

« ce qui est épars » à commander ici : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/poetes-des-profondeurs/ce-qui-est-pars

Epars

Fabien Sanchez, choix de textes

août 9, 2015

La vieille école

.
Le bruit des écoles,
ces prisons dorées de ma vie
quand j’allais libre,
parmi les enclos
où les héros
et la solitude
apprenaient à se connaître.

Cours et préaux,
à l’abri de ceux
que frôle l’oubli.
Lieux fleuris des chansons dures
où transhumaient
les effluves
de ce qui n’est plus.
Cendres aux parfums secs des garrigues.

J’escalade cette nuit
le mur de mon ancien collège.
Cour déserte,
école buissonnière

de ma vie d’homme,
silence de mes amis évanouis.

Sur un banc de granit
je m’endors
lourd, blessé,
à l’abri
de leurs regards.

Cours et préaux, la nuit,
sont des cimetières
où n’entre pas le fracas
du monde.
Si bien que l’éternité existe
enfin,
comme ça,
pour rien.

Le chemin des écoliers est le seul
que j’aie jamais pris.

.

Trois décennies

Au bord du canal,
sur un banc,
dans le soir d’un mois d’août
gris de pluie,
un livre de Seamus Heaney dans ma veste.
Un poète encore
pour les moments où tout craque et lasse et blesse.
J’en suis toujours au même point.
Cardinal.
À Paris, Barcelone, ou la garrigue du temps jadis.
Une lointaine lueur dans le présent décline.
Je crève d’enfance.

Dans l’empreinte de cette vie
prise au sillage des rêves
et des vérités révélées ou apprises,
d’orient ou d’occident,
je ne retiens que la fatigue
quand je chutais au fond de moi
pour devenir cette mémoire
à mon corps défendu.

.

Sorry for the dust

La poussière jonche mon pas
sur la route du temps
où repose l’évanoui.

Toute ma vie
j’ai vécu
en diagonale

– ma vie d’homme seulement.

Avant cela
j’étais clair et limpide.

Mon sang eau de roche
n’avait pas peur

de travailler mon cœur.

.

Postcard

Les lueurs du jour pointent
leurs langues agiles
à travers les persiennes
de ma fatigue.

La chambre du motel
qu’éclaire le feu
de tes lettres,
comme une vieille légende,
me fige
entre quatre murs
de papier beige.

Ton corps dans mon crâne cercueil
m’entraîne dans
une danse de mort.

Rouge poussière.

Un vent fou mugit dehors.

Je laisse s’échapper
cette âme damnée
qui persifle aux lieux déserts
et roule sur Wilshire Boulevard,
le long des palmiers
de Bundy Drive.

Aucune délivrance
dans le kilométrage.

Le soleil lacéré de nuages
traverse plus sûrement
le ciel américain en fuite
que je ne le fis
sur mon territoire hors sol.

La folle échappée
n’est pas encore finie :
assis dans le siège défoncé
d’une Lincoln
j’envoie Daisy
acheter de quoi grignoter
pendant que je mets
de la monnaie de singe
dans un juke invisible,

écartelé
entre deux continents.

Sur les palmiers de Bundy Drive,
un ciel en fuite
vole ton image.

.

Ensemble

Je vais comme une ombre
sous le soleil.
L’enfance me suit à la trace
qui lève le doigt.

Elle est cette ombre au tableau
sous la lumière de craie
des origines.

Je ne l’interroge pas.

Je ne lui demande pas
qui d’elle ou de moi

un jour

s’effacera.

.

Paris

Enfin bourgeonnent les arbres,
la morsure du soleil
engourdit la rue
comme aux villes chanceuses.

Le café brûle au fond
des tasses et des palais,
les caniveaux ruissellent
d’eaux saumâtres
où se lavent de vieux oiseaux.

L’accent des voix diffère
dans les jardins de misère
où le jeune orient hisse les couleurs.

Des rescapés chantent
pour nous
en de lointaines contrées
où la blessure du ciel
écoule sa beauté.
Car sous le poids des nuages
nous sommes les damnés
qui ne travaillons
pas la terre.

Minuit,
longeant la Seine,

je pense à Javert.

.

Lou Reed

Je me lève et coupe le son de la chaîne.
Je préfère écouter la pluie,
plutôt que les propos
de Caroline, Candy,
Lisa ou Stéphanie.
Je regarde la pochette d’un de tes disques,
comme une vieille photo de lycée.

Berlin.

Les cuites légendaires,
le visage de Marie.
Le claquement de métal de son Zippo,
le sang de ses lèvres,
la volupté poudreuse.

L’ange,
cet homme résigné,
infiltré dans les brumes de l’alcool,
est mon gardien paresseux.

Il me protège
de la joie consommée
par l’ancienne misère
d’un noir delta,
quand Vénus me saignait
aux quatre veines.

Il est trop tard,
en ces temps de malheur,
pour briser d’autres miroirs.

.

Ces poèmes sont extraits de « J’ai glissé sur le monde avec effort » publié aux Editions La Dragonne
..
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Bibliographie de Fabien Sanchez

Chérie, nous allons gagner ce soir. Nouvelles 2006 éditions La Dragonne
Ceux qui ne sont pas en mer. Nouvelles ­ 2009 éditions La Dragonne
J’ai glissé sur le monde avec effort. Poèmes, 2012 éditions la Dragonne
Le sourire des évadés. Roman, 2014 éditions la dragonne

Le blog de Fabien Sanchez http://sanchezwrting.blogspot.fr/


.

YAN KOUTON, Choix de textes

août 7, 2015

Shore (1)
Alors que s’écoule
un sang, le mien,
au rythme d’un
battement, le tien.

Alors qu’une seule
seconde sans ta
présence semble
une vie en jachère.

C’est sur tes rives
que je veux m’
éteindre, quand il
le faudra. Près
de ton eau, parmi
tes étreintes, tes
frissons, le chœur
de ta voix. Simplement
ton amour, de sentir
tes mondes, d’en
écarter l’indicible,

« et l’oubli d’ici-bas ».
.

.
The Ordinary (2)

Vacillante, la silhouette
se reflète, promenant son
devenir fragile dans un
noir intérieur. « Et dans
leurs flammes mutuelles »,
qui font de ces manques cette
marche infinie. Des ombres
allongées, finesses salutaires
entre la mer et les
immeubles…Tout en
peine d’aller au bout
et de voir enfin les
contours. Vacillants
peut-être au bord
de ce vide, sur une
pointe en béton,
touché par les
égarements de
façade, les douleurs
portantes, comme
des vents, ou ces
lieux ordinaires, presque
laids, qui s’étendent
entre deux prodiges,
à donner la mort par
temps de beauté.
En effigies urbaines
dans les flots tranquilles
d’un port endormi.

.

The Outward Jouney (3)

Don’t do as I do…
Un écho pareil à
Ca…Quand on ne
Laisse de soi que du
Silence – un épisode
Sans fin et rien pour
Résorber…Aux frontons
Illuminés de pâles néons –
Et deux trois ombres
Revenant sur leurs pas
Comme une intrigue –
Sûrement livides après tant
D’heures…Don’t do as
I do…Un autre refrain
Serait criminel – on pourrait
Le prendre pour argent…
Et le regretter – de l’
Amertume à tous les
Coins…Même si d’
Emanations toxiques en
Retards…J’ai seulement
Cru à cette vision…
Modèle de vanité sur
Un doigt…Don’t do as
I do…
.

Falsehood (4)

Les mêmes mots – en boucle
Les mêmes mots – comme
Pour s’en convaincre…C’est pas
Ta faute – c’est surtout d’un brûlant
Simulacre – bien sûr que c’est d’la
Mienne et le semblant n’y change
Rien – ce truc ne réchauffe pas
La réalité – ni les angles ni la
Vision alignée – cette foutue
Sollicitude anémiée – je dirais
Va te faire foutre – je dirais
Don’t say a word…On ne reçoit
Que l’ivraie – et le ray-grass bien
Epais au milieu duquel trône
Un skatepark…Peut toujours
Te servir d’illusion – de décharge
Artificielle…L’indulgence je la
Noie sous des tonnes de béton –
Pas besoin de cette forme de
Mépris – pour ça le mal suffit
Pour ça j’ai besoin d’un mot
Et d’un seul…Que je garde
Précieux comme la dernière
Des heures – le souvenir de ce
Convoi…Respirant si bien
Pour la Jérusalem céleste…Où
Rien ne se perd – où tout brille
C’est ça qu’on raconte…Ville
Eternelle…Les mêmes rues en
Boucle…Pour apprendre à se
Défaire…

Bio :

Yan Kouton, né en 1971, est juriste de formation. Après avoir longtemps vécu à Brest, il est désormais installé à Villejuif.

Parallèlement à l’écriture de romans à la tonalité sombre, il poursuit un travail d’écriture poétique et de création numérique qu’il décline sur divers blogs et supports, afin de développer la vision d’un territoire narratif global. La possibilité d’écrire en créant des passerelles entre ses différents districts (fictionnels, autofictionnels, prosaïques, poétiques…).
Ainsi, se dessine, peu à peu, la carte d’une ville littéraire. Le cercle de l’écriture est progressivement élargi à la photographie urbaine, la peinture, la conception de vidéos.
Yan Kouton est également auteur (poésies, nouvelles) à La Revue des Ressources, au Zaporogue, Short Stories Etc., ainsi qu’au Cafard Hérétique. Chroniqueur musical pour les webzines Indie Pop Rock et À Découvrir Absolument ainsi que parolier pour les groupes Gu’s Musics et Dolly Matic.

Bibliographie :

Trois romans publiés aux Editions Zinedi, un roman à La Matière Noire :
• Le Passeur (2005)
• Les Oiseaux de Proie (2007)
• Des Effondrements Souterrains (2011)
• Hostia (2014/2015)

L’ensemble des activités de Yan Kouton depuis les sites portails ci-dessous :
http://yankouton.wix.com/kouton
http://sites.google.com/site/yankouton/


Une nouvelle résistance: les revues de poésie de 1970 à nos jours

août 7, 2015

APPEL A CONTRIBUTION
Une nouvelle résistance : les revues de poésie de 1970 à nos jours
Colloque international à l’Université de Cergy-Pontoise (juin 2016)

Argumentaire :

« Tout se passe dans notre état de civilisation industrielle comme si, ayant inventé quelque substance, on inventait d’après ses propriétés une maladie qu’elle guérisse, une soif qu’elle puisse apaiser, une douleur qu’elle abolisse. On nous inocule donc, pour des fins d’enrichissement, des goûts et des désirs qui n’ont pas de racines dans notre vie physiologique profonde, mais qui résultent d’excitations psychiques ou sensorielles délibérément infligées. »

Le dernier numéro de la revue Fario (n° 14, hiver 2014-printemps 2015) s’ouvre sur ces propos de Paul Valéry alertant ses contemporains, en 1935, sur le devenir aliénant de l’homme moderne soumis à des « expériences mécaniques, physiques et chimiques toujours nouvelles » (ibid.). Vincent Pelissier, le directeur de cette revue qui offre à ses lecteurs, avec le plaisir d’un beau vergé et d’une mise en page de grand goût, de remarquables inédits, reprend en écho cette alerte : aujourd’hui, cette « vie physiologique » est d’autant plus menacée que s’abolit la diversité du monde.

« […] c’est peut-être la variété sensible des choses dont il faudrait nous débarrasser, nous défaire à la fois insidieusement et à toutes forces : une diversité du monde que l’on croyait infinie, ses nuances, ses apparitions, ses totems colorés, ses idiosyncrasies, ses ciels singuliers et ses formes coutumières, ses paysages multiples propres à l’étonnement, ruelles avec des petits jardins brouillons, reliques désuètes, ses impressions profondes et désordonnées, ruines et terrains vagues au-dedans de soi, son bric-à-brac manufacturé.
Et encore ses objets pleins d’usure, datés, faisant durer dans le présent un quelque chose d’autrefois, traces que la vie efface peu à peu mais qui résistent ; stigmates d’autres temps incrustés jusqu’ici et avec quoi on pourrait fonder le sentiment d’une possible continuité (au lieu que tout nous parvienne désormais étincelant sur l’écran, comme immuable et neuf, sans aucun signe de ce qui s’est passé). (Ni qu’il se soit passé quelque chose). »

Fario, comme bien d’autres revues dédiées aux pouvoirs de la littérature, s’efforce depuis une décennie de faire entendre des voix singulières pour contrer, autant que faire se peut, l’uniformité du présent et l’oubli — l’ignorance volontaire — du passé, marques du monde contemporain. Cette revue est menacée, comme tant d’autres, par l’interruption des soutiens à la publication. En effet, les revues de création littéraire, qui maintiennent dans le présent des voix oubliées ou négligées, découvrant des lieux possibles de rêverie, d’échappée, paraissent souvent dans des conditions difficiles et sont d’autant plus vulnérables que le nombre de leurs lecteurs est restreint, ce nombre prévalant aujourd’hui sur toute chose. Mais elles résistent par les mots, qui se révèlent aujourd’hui outils et enjeux de résistance à la fois — il est important de parler de « résistance » et non de « résilience », terme plus médiatique, car il s’agit d’un véritable combat.
Nous proposons de nous interroger sur les formes et les stratégies que prend cette résistance par le biais des revues littéraires les plus exigeantes, c’est-à-dire celles qui se vouent en partie à éditer de la poésie, de la prose poétique, et qui ne visent pas, par conséquent, un objectif mercantile pourtant garant de leur survie. De telles revues — hier, L’Éphémère, Argile, L’Ire des vents et quelques autres ; aujourd’hui, Fario, La Revue, L’Étrangère, par exemple, ou des revues en ligne tels Les Carnets d’Eucharis — ont traversé ou traversent encore les difficiles décennies marquées par la disparition orchestrée des repères sensibles de générations entières. Elles ont malgré tout tenté de maintenir vivants et de faire entendre aux quelques happy few des mots propres à couvrir le bruit de fond médiatique et à se distinguer des flux ininterrompus de la « communication ». Dans la course au progrès et la sacralisation positiviste des sciences et techniques, qu’est-ce que les revues littéraires (poétiques) apportent aujourd’hui ? Celles qui ont disparu, qu’ont-elles apporté hier ? De quelle résistance font-elles ou ont-elles fait la preuve ? Autrement dit, qu’ont-elles voulu exprimer publiquement qui ne fut ou qui n’est encore que peu entendu et qui relève d’une stratégie de contre-courant ou de « contre-attaque » ? Où se situent-elles entre tradition et « révolution », entre mémoire et table rase ? Témoignent-elles encore de cette course à l’homme nouveau qui fut au principe des avant-gardes littéraires et artistiques du XXe siècle ? La résistance au mercantilisme du monde contemporain a-t-elle changé de nature, entre les grands courants libertaires et gauchistes des années 70 et « l’indignation » qui semble leur avoir succédé ? Plus largement, quels sont, dans ce domaine, les rapports entre résistance et idéologie ? En outre, dans quelle mesure le format numérique change-t-il la portée de cette résistance et peut-il aujourd’hui sauver les revues de la disparition ? Comment et à quel prix réussissent-elles à se maintenir encore vivantes ?
Nous souhaiterions examiner ces questions à l’échelle du monde francophone car, selon les contextes, les revues littéraires peuvent être aussi le lieu de transmission d’une langue française devenue en tant que telle outil de résistance.
Eu égard à la diversité des cas, les axes choisis ne relèvent pas de thématiques mais sont fonction à la fois de la chronologie et du support et correspondront, si les communications retenues s’y prêtent, au déroulé du colloque :
une première journée sera consacrée aux revues d’hier : des années 70 à 1995 environ ;
une deuxième journée concernera les revues fondées au cours des deux dernières décennies : vers 1995 – 2015 ;
une demi-journée (3ème jour) sera consacrée aux revues numériques.

Informations :
Les propositions de communications sont à adresser à corinne.blanchaud@gmail.com et pierre-henri.kleiber@wanadoo.fr avant le 30 septembre 2015. Elles comprendront :
– un titre
– un court résumé d’environ 200 mots (hors bibliographie) précisant l’axe du colloque dans lequel s’inscrit l’intervention
– quatre mots-clés
– une biobibliographie personnelle de 50-100 mots.

RESPONSABLE :
Corinne Blanchaud & Pierre-Henri Kleiber, MCF(s), U. Cergy

URL DE RÉFÉRENCE
http://www.u-cergy.fr

ADRESSE
Université de Cergy-Pontoise

Source
ICI


Où publier ses poèmes : Les principales revues de poésie contemporaine format papier et numérique

août 7, 2015

La médiathèque Départementale du Nord recense les revues et les sites où publier vos poèmes

Les principales revues de poésie contemporaine format papier et numérique :
ICI


mediatheque du Nord

Murielle Compère-Demarcy, Poésie, Extraits

août 6, 2015

Coupure d’électricité (extraits)

un fusible a sauté

dans la nuit de ma tête /

de ma tête-à-poèmes

2 heures après minuit ce n’est rien

le train-tram-rail des rêves

qui roule / Le Directeur du Réseau Central

déféré / dans ma tête qui roule

Sous les verrous / à des éclisses mal

resserrées / des

kilomètres

.

des kilomètres de voies se serrent

des parallèles se joignent

à la barre la voix des ouvriers

sans voie déraille / Sang /

Convois de sang

La Grande Société se serre

les fers / Le Directeur

la ceinture / qui prend

ses sbires à témoin

mais il y a maldonne

.

Tu prends ton bonheur

en première classe / billet à l’œil

tandis

que dure l’Affaire / N’ont pas le temps

de contrôler

n’auront pas le temps

de tout contrôler / trop dur à faire

.

La faute à personne

La faute à personne

.

Voie extérieure

Extérieur-Nuit

l’herbe mange le rail

le ram-tram-rail

de la lumière tandis

que tu marches / tu marches

jusqu’à l’emblème une trace d’un peu d’humanité

Dans le ciel l’angle obtus d’un fuselage sonne

l’angélus / sept heures

dix-neuf-heures / sur le cadran l’ombre

change d’heure / autrement / la même

toujours la même

La quête des prières gagne mains sonnantes

la paume des nuages

une ville un clocher la voix des gallinacés à partager

l’heure / pas de corde à balancer

plus le temps / pas de balancier

temps électronique programmé /

la ville affairée

tandis

que tu marches / tu marches

podomètre thermo-luminescent

collé à tes pas luisants / ascension / performance

Vers / Chute

assurée

.

mais c’est la faute à personne

mais c’est la faute à personne

.

Fitness du vers en pleine & belle forme

mais coupure d’électricité

un fusible a sauté

dans le boîtier miné

.

de ta tête-à-poèmes

un poème et/ un poème/ et un poème

On inspecte la pyramide

la pyramide des responsabilités

Le Directeur avec / Le Directeur dirigeant

leurs chemins vers la mer avant

la Centrale thermo-lactique

de nos rêves

mais c’est la faute à personne

mais c’est la faute à personne

.

ou à celui d’en-d’ssous

juste en-dessous

tout en dessous

à descendre

en douceurs

.

toi tu marches / tu marches jusqu’à

la Galerie Nationale

la galerie nationale près de la cathédrale

des anges presque debout font l’ange et regardent

se compter l’heure / sempiternelle / sempiternelle

.

Le conférencier enfile la flûte

la flûte des visites

dans la trame tendue

retendue des regards

parfois des reflets brillent

Rentrer dans la galerie d’art

Intemporelle / intemporelle

en-dedans / tout-en-dedans

des choses à convoiter / en douleurs

des convois d’or

Des tissus t’enveloppent

t’imprègnent / t’impriment

jusqu’au sang

des recoins de lune

interlope

jettent l’extase obscure

sur la toile

Sur la toile

une étincelle parfois / une attention s’allume

denrée rare

3 mètres sur 3 mètres 8 ans de travail

3 de recommencés / les lissiers tissent la patience

dans l’espoir-Pénélope

tu pédales

tu pédales de bonheur

retrouvé c’est le métier qui rentre

au-dedans

sur le fil

fil de laine dans cette trame de soie / des draps de satin

la lumière vibre / sculpte la toile

étoiles de l’art dans les regards

loin loin loin / âme-tram-rails / des trains qui passent

parce qu’ils passent

eux / au loin / broutés

par le regard

euh… / bovin

.

On prend du plaisir

Le Directeur de la Grande

Centrifugeuse des Rêves – destination

mangues / ananas / palétuviers

s’est pendu mais

on se serrait la ceinture

c’est la faute à personne

surtout la faute à personne

.

Le Directeur s’est pendu / attention

Patrimoine à vendre / Art à vendre / Artistes

soldés

en solde de tout cœur

Send u$ your heart ! A vot’ bon cœur, m’ssieurs dames !

Bien National / 350 euros/picture

pour la peine de ton rêve

ton rêve précaire

– pas cher, pas cher –

Pour une tapisserie, faudra bien voir

temporiser

art contemporanisé

– On préparera

Sciences Po’

.

Tout se perd & tout

est à vendre

Maman est morte & je ne sais

pour quoi

Il faut éliminer l’armoire / l’armoire-à

-glace qui déforme

sa pauvre image / sa pauvre image

C’est lui le responsable C’est lui le responsable

Maman est morte & je ne sais

plus quand

mais faut récupérer

récupérer le mobilier

surtout le mobilier

Noter

Récup’ Mobil-mother

Fouiller emporter / vite emporter

Pendant la coupure / la coupure d’électricité

.

Sous couvert de ta tête

coupure d’électricité

tournesols à l’envers

Break Heart Ange perdu dans ton sommeil

se ronge les ongles – ce sont les nerfs

ce sont les nerfs / tendus sous la peau

C’est la faute à la coupure

la coupure d’électricité

du réseau / des nerfs

C’est la faute à la mort de Maman

Faudrait dormir

.

Pas dans le poème de la nuit

les caténaires sont tombés

/ foudroyés

les lignes ont les basses tensions

et les éclisses assassinent

Il est six heures ici / midi à New York

Minuit dans le lit des Sex-appeal

Orphée frustré déraisonne

rêve Narcisse plutôt qu’Eurydice

Scoop-de-mytho’ au cœur de l’Info’/ qui sonne

l’angélus éteint pourtant qui résonne

deux fois par jour / pas humain

mais

.

c’est la faute à personne

c’est la faute à Personne

Orphée frustré cogne

aux portes éventrées

des Ego-systèmes / nos EGOs

– Système

de Beaux Gosses pas beaux

.

mais il n’y a personne

mais IL N’Y A PERSONNE

.

Murielle Compère-Demarcy

.
.
Coupure d'électricité
.
.
article PH.L. Coupure d'électricité
.
coupure d'électricité en guise de presentation
.
.
.
« Coupure d’électricité » est disponible
ICI

Le Blog du Murielle Compère-Demarcy

ICI

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Publications en revue : Comme en poésie, Traction-Brabant, Mille et un poètes, rubrique « Trouvaille de Toile… » (dans la revue Expression des Adex), Aéropage, Florilège, Libelle, Portique, Art & Poésie, Traversées, Le Moulin des Loups, Poésie/Première, La Passe, Nouveaux Délits, — ; Décharge, Verso, …: publications courant 2015.
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Publications sites on line dédiés à la littérature en générale, à la poésie en particulier : chroniques, éditos, articles critiques/recensions sur sites en ligne, créations poétiques (La Cause Littéraire, Traversées, Recours au Poème, Incertain Regard n°10, Les Tas de mots, Poèmes Épars, Ce qui reste, La Pierre et le Sel,—)
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Recueil Hors poésie
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– La F—du Logis, recueil de nouvelles, août 2014.
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Recueils de poésie
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-Atout-Cœur (éd. Flammes Vives, 2009)
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-L’Eau-Vive des falaises (Michel Cosem éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches ; Avril 2014).
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-Je marche— poème marché/compté à lire à voix haute, recueil de poésie dédié à Jacques Darras : (Michel Cosem éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches) ; Août 2014.
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-Coupure d’électricité aux éditions du Port d’Attache / Jacques LUCCHESI (Marseille) / Février 2015.
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-La Falaise effritée du Dire, aux éditions du Petit Véhicule, Chiendents n°78 ; avril 2015.
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-Trash fragilité (faux soleils & drones d’existence), éd. du Citron Gare ; juin 2015.
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En cours de parution
-Un cri dans le ciel, éd. de La Porte, recueil de poésie ; Printemps 2015.
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août 6, 2015

Olivia HB

Par Olivia HB

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