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René Char et Nietzsche

juin 15, 2019



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juin 11, 2019

juin 6, 2019

Charles Cros : « L’heure verte »

Comme bercée en un hamac.
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.

Et l’absinthe pénètre l’air.

Car cette heure est toute émeraude.

L’appétit aiguise le flair

De plus d’un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir.
Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.

novembre 28, 2018

Brigitte DUMAS, choix de textes

avril 30, 2018

(Elle)

Doigt heurte la noire
Sonne une voyelle
Emise en variance
Luette dressée
En position instable
Idée sous le souffle
Essentiellement vibrante
Rythme alternatif rapide
Définit l’être majeur
Puis
La création fluctue
Mouvance hors terre
Née jaillie exorbitée
En signal électrique
Perception retenue
Elle
Puis l’écho d’elle

.

(Il était temps )

Comme il était temps
Les émotions graciles font des bruits de fers
Les chaînes pourtant détachées grincent
Ce ne sont pas mensonges mais omissions,
Silences qui se refusent
Esquives hostiles
Reste une tendresse
Sans objectif
Sans reflet dans le miroir
Un lien
Vaguement décalé
Un noeud dans la gorge
Irréductible.

.

(Demain)

Fixe la ligne d’horizon qui se distingue encore
Martel en tête
Où sont les limites?
Insigne ligne que la nuit dessine à rebours
Le soir se résigne
La rue se balade sur les trottoirs
Côté cour
Un jardin de fleurs a ouvert
Ses cuisses d’abondance
Source grondante
L’aube puisera peut-être ici sa force
Face à elle se tient ce qui vient
La ville a clos ses portes
Ne lâche pas DEMAIN
Au petit matin

.

(Coloratur)

Tu ne laisses pas parler ta muse,
C’est une chose incroyable
Ton oreille occupée n’entends pas le petit canto allegre qui vocalise en sourdine
Les mots ont ronronné en mode vibrato léger quand tu es monté dans le bus
On aurait dit une corne de brume quand tu as vu le train s’emplir d’une foule humaine
Et que tu as cru voir un instant une camarde se nourrir de cet afflux vivant
La voix multiple des pompes cadencées propulsant la vie dans les chairs
En battements divers se mêlait dans un brouhaha assourdissant de cors militaires
Comment peut-on être sourd à ce point
Ce n’est qu’une petite musiquette
Trois notes acerbes terminées par un bel aigü qui dure dure dure
Les notes s’effarent et puis s’égarent et te la jouent stabat mater
Comment peux tu ne pas te laisser séduire
A peine crois tu entendre un crissement métal contre métal,
un bruit de mécaniques dans la ville de frottement de pneus contre le bitume,
tu prends les cors pour des klaxons
tu n’as dans les oreilles que le marteau de la mémoire
qui bat le gong de ton devoir
et quand tu glisses la clé dans la serrure
le contre-fa strident en déchirure
coloratur
te semble simple comme bonjour

.

(Je ne peux rien écrire)

Je ne peux rien écrire mon stylo griffe la feuille
Encre sèche et bille bloquée ne roulent plus
Et puis les doigts qui serrent trop fort se crispent
Font du tracé une série de droites coupantes
Et le poignet n’est plus mobile à la base de la main
Une douleur d’entorse ne me permet plus rien
L’avant bras brûle comme si je l’avais trop utilisé
Le muscle qui est là n’existait pas avant ce soir
Et puis mon épaule semble s’être acharnée
Le mal strident remonte le long de mon cou
Mais le pire c’est ma tête qui n’a plus rien en tête
Un vide de plein été quand le vent a soufflé,
Que le ciel est bleu comme la mer et tes yeux
Et que plus rien ne marche que la feuille se déchire
Il faut bien l’admettre il n’y a plus rien à dire.

Sophie BRASSART : « La voix du rêve »

avril 24, 2018

®sophie BRASSART

Morgan RIET extraits de « Chute de fiel » & « Sang&Diesel »

avril 23, 2018

Préfacé par Vincent Motard-Avargues


Un extrait de « chute de fiel :

Règle du jeu

Tu t’imagines

comme un chien hors
du jeu de qui
renvoie l’ascenseur à qui
vient de lui caresser
la plume
dans le sens du poil.

Tu dis aussi

que tu préférerais
aboyer seul, jusqu’à la fin,
plutôt qu’en fausse
compagnie.

Tudieu !

ce que tu peux couiner
parfois, par dépit,
comme ânerie !
A la niche,

poète !

Un extrait de « Sang&Diesel »

Entrain

Château d’eau, vaches,
champs de blé, bla-bla
du vent, lieux-dits ou non, entrain
matutinal emporté un tantinet,
voire un brin
d’herbe comme roulé,
fumé entre deux trois nuages
par-dessus des rails

d’insécurité jusqu’à
l’illusion d’une course en duel

avec un train.

.
.
.

Chute de fiel / Sang & Diesel
60 p au format 10 x 20 cm – éd. Gros Textes – 8 € (+ 2 € de forfait de port)
Commande à Gros Textes – Fontfourane – 05380 Châteauroux-les-Alpes
(Il est possible également de le commander directement à l’auteur : 4 rue Cahier de Gerville – 14400 Bayeux)

.
Morgan Riet est né à Bayeux où il réside toujours. Parmi ses derniers livres : A fleur de poème* illustré par Matt Mahlen (éd. Donner à voir – 2016), Sous la cognée (éd.Voix Tissées – 2017). Il collabore à de nombreuses revues (Décharge, Friches, Verso, Cairns, Recours au poème, Comme en poésie, Traction-Brabant, Ecrit(s) du Nord, Paysages écrits, les Cahiers de la rue Ventura …) ainsi qu’à quelques recueils collectifs : Arbre(s) (éd. Donner à voir – 2016), Dehors, recueil sans abri (éd. Janus – 2016), Duos – 118 jeunes poètes de langue française né(e)s à partir de 1970 – Anthologie dirigée par Lydia Padellec – Bacchanales N° 59 (Maison de la poésie Rhône-Alpes – 2018)

* Prix Jean-Claude Touzeil 2018

Estelle FENZY, inédits extraits de « Comme si… »

avril 23, 2018

Extraits de « Comme si… », ensemble en cours

Fais
comme si
la passerelle
ne tanguait pas

Imagine
que les chemins
sont pour toi

que
tu peux
t’arrêter
de chercher

**

Fais
comme si
le ciel était
à portée

Imagine
qu’il te reconnait

qu’il
t’accorde
ses trêves

**

Fais
comme si
les poèmes
couraient
les rues

Imagine
que l’un d’eux
trébuche

que ce soit
lui qui t’aide
à te relever

**

Fais
comme si
ma tête
sur ton épaule

Imagine
son poids
si doux

comme si
c’était
pour toujours

**

Fais
comme si
l’oiseau
chantait

Imagine
qu’il soit
content
de l’hiver

qu’il
ne s’occupe plus
des saisons

.

Bio :

Estelle Fenzy est née en janvier 1969. Après avoir vécu près de Lille puis à Brest, elle habite Arles où elle enseigne. Elle écrit depuis 2013, des poèmes et des textes courts.

Dernières publications :

-MERE, éditions La Boucherie Littéraire (juin 2017)
-VIA ARELATENSIS (de pierre et de vent), livre d’artiste avec des peintures de Robert Lobet, éditions La Margeride (février 2017)
-PAR LA, éditions LansKine (mars 2018)

Stéphane BATAILLON : Textes inédits

avril 23, 2018

Dynamique

Il nous faudrait un mot
pour aimer ce silence

En délivrer les ombres
s’assurer de ses joies
parvenir à l’entendre

Espérer qu’à l’appel
il puisse nous submerger.

.

Le gouffre

Pour l’atteindre,
il y a un gouffre à franchir

Un gouffre rempli creux
de choses qui nous hachent
nous mâchonnent
nous coupent menu

Nous tchic tchic tchic
nous tchac tchac tchac
nous broom broom broom

Pour nous disperser
pour nous divertir
pour que nous n’ayons aucune chance

D’atteindre
notre silence.

.

Atomu

Mot après mot
on s’invente un cosmos
qui ne convainc personne

Juste avant le big-bang.

.

Les douaniers

Courir à travers plaine

Échapper aux fenêtres
éclairées des manoirs

Jusqu’à goûter le sel
des larmes du granit.

Serge PRIOUL poèmes extraits de « Faute de preuves »

avril 14, 2018


Les mots d’enfance
Te viennent comme la craie sur le tableau noir
Ils frottent et ripent et claquent comme un point

Merveilles du blanc et noir

Les mots d’enfance ont tout plein
De poussière dans leur traîne

Et de ceux d’aujourd’hui en robe de deuil
Tu n’attends rien
Rien d’autre encore
Que le chant de l’enfance

.

Elle est si simple la place du mot

Un blanc où ne rien mettre d’autre
Un mot de trois lettres
Un de huit
Au-delà
On sera dans la marge

.

Près du bassin
Un SDF dort
Cuite en cuve sans remord
Des hommes déplient des nacelles
Des guirlandes
Des fils des boules et des couleurs
Noël approche

Et dans la ville forêt
Tout n’est que bruit et silence
Et suit la courbe juste
De ton étonnement

.

Tu aimes bien les chiens errants
Quand ils déchirent les sacs poubelles
Aussi rebondies que leurs flancs sont creux

Le regard craintif qu’ils jettent est le même que
Celui de l’homme qui a faim

Il faut bien en face regarder les chiens

Tu aimes les chiens des rues qu’on
Ne rencontre presque plus
Parce que les poubelles ont porté plainte

Une race s’est éteinte
Race errante
De chambre à gaz

Reste les rues les bourgeois les poubelles
Et quelques hommes
On finira bien par tout nettoyer

.

©Les Carnets du Dessert de Lune, 2017

Pour commander « Faute de preuves » : c’est ici

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