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DOM CORRIERAS Extraits de « Ad Libitum »

juin 23, 2017

Chocolat

Est-ce que la mort a vraiment goût de chocolat ?
Assise sur un banc en travers des rails,
Je la vois qui tricote des bas de nylon parme
Pour les femmes et les filles que l’on vend
Bon marché à la foire de la Saint-Benoît.
L’autre jour, revenant des champignons,
J’en ai acheté deux. Une jeune et une vieille.
La jeune était bien trop belle,
Je l’ai saignée dans l’évier, mais
J’ai gardé la vieille pour garnir la cheminée.
Avec Papa et Maman, ce soir
On jouera aux cartes.
Et on mangera beaucoup de chocolats.

Maizières-lès-Metz – 2013

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Ce sera grande nuit

Y’aura trois échafauds
Le premier sera bleu
Blanc sera le deuxième
Et le troisième sera rouge

Ce sera grande nuit
Au bout du port
Un arrêt de bus
Marie-Madeleine
Te tapera de deux euros
Pour aller boire du vin blanc
Avec sa bande de mendiants

Ce sera grande nuit
Y’aura une petite église
Et tout là-haut sur son clocher
Une grande pendule toute dorée
Pour toi la lune aussi haut
Que tu l’aimais

Y’aura trois échafauds
Le premier sera bleu
Blanc sera le deuxième
Et le troisième sera rouge

Ce sera grande nuit
Si haut là-haut
Que tu l’aimais
Marie-Madeleine qui te disait
Pour toi si haut là-haut
Trois échafauds
Le premier sera bleu
Blanc sera le deuxième
Et le troisième sera rouge

Ce sera grande nuit
Une grande pendule toute dorée
Toutes les têtes vont tomber
Celles des amants c’est mérité
Si haut là-haut
Que tu l’aimais
La grande nuit
Qui te prenait
Y’aura trois échafauds
Ce sera grande nuit
Au bout du port
Marie-Madeleine
Te tapera de deux euros
Pour aller boire du vin blanc
Avec sa bande de mendiants

Y’aura un arrêt de bus
Une toute petite église
La lune trois échafauds
Le premier sera bleu
Blanc sera le deuxième
Et le troisième sera rouge
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Nice – 2007

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Que dire

Que dire du ciel qui s’éloigne de toi
Ces yeux éparpillés au bord de la terre
La pluie qui les lave est une folle mègère
Elle part traînant ses enfants dans ses linges
Puis les déverse en grappes sur les rails
Où jamais aucun train ne passe
Ni ne passera, sœur-oubliette, ni ne passera.

Ils sont ailleurs les wagons, les repus
Ils engrangent nos misères d’hier
Les plaintes, les coups, les râles
Et dorment immobiles sur des voies de garage
Larves en lourdes gestations, ils pourrissent
Dans la boue argileuse du jour éphémère
Garde tes larmes, frère-miroir, tes larmes pour demain.

De partout nous viennent des chants, des clameurs
Soudaines qui font dresser les ifs à la nuit
On a peur, on écoute en tremblant ces voix
Lointaines qui flottent et disent l’allégresse
D’être sans désir, sans futur, sans souvenirs
Rassembler la paire d’yeux qui te manque
À quoi bon, grande sœur du démon, à quoi bon.

On raconte au cœur moite des forêts
L’histoire de celui qui arpentait les pierres
Qui battait la terre au rythme de son bâton
Lui qui peinait chaque jour à mesurer la lumière
S’obstinait à se taire dans la ruche des villes
Se contentant de prier à l’angle des avenues
Pour que tout s’arrête, frères-enfants, et que respire le vent.

Paris – 2013

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Tu vois je t’écris

Tu vois je t’écris
Il ne fait pas encore nuit
Il ne fait plus tout à fait jour
Aujourd’hui la terre n’a pas tremblé
Mes mains se sont promenées
Dans les vœux sages des arbres
Leurs fleurs venaient-elles du Japon
Chacun voyage à sa façon
Mes murs ont la peau qui mue
D’avant ne reste que la poussière
Et l’image de quelques chiffons
Vite jetés à l’abandon
J’entends toujours cet air de ragtime
Que faisait le train de Vintimille
Et la bouteille de vin dans mon sac
S’impatientait des retrouvailles
La rue glissait d’odieuses caresses
Vers les balcons désertés
Un tour de clé et la lumière s’éteignait
Puis se rallumaient les braises
Jusqu’aux mots de trop
Le ressac comme la vague froide
D’un claquement de porte
À ceux qui chérissent la mer
Je réponds forêts et moissons
Ruines d’enfances blessées
Jouets cachés sous un buisson
Pour que chantent les papillons
À ceux qui craignent l’horizon
Nous offrirons de grands chevaux
Et les jeunes bisons des cavernes
Peints avec le sang en pluie
Du peuple des nuages

Tu vois je t’écris
Il ne fait pas encore jour
Il ne fait plus tout à fait nuit

Maizières-lès-Metz – 2013

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Case 23

«J’ai aboli la per­sis­tance réti­nienne» déclara ce gros naze. Et moi, je l’écou­tais et je pico­lais et je fumais et me grat­tais et mar­quais le rythme de mes pen­sées du talon sur le bar­reau de la chaise en bois blanc du bis­trot des Trois Comè­tes, à l’angle de la rue du Sou­ve­nir et de l’ave­nue des Dou­leurs face au Parc des Sou­pirs. J’avan­çais encore un pion et la son­ne­rie se déclen­cha sur la case 23. Je venais de mar­quer un point déci­sif. Il était pas prêt de s’en remet­tre ce gros con, cet empaffé.
“Les subli­mi­nai­res ont plus d’impor­tance que tu ne le crois, tu sais !”
Il con­ti­nuait son ver­biage d’ahuri et je com­men­çais à me fen­dre la poire.
«En atten­dant, t’as paumé cinq sacs! Per­sis­tance réti­nienne et subli­mi­nai­res con­fon­dus, ça te fait trente sacs de décou­vert. Faut que tu te réveilles, mec», lui dis-je en décro­chant un clin d’œil boo­gie-woo­gie à la petite Sabrina qui nous regar­dait jouer du haut de ces vingt-cinq fois seize ans et demi.
Elle m’envoya un de ces putains de regards char­gés de mouet­tes, d’hiron­del­les et de myria­des de pois­sons-volants écu­mants de lumière, enfin un de ces regards char­gés de bon­heur en tube comme je les aimais. Un regard de gamine, sans pers­pec­tive, sans rien de plus, une œillade comme un caho­te­ment de piano à la The­lo­nius Monk, une gerbe d’étin­cel­les sono­res, un cadeau.
«Au fait, et cette série de por­traits, quand est-ce que tu nous la mon­tres ?», hurla ce grops tas en se tor­dant de rire. Il venait de me bai­ser mon pion. Vlan, tout mon bénef’ bouffé en un clin d’œil. Et merde ! Man­quait plus que ça. Et puis fal­lait que je retourne bos­ser. Série de por­traits, j’t’en fou­trais moi !
«Bon, tu joues ou tu fais du sur­place ?»
Déci­dem­ment il insis­tait… con­nard, triste con­nard. Au moment où je tenais ma toile. Je la voyais. Ce n’était qu’un trait, un seul trait qui cou­rait en dou­ceur du som­met de son chi­gnon noir à ses yeux noirs, à son cou noir sous sa robe noire dans ce ciel noir. Un trait fin comme un che­veu, un trait noir sur fond blanc, une limite, un choix entre le jour et la nuit, une trans­pa­rence, quel­que chose entre for­tuit et cons­truit, quel­que chose d’ano­din et de pur. Un regard de gamine. Mais pas pour toi, gros lard, pas pour toi. Un visage, une appa­ri­tion de cette classe, c’est pas pour ta sale gueule, pen­sais-je en me frot­tant les gonades.
«Per­sis­tance réti­nienne, mon cul ! arrête de me bas­si­ner avec tes éclai­ra­ges facé­tieux, arrête, tu me fais sor­tir des ver­rues.»
Sur ce, je me levais en titu­bant. Délire, para­noïa, schy­zo­phré­nie et salade verte, voilà ce que je pen­sais de tout ça. Juste un peu de béton sur des appa­ren­ces, alors que la petite Sabrina ramas­sait les pions pour ran­ger le jeu et étein­dre ce gros con.
«Tu es sûr que tu ne veux plus jouer ?» dit-elle en se redres­sant vers moi, les reins cam­brés et les yeux aussi et les lèvres alouette et le ven­tre tendu et les plis de son jean qui lui fai­saient des sillons entre les cuis­ses.
«Non, lais­se tom­ber, éteins-moi ce gros naze, il m’énerve avec ses sen­ten­ces à trois bal­les, en plus il m’a bouffé vingt sacs. Tiens, sers-moi plu­tôt un demi avant que je n’offre mon corps à la science !»
«Im­bé­cile, va !» Elle étei­gnit le gros tas qui émit encore deux ou trois bip-bip (fau­drait pen­ser à le chan­ger, ils en fai­saient des vache­ment plus évo­lués main­te­nant) et vint ara­ser la mousse de mon demi en plon­geant ses seins sur l’évier.
Je t’aime Sabrina chan­taient les bul­les dans mon verre… Je me frot­tais l’oreille.
C’est exac­te­ment comme ça que c’est arrivé. Il s’est mis à pleu­voir, la terre a trem­blé, le monde s’est figé, s’est frac­tionné. On a entendu CRAC, puis ZIP, puis SCROUINCH et le jour s’est levé et Sabrina pleu­rait et le train s’est mis à sif­fler et je ren­trais chez-moi en ser­rant mes yeux morts au fond de ma poche. C’est comme ça que tout arrive tou­jours. Tout le monde fout le camp. Avec deux yeux noirs au fond d’une poche et quel­ques miet­tes de tabac, aussi.

Grasse – 2005

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En guise de Bio – Dom Corrieras

1-) Autobiographie publiée en son temps sur le site Danger Poésie

Né au bord des vignes bordelaises, le jour des vendanges d’un millénaire attardé, Dom Corrieras (de son vrai nom, Isidore Paracelse), fut élevé en rase-campagne par une famille de brouettes anticléricales au beau milieu des ovins, porcins, caprins, équidés et autres gallinacés pour lesquels il entretint longtemps un respect et une admiration réciproques. Celui qui (de son vrai nom, Nicéphore Cromagnan) devint plus tard l’auteur de la célèbre recette de la « crêpe d’âme au coulis de ratafia », eut une enfance relativement enfantine, suivant brillamment l’enseignement de ses maîtres, à l’école communale, puis dans les plus prestigieuses universités du « gai savoir » diffusé en abondance par bon nombre d’estaminets de la République Franchouilleuse. Très tôt, on lui apprit à ne pas rouler les « R », à ne pas dire « minmin » pour maman et à marcher au pas… de l’oie… de Gascogne… dont on fait, chacun le sait, les illustres cadets. Manque de pot, celui qui s’appelait en réalité Ernest Sudouest, était l’aîné, autant dire l’ânon. Ceci explique sans doute son goût immodéré pour le lait d’ânesses. Il n’est donc pas étonnant que tous les portraits de lui que la postérité nous a légués (Le Louvre, L’Hermitage, la Tate Gallery, etc.) , le représentent goulûment accroché aux tétons d’une mule. Malheureusement, on perd sa trace entre la seconde moitié de l’ère glaciaire et les tous débuts du « mash potatoes », le mouvement artistique majeur qui reconnut enfin son immense génie de masturbateur frénétique. Adoncques, celui que l’on surnommera plus tard « Le branleur impénitent », mais qui en réalité se nommait Salvavore del Lupo della Steppa, nous laisse une œuvre féconde, faite essentiellement de miasmes nasales ainsi que quelques taches douteuses sur des draps rouges. Aux dernières nouvelles, le quidam en question, Toutou Assamaman, de son vrai blase (on reconnaîtra là l’origine caucasienne, voire « crétinalpestre » de son patronyme), après s’être éperdument épris d’une petite bogue de châtaigne, qui à l’automne venue s’en était trouvée préférer réintégrer l’étagère à confitures plutôt que de continuer à subir d’incessants ramonages de la part de son ânon d’amoureux… donc, disais-je, suite à cet épisode douloureux qui lui fit, au demeurant, écrire ses plus belles pages, telles que : « Ma braguette t’appelle », « Suçons-nous la quenouille », « Au printemps mes boutons explosent vers toi »… donc, donc, donc, celui que l’on identifia plus tard comme l’authentique « , « poète aux chaussures à bascule », mourut dans le bel âge, étouffé de chagrin au fond d’un sac à main de gonzesse, quelque part entre le 45ème parallèle et la rue des Trois Lilas. Depuis silence radio, sauf parfois entre 4h et 6h du matin, une longue plainte au fond du dit sac, vite réprimée à coups de culotte humide… ça fait mal ça !
Alors que dire de plus, sinon cette courte épitaphe sur la toile cirée de sa dernière tombe en date:

« étalon pour les veuves

compagnon pour les tristes ».

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« Ad Libitum » est disponible ici : https://editionsbazartpoetique.wordpress.com/poesie/

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Le Capital des Mots : Eric Dubois, entrevue avec Mélanie Romain

juin 23, 2017

1-Quelle est la ligne éditoriale de votre revue ou le type de poésie que vous éditez? Quelle thématique ou genre littéraire est recherché?

La ligne éditoriale de la revue en ligne Le Capital des Mots c’est avant tout l’inscription dans l’histoire de la littérature, c’est la modernité, la contemporanéité. Je publie les textes qui me plaisent ou que je trouve honorable. Je publie poèmes, récits ou nouvelles, articles critiques ou de fond.

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2-Quels sont les objectifs de la revue depuis sa création?

Avoir de plus en plus de lecteurs assidus et de qualité.

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3-Quelles sont les démarches administratives et/informatiques pour créer une revue littéraire?

Pour une revue en ligne, avoir un ordinateur, une connexion internet, être chez un hébergeur de sites ( pour le Capital des Mots c’est Overblog) , acquérir un nom de domaine, tout cela a un coût. Pour ma part, c’est une passion comme la poésie.

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4-Quel est votre rôle et quelles sont vos tâches quotidiennes pour animer et améliorer au mieux la revue?(fréquences /postes/abonnements revue/ newsletter/fidélisation lecteurs/). -quel est le secret d’une revue littéraire parfaite?

Je suis le seul animateur de cette revue, créée en octobre 2007. Je reçois les contributions de mes contemporains par mail. Je publie plusieurs fois des textes dans la semaine en cours. Le Capital des Mots a 80 abonnés à ce jour et a reçu depuis sa création plus de 145 000 visites uniques pour plus de 319 000 pages vues.

Le secret d’une revue c’est sa longévité, la mienne va avoir dix ans dans quelques mois. Elle est référencée ( depuis 2013 ) et archivée ( depuis quelques années ) à la BNF, avec un numéro de dépôt légal comme pour un périodique ( ISSN 2268-3321 ).

Par ailleurs, et cela depuis 2007 elle est référencée sur le site Ent’revues. Elle est aussi dans la Poéthèque du Printemps des Poètes et sur le site de la MEL ( Maison des Ecrivains et de la Littérature) etc.

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5-Quels sont les moyens de communication et de diffusion mis en place pour créer un réseau de contact autour des revues poétiques?

Les autres blogs et revues en ligne, les revues papier, les auteurs eux-même et leurs réseaux et ça fait beaucoup, vu que j’ai publié des centaines d’auteurs depuis 2007 et des milliers de textes ! Et bien entendu les réseaux sociaux, la presse spécialisée et parfois dans les livres qui ont pour sujet la poésie & les poètes. La revue Le Capital des Mots est référencée dans un livre de Françoise Siri paru en 2015 « Le panorama des poètes » aux éditions Lemieux.

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6-Quelles sont les principales qualités humaines et intellectuelles à développer pour animer une revue littéraire?

De l’humanité, de l’empathie, de l’énergie et un sens des relations sociales et amicales. Et son propre talent de littérateur et pour ma part d’auteur et de poète.

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7- Participez vous à des activités littéraires hors de votre revue , ex:
-Salon du livre et de la revue littéraire
-manifestation poétique
-concours poesie
-marche de la poesie
-festival poetique


Oui en tant qu’auteur, poète. Je publie des poèmes en revues depuis 1995, dans des anthologies depuis 2004 et je publie des livres de poésie depuis 2001. Je suis, je pense, connu dans le milieu poétique en tant qu’auteur et « passeur ».

Je fais des lectures, participe à des festivals etc.

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Quels sont les moyens mis en œuvre pour faire connaître votre revue? comment et ou?

J’ai répondu à votre question. Mon réseau. Ma « notoriété ».

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8) Quel est la différence entre une revue littéraire papier et une revue numérique? Faut- il aujourd’hui associer le papier et le numérique pour créer une revue active , comment procéder? Quels outils utiliser?

Je ne sais pas. Je suis avant tout blogueur. De plus j’ai créé avec Marie Volta ,une association loi 1901 « Le Capital des Mots » en 2015, nous sommes un collectif de poètes et artistes et nous faisons des spectacles de poésie/chanson , des lectures publiques. Notre association a pour but de promouvoir la poésie dans les médias, le web , les bibliothèques, les salles de spectacle etc.

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9) Est -il nécessaire de respecter un planning type ou quotidien de la revue , y a t -il certaines périodes ou dates , ou moments de l’année pour entreprendre des événements littéraires (ex: saisons? semaine, week end? vacances? … ) .
-Faut il animer une revue littéraire seul ou à plusieurs? combien de personnes au maximum?


Le Capital des Mots paraît de manière aléatoire. Je suis seul à la manoeuvre. Pour l’instant, ça va.

10-La revue peut-elle réunir des artistes d’autres horizons que la poésie , ex: -photographie, peinture , sculpture, gravure, musique?

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Le Capital des Mots fait appel à tous les artistes. C’est une revue culturelle.

11-Faites-vous encore régulièrement des appels à textes ? quand? A quelle adresse envoyer les poésies?

Oui. Il faut m’envoyer les textes par mail ( poèmes, nouvelles, articles en fichier Word ou .doc + 1 brève notice biobibliographique + 1 photo de vous – portrait ou autre) le tout adressé en pièces jointes à barbatux@yahoo.fr

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Le Capital des Mots c’est ici : http://www.le-capital-des-mots.fr/

Cédric Merland : Choix de textes

juin 23, 2017

peut-être l’océan
après tout
les heures perdues dans
l’absence de soi
le regard inachevé

***

comme des heures incomplètes
se joindre aux images
aux parfums
à tous les visages croisés
retrouver
son enfance
peut-être

***

dans la rue des heures
plus tard
malgré le soleil le silence
se perdre et aimer
toutes ces choses
qui ne durent pas

***

bien sûr son visage
dans le miroir
le feu de la cigarette
qu’elle porte à ses
lèvres

retourner au silence

***

à ses heures perdues
il lui arrive de
prendre le train
jusqu’à l’océan
échapper au silence
sourire
un peu

Cédric Merland, extraits de À ses heures perdues (manuscrit en cours)

Jean Leznod : « Choix de textes »

juin 6, 2017


L’aveugle

Il n’existe plus le temps
Lorsque la pluie grise s’arrête
S’entêtent
Les mauvais jours opaques
L’aveugle
Avance à peine
Tate le sol de sa canne
Blanche ensevelie de noir
De la vue vaine essaime
Une nuée de goutes en déroute
Des trombes d’eau
Et le brouillard
Tapissent le trouble soir

*
*


L’affiche

Dans leurs lignes
Taille fine
Souffle élancé
Amourachés

Des signes gambadent
Sur un mur
Et murmurent
Une ballade

De troubadour
Qui laboure
Le champ de vie
Le trait de poésie

Voilà l’affiche
Qu’elle en jette
Fichtre biche
Guillerette

*
*


Deux poèmes à Paul Eluard



Dos à dos ils s’ignorent
Comme le jour et la nuit
La douleur des caresses
L’ivresse langueur

Un à un ils font deux
Comme la nuit et le jour
Se dispersent tour à tour
Les songes éveillés d’éther

Un à trois, ils se cachent
S’étiolent le soleil et la lune
À l’orée du bois maigre
Comme le jour et la nuit



Ils s’aimaient tel fruit mur
Salive sur les lèvres
Murmure le soleil
Peau d’ambre irisée

Ils rêvaient de voyages
Corps à corps de sueur
Au goût âcre de marin
Aux nuits sans lendemain

Ils s’accrochaient à la rampe
Qui mène le pied au sommet
Au ciel et aux cœurs fatras
Un antre de draps de soie

*
*


La terre

La terre
Encrasse ses ongles
Noirs et sales
Depuis toujours
Elle courbe l’échine
Quémandant nourriture,
Un don, un dernier regard
Mais personne n’ose…
La voir

La bêcheuse
Sans relâche
Pourtant en sa demeure
À l’abri du cimetière
Arrosera les fleurs
De nos tombes

*
*


Le vent

Le vent
Avec ses grands bras
Mouline à tout va
Ses bourrasques
Ivre, de cavalcades en bousculades
Je le bois à grandes dents, ardemment
Un marin assoiffé qui engloutit sec sa cruche
Fier, debout sur le plus haut des rochers
En bourlingueur éméché
Je m’apprête à danser
Telles les mouettes tourbillonnent
Avec frasque
Et je m’en vais de ce pas voler

*
*


Le feu

Le feu
Brûle son âme
Rouge à la folie
Crépite sa raison
De fougue déraison
Il consume tout
En fumée, s’en est parti
Sombre et si épais
Ce qu’elle avait aimé

Mais les coups
Qu’il assénait
À son cœur de damnée
Sempiternels sont restés
Des braises exacerbées

*
*


L’eau

L’eau
Sur les mains
Roule
Tisse drôles de desseins
À la fontaine
Où l’on boit dans le creux
Quand en dessous la pierre reflète
Un imparfait, un flou destin
Le visage crispé d’une brute
Qui rêve pourtant d’humain
L’eau picote
Les doigts s’allongent
Dans le bassin plongeant
La peau s’ouvre au courant
Et la difforme bête
Au limpide
Touché du pur
Retrouve son âme d’esthète

*
*

Mario URBANET « Couleurs Noir » Extraits

juin 6, 2017


chacun sa route

le crocodile
en forme de cercueil
glisse au fil d’une eau trouble
gondole convoyant un défunt inconnu
exode post mortem
croisière vers une vie rêvée
sous le vol planant des barbuzards

sur le fleuve de bitume ou de poussière
innombrables
l’un courant après l’autre
par paires ou seuls
les pieds
parcourent le destin africain

des existences progressent en noir et gris
d’une vignettes de bédé à une autre

ainsi cheminent
les révoltes intérieures de vies subies
en un concert de voix tues
qui font des pieds et des mains
pour laisser entendre
leur besoin vital non satisfait

s’en fout le président
dans son Palais blanc si blanc
et quand il en sort
à l’abris de vitres noires
dans sa limousine noire si noire

des gendarmes en tenue léopard
paradent tels des matamores
ici comme partout
le poids des barrettes sur les épaules
rend rigide la gent militaire

les chevaux des taxis hipomobiles
lèchent les lunettes arrières des automobiles
des chèvres en procession
traversent au péril de leurs cornes
elles seront en retard à la messe
des bébés circulent à dos de mères

dans une cour d’école
aux limites immatérielles
des enfants aux blouses vertes
courent en tous sens
après leur présent

de frêles adolescents
marqués de taches bleues
traînent ces signes du passage rituel
de l’enfant à l’adulte

sur la mer lagune
des pirogues s’allongent sur l’horizon
figurines noires
sur l’orangé du couchant

un vieillard
repose ses mains usées
sur le bâton passé derrière sa nuque
parti à l’aube vers son destin

des femmes longilignes
ayant tiré la corde au puits
portent comme de majestueuses coiffes
des outres pleines

la sueur nécessaire pour tirer l’eau
ou pour tourner un robinet
l’eau n’a pas le même goût partout
il faudrait prendre le temps de dessiner chaque arbre
pour comprendre la nature
et l’apprécier

la vie ordinaire
tue l’offrande faite au ciel

*
*


noire attitude

elle est terrible et froide la main nue
qui se tend
dans les rues de Dakar

le soleil indifférent attise la soif
brûle le corps
endort la vindicte
les doigts interrogent
les yeux sans vis-à-vis renoncent
l’abstinence du regard devient
habitude

la vie tient exactement
dans une boite de conserve

chaque matin questionne
quand finira l’avenir ?
la réponse viendra
dans la langueur des heures
ventre vide
regard vide
sébile vide
lassitude

quelques pièces tintent
qui sifflent la prolongation
comme l’arbitre au foot
l’avenir sera nourri un jour de plus
Dieu est grand

la misère recule d’une escarbille
venue du monde pourvu

le mendiant de couleur n’a pas de couleur
sa joue est creuse
comme la dent qui creuse la tombe
des mangeurs
dans les réserves pour blancs

la poussière des rues
habille les cœurs de néant

*
*

la kora mandingue

écoute la corde qui vibre
unique
sa mélopée grave obéit au doigt
et à la voix de l’homme
en modulations rauques
c’est la plainte des ancêtres
bannis de leur condition d’homme
extirpés de cette terre
pour mourir en mer
ou servir de biens mobiliers
en application du code noir

griots et sorciers furent inopérants
autant que les grigris
bagues amulettes et ceintures chargées

orpheline de tant de fils
la terre latérite
pleure des larmes rouges et sèches

les chèvres faméliques
seules à se croire en liberté
offrent leur sollicitude
au peuple noir

les baobabs
aux allures de bougeoirs éteints
en sont tout retournés
ils se sont mis la tête sous terre
pour que leurs racines
puisent des prières dans le ciel

fervente quête
aussi futile que le parfum d’encens
que sèment au vent les eucalyptus
en pure perte
*
*
*
Né à Saint-Germain-en-Laye en 1935, Mario Urbanet a grandi entre deux langues, celle du Frioul paternel et le français de sa mère. L’occupation allemande, les chantiers du bâtiment à quatorze ans, la guerre d’Algérie à vingt, et un fort engagement citoyen lui ont appris l’essentiel sur la vie. Les livres lui en ont dit les valeurs. Il tente de découvrir comment fonctionne ce monde étrange. Il appareille ses mots comme les pierres d’un mur où s’ouvre la fenêtre du vent, qui répète inlassablement : Pourquoi ?
Ses poèmes sont édités au Temps des Cerises, Le Serpolet, éditions Henri, l’Amandier, La lune bleue, Couleurs et Plumes, dans diverses revues et anthologies collectives. Ses contes sont publiés par Albin Michel, Glénat, Milan, Père Castor, L’Harmattan.
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*
« Couleurs noir » est disponible ici : http://www.editions-unicite.fr/auteurs/URBANET-Mario/couleurs-noir/index.php
..
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PERRIN LANGDA : « Choix de textes »

juin 6, 2017


PERRIN LANGDA : Extraits de Glace Belledonne

Regarder passer les falaises
en grimpant dans le ciel


celui-là ressemble à un clebs
et lui on dirait une mémé
regarde regarde
une grosse quenotte
un condor géant
une tête de macaque
la pierre aussi a ses nuages
ils font juste plusieurs
milliards de tonnes de siècles

.

La Nouvelle ode
(Collection automne-hiver 2015)


cette année
la campagne porte une robe
léopard jaune et rouge
sous une veste encore légèrement verdoyante

un fleuve
passe
dans les tons bleus
et roses pastels
d’un foulard brumeux

les cimes ont mis
de drôles de bonnets de premières laines
au-dessus de leurs gorges échancrées

on aimerait
bien rester un peu plus
sous l’œil bleu ciel
à la pupille couchante
de cette grande
créatrice de mode
qu’ils surnomment
Versatile

mais les jambes
maigrichonnes
de la route sont déjà loin
sur le podium de la nuit

.

Pipi dans l’eau

les deux pieds dans l’Isère
sous un soleil de furieux
j’fais pipi sur les soldats du ciel
j’fais pipi sur les phobies nationalistes
j’fais pipi sur les milliardaires
j’fais pipi sur tous les pauvres pantins
un souffle d’air frais me caresse les
joues avec un bruissement de feuilles
j’fais pipi sur la rivière qui s’écoule
j’fais pipi sur tout c’que j’peux
pas changer mais ça fait du bien

.
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Glace Belledonne
Perrin Langda
31 pages
5€
Editions de la Pointe Sarène
5 traverse de l’orée du bois
06 370 Mouans-Sartoux
http://www.patrick-joquel.com/editions/

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Perrin Langda : extraits de L’Aventure de Norbert Witz’n Bong !,



I
Départ en folie
Sans la moindre raison


Chapitre 1 :
Récit venu d’une autre dimension


Eviscéré par un seigneur vampire, il s’est planqué au fond d’un bar. Un bar du monde réel. Du monde où des ados bourrés l’écoutent. Estomaqués.

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Chapitre 2 :
Le genre de truc qui pourrait arriver à tout l’monde


Des marques lumineuses. Absurdes. Et des nuées de sens. Martèlent. Des vérités publicitaires. Au-dessus des avenues. Il n’y comprend plus rien.

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Chapitre 3 :
Rhume de cerveau


Au carrefour de la rue de l’asile. Klaxons. Bagnoles. Jeune homme. Immobile. Hébété. Nu.

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Chapitre 6 :
Journée de ouf’

Se réveiller sur un matelas en flammes… Sortir promener son nounours en peluche… Manger des pâtes… Au yaourt à la fraise…

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Chapitre 4 :
Norbert, c’est vraiment un type extraordinaire

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Avant, Norbert, c’était… Quelqu’un de bien, une vraie rock-star, Jésus. Un vieux moine Shaolin. Un loup-garou furax. Quelqu’un. Comme ça.

Chapitre 5 :
Mon groupe de rock imaginaire

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Boum boum ! Batterie du cœur ! La la la ! Chœurs de voix ! Bzz ! Basse acouphène ! Solo ! Presque comme Kurt Cobain ! Juste un peu plus désaccordé ! Et vraiment seul.

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Chapitre 9 :
Seigneur, pardonnez-les, ils ne savent pas ce qu’ils font


« Je suis Celui Que vous cherchez » tonna-t-il aux rois Mages du marché de Noël. Tout le monde rigola au stand des saucissons. Pas lui.

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Chapitre 8 :
S.O.S. âme fantôme


Un appareil dentaire ! Une boîte à diode faite au collège (il y a 10 ans) ! Sans oublier… doudou ! Voilà ! Prêt au combat ! Gare aux mauvais esprits !

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Chapitre 7 :
La voix du maître Shaolin


Vol de la grue alambiquée ! Grand écart de la paume du dragon ! Plexus solaire génuflexé ! Lui dit la Voix ! Pendant qu’il gesticule en vain !

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Chapitre 10 :
Merci Maman pour le ménage


Elle dit « T’as encore mis d’la boue partout ! » Il choppe une lame. Elle une poêle. WITZ ! BONG ! Il sort en hurlant. Elle passe la serpillère.
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L’Aventure de Norbert Witz’n Bong !, Perrin Langda
5€, 99 pages
Editions Gros Textes
Fontfourane, 05380 Châteauroux-lès-Alpes
ISBN 978-2-35082-335-5

Préface de Thierry Roquet
Couverture d’Eric Demelis

Cathy GARCIA : « Choix de textes »

juin 6, 2017

COUPÉ DE PARAFFINE

c’est la saison la belle saison
des parades politiques
publicitaires militaires mensongères
paroles paroles paraboles
bon lait cathodique
à tous les foyers du monde

brouillards matinaux laxatifs longue durée
paranoïa planquée paravents pare-chocs
pare-brise pare-balles pare-tout
sauf des parangons de bêtise

chacun sa part
lèche mon parabellum
ô mon beau parachute à dorer
paix aux paradis fiscaux

paroxysme des temps bénis oui-oui
de paramnésie paraphrase paraphasie
bazar du paraître bon cœur paralysé
acte de soumission à parapher chaque jour
et avec le sourire, bravo
parodie c’est parfait !

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LA VILLE

traîne au lit sa misère
la ville matin crasse
coulé gris dans lavabo
journée nausée in caniveau

ne peut s’enfuir la ville
incarcérée bouclée périphérique
ses au-delàs dévastés
visent un cœur déjà mort

cités rageuses couturées de bitume
éblouies de bleu tournis
toussent crachent leurs pans
de cervelle bétonnée

la ville se couche en chienne
fatiguée d’avoir trop mis bas
rêves et crapules
et se laisse mourir
sous ses phares
de feintes opulences

sirènes tapageuses
sur ses trottoirs crottés
s’en meurt la ville
grise au sang caillé

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DES PEAUX DE NUIT

sous l’ongle l’écharde
passage forcé
l’ennui le mensonge

nuit efflanquée
à paupières mauves mangées
par l’effort de tenir
et tenir encore
serrée contre soi
la petite douleur de l’amour
la valise rongée
fiévreuse mémoire

les cous flasques font le guet
les poches crèvent d’un trop-vide
mémoire bouffie huile rance
fragments gris des peaux de nuits
carreaux sales candeur jaunie

à-quoi-bon persiste et gagne

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EXIL

failles fissures entailles blessures
par où se glissent les condamnés
fuite dans la gueule puante du mépris camouflé
sous de belles déclarations avec lesquelles
le grand commerce se torche

et chacun chacune
clandestin clandestine
promu étranger étrangère
à sa propre existence

clouer son sourire
ne pas faire de bruit de remous
ne pas déranger

à l’étroit d’affublements de convenance
mâchonner une langue malapprise
qui écorche la bouche
cloue le sourire

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C’EST TENDANCE

nos dirigeants paternalistes
ces coquelets phallocrates
dînent en complet guêpière
et prédisent notre avenir
dans leurs boules de geisha
les mercredis ont rendez-vous
dans les latrines très publiques
avec des ouvriers qualifiés
aux très brutales manières
ainsi se sentent-ils
proches du peuple

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CONSOMPTION

joker triste mine
léthargie dégainée
folie compensatoire
à la foire aux paumés
où la terre est égale
à elle-même

profonde

la merde n’a paraît-il aucune saveur
les substances taboues ne nous gênent plus
nous cherchons les sutures de l’extrême limite
sans jamais connaître le nom de l’opérateur

il n’y a personne au bout du fil
pas même un corps qui se balance
seulement ces voix surfaites
parfaitement anonymes

une anesthésie en boucle
profondément insipide

j’en ai d’autres encore…

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brève bio : Cathy Garcia Canalès, ce n’est pas encore le nom dans toute son intégralité, mais ça viendra, poètiste, artiste, revuiste, que des trucs bizarres et encore je ne dis pas tout. Vit dans une réserve naturelle. Aime le vin de sureau.

Christophe BREGAINT en signature le 10 Juin au Marché de la Poésie

mai 29, 2017


Au Marché de la Poésie, sera en signature le Samedi 10 Juin à 16h00 pour « Encore une nuit sans rêve » Ca sera sur le stand des Carnets du Dessert de Lune (Stand :209/516)

J’y serai en compagnie de Jean Christophe Belleveaux qui signera pour « Démolition » paru chez le même éditeur et qui a préfacé mon livre, dont vous pouvez lire quelques extraits ici :

Au plaisir de vous y voir, les amies et amis

http://www.dessertdelune.be/store/p817/Encore_une_nuit_sans_r%C3%AAve_%2F%2F_Christophe_Bregaint.html

Au plaisir de vous y voir, les amies et amis

Pour le programme complet du Marché de la Poésie c’est par ici : http://www.marche-poesie.com/signatures/entry/1399/

Isabelle Bonat-Luciani, Fanny Chiarello le 9 JUIN à l’espace de L’autre livre

mai 29, 2017

Maggy De Coster Extrait de : « Les versets simplifiés du soleil levant »

mai 29, 2017

12-
Comment assainir les sentiers broussailleux
et retrouver les statuts des jours de paix ?
Je cache les pétales de joie dans les profondeurs de mon être
…..pour les épargner de la flétrissure
Je conjure à voix basse les revers du quotidien
Je lève ma coupe à la gloire de l’esprit sain
et je sautille en extase au clair du jour

Tant de fois inconnue à moi-même
je frissonne d’effroi au trot de mes pensées
dans l’antichambre de mon cerveau
Quel Prince convoquer à nos conciliabules
pour donner le ton à la plaidoirie des faibles ?
Ô nature immarcescible je t’adjure de nous être favorable !

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13-

Quand la terre disparaîtra
Je gémirai dans les limbes
Les souvenirs du passé seront portés disparus
La vie sera-t-elle aux abonnés absents ?
Quoi qu’en pensent d’aucuns
Le temps continuera sa course inexorable
Et chacun aura peut-être fait son temps
sans avoir rien fait de son temps
Est-ce le temps qui nous marque
ou nous qui le marquons?

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31-
L’ombre trace lentement son chemin
Après le passage du soleil
Et les frêles épis frémissent au souffle du vent

Je me dérobe au silence de la nuit
Et me réfugie dans l’antre de mes pensées
J’invoque l’éclat tutélaire d’Altaïr
A l’acmé de mes sentiments

Et se dessine en filigrane la trame de l’espoir
Que j’abrite sous l’auvent d’une saison nouvelle

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32-

L’été exhale ses complaintes dans la grille des jours
Une nouvelle page volante de plaintes se remplit
Un chapitre se referme sur les clauses du désespoir
Que de rêves brisés au matin dans les soupiraux !

Un autre jour se lève
Mais demeurent présentes sur la grève
Les traces de sang des innocents

Il court tant de bruits dans les parages du vide
Tant de sons discordants remplissent les espaces libres
Comme des épaves délaissées sur les chemins malaisés

La geste mémorielle ne comble pas la béance des souffrances
Ne répare pas non plus la toile trouée par l’éclat des forfaits
Voire moduler la pensée perverse des actionneurs
……….de la machine infernale

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34-

Souffle le vent de la terreur
Disparaît la récolte de l’amour
Et se brise la vie

Les liens de l’horreur
Enchaînent le mendiant de l’espérance
Et du ciel tombe la rosée en guise de larmes

Dans le profil des jours se distingue
La marche de l’hécatombe
des âmes insoumises
et la colère se fait ténor dans l’agora

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35-

Les cadavres au couchant dérivent dans la frénésie des fous
Comme des pierres qui n’amassent pas mousse
Ou comme les proies de l’ombre
A l’ubac du tertre solitaire
Où les heures noires se décalquent dans l’ossature de nos vies
Comme une douche froide dans la transe des soliloqueurs

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40-
Embaumons de nos passions l’âme des forêts en péril
Embrasons d’Amour les tissus fragiles de l’humanité
Sous le regard luminescent de Cassiopée
Achevons la symphonie inachevée des disparus
Et des versets simplifiés du soleil levant
Comblons le vide laissé par l’absence

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