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Les Cahiers de Tinbad n°9

avril 1, 2020


Dans ce numéro des Cahiers de Tinbad, on rend hommage à Léon Tolstoï, avec de bonnes feuilles de deux grandes études « classiques » sur lui, celles de Léon Chestov et d´André Suarès. S´ajoutent à ces « reprises » de textes introuvables depuis longtemps des textes inédits d´Olivier Rachet, Guillaume Basquin et Didier Fortuné. On y trouvera aussi une longue étude de Murielle Compère-Demarcy, poète et critique, sur l’Anthologie poétique de Pascal Boulanger, dont on republie également une conférence donnée autrefois à la Sorbonne sur les étroits rapports entre l´oeuvre de Marcelin Pleynet et celle de Rimbaud. Tristan Felix, poétesse, ridiculise l´écriture dite « inclusive », tandis qu´on offre aux lecteurs un ensemble de textes inédits de Mathieu Bénézet.


première critique dans lelitteraire.com, par Jean-Paul Gavard-Perret


pour s’abonner, commander c’est ICI

BELBY – ULDO

mars 31, 2020

BREIZH – Brigitte Canefish

mars 31, 2020

Baluchon d’accordéon éphémère des valses novembres manteaux,
mois des onze bottés,
paroles se bouclent en valise des flots sur peurs,

petit port noyé, présences d’écumes,

Breizh,

uniques des plus beaux, moussent,
se donnent en baie,

sorties rouleaux d’écailles attirent les tousses fiévreuses des petits
et grands,

dernier regard aux mains des signes moussaillons,

– calvaire fait voix d’algues brunes,

en foi granit d’Hermine des croix,

souvenirs des veuves, –

s’éloignent en côte mailles des répare,

existence abonde en gants
s’en va en jour un,

plein beau à l’aube chemise première,

rassure sous ballons voyageurs d’exil bleu,

lâcher vœux des va- flotter, croyants des manches,

lève la reine voile blanche,
fait chut ! des dresse- index,
compagne d’écoute en repos d’air bleu coulisse,

sous becs mouette d’alertes,
heureuse des hauts
vole plane, s’ouvre aux cardinaux,
ria de bancs de sable,

vise le paradis boussole des poissons volants des mers chaudes,
salue les grands ailés,

salut à toi chère brise…

nuages des nues endormies,

prêcheurs des vers
se soutiennent, rouspillent,
salissent le soleil des demains sous mer d’huile,

la bienveillance ancre,
coupeur des jure- souffrances,
habille en fond des sèches,

malles bombées des changes,
jaune sauveur des plaintes fait silence,

chaloupe des cirés, cap ouest des lames
refait,

défait les notes nœuds des jutes vintages,

serrage en sac, toile de pluies de lune amarre

chavire sur les au-revoir
caoutchouteux des quais,

au mât mémoire des lattes,
quitte la famine du pâle sol,

chausse l ‘espoir brouillardise en vue des bleus appels,
tempêtes rouge -pieds des matins,

cordes d ‘eau marins
font honneur aux aurores,

commande du ciel,
flotte en vide, coque des nerfs,

chante le hisse cale du port d’attache en mains de cordées,

maisonnée pierreuse se fait point d’horizon,
gorgées rouges des attentes,

signal des retours,

pleurs, joies des peines sous plaintes,
garde-manger du neuf des entrailles naissances,
drapeau de lin disparait aux pôles courages sous basses,

souvenirs bravoure
sablées des mains fines des champs d’orties s’abîment,

maux fardeau des cajoles
s’enrichissent en dot de vivres,

foulent les maigres repas,
l’autorité est femme,
se guérit aux lueurs bougies des lettres en sel promis

s’active en clef ventrée des grès,
charniers jours longs, soupières,

pain bénit des beurres sent bon
départ bleu se fera confiant,

remaillages d’efforts,
table iodée,
le sauve-honneur embarque,
rames rêvées du large tangue,
manque ne se remplace,
le cœur est rouge marine à vif
se vit,

se meurt aux langues bleues d’angoisse en village breton,

harponne est grise,
glisse ruisselant sous carreaux des houles roches,

chaise des fois prieurs des bois,

bûches sous cloches des croyants murailles,

chasse sa noirceur en mots levés,

sous lumière sage graniteuse des cieux,

cheminée des forteresses dort sur tremblantes paroles blanchies,

murs des vieilles échappes en roue navire,

bois brut se brosse
accoste,
abordage sanguin,

fait route mer d’amorce
sous les soixante soleils !

© Brigitte Canefish poème


Apocalypse (k)now – Marc Guillaumat

mars 31, 2020

Le temps est éclatement du temps.
La photo montre ce que le continu, le déroulement cache.
Tout est seulement vision.
Dérégler les sens pour voir l’image fracture, l’illumination.
Le dernier jour est maintenant. L’essence du temps est l’éternité, il n’indique jamais qu’elle.
L’art est saisie de cette vérité.


© Marc Guillaumat

L’océan jusqu’à toi, extraits, Mathieu Bénézet

mars 31, 2020

Trak
l dans le rejointe
ment d’une sœur

ami une vie oubliée
feux fantomatiques
sobre amour sombre amour

mains qui touchent l’âge de la lumière
où sont solitude et une ruine jaune
un instant est une âme

assombrie dans le sens
des années fenêtre aux lacunes immortelle
pas volumineux de l’obscure poésie Trakl

.

pose tes yeux sur elle
et ton souffle
élargis-le jusqu’à l’ultime chair

jusqu’à l’ultime sève fragmentée
de toi à toi
vers cet inconnu qui te brûle

.

toi qui songes en remuant de l’ombre
presse tes lèvres
sur l’inconnu

qui te regarde
il est du même bleu
inaccompli

.

L’océan jusqu’à toi © Flammarion, 1994

Moisson, extraits, Charles Juliet

mars 30, 2020

si j’étais moi
et tout ce que ce mot désigne
   ces échecs tensions cicatrices
   ruades lâches soumissions
   ces lourdeurs clameurs torpeurs
   ces mots inertes ces mains embourbées
   ce dégoût et bien évidemment
   je suis hors jeu car cette vie
   qui m’échappe et me fuit
   il est non moins vrai
   qu’elle m’écrase
   et je ne sais jamais ce que je veux
   désire aime déteste voudrais faire
   et sans doute n’y a-t-il rien à faire
   encore moins à vouloir
   mais désormais j’entends cesser
   de me maudire m’envoyer au diable
   car se vivre en tant qu’autre
   n’est rigoureusement pas vivable
la première chose qui me viendrait à l’esprit
si j’étais moi
ce serait d’être un autre
de me réfugier
me blottir dans la peau d’un autre

.

que tu sois proche
ou à distance

que tu sois clair
ou que tu sois brouillé

rassemblé
ou diffus

libre ou
entravé

que tu aies des mots
ou que tu n’en aies pas

que l’instant t’aiguise
ou qu’il t’émousse

que tu adhères
ou que tu regimbes

vives la ferveur
ou le dégoût

que tu te hâtes
ou que tu stagnes

pas un seul jour
tu n’oublies
ce vers quoi
conduit le chemin

Moisson © P.O.L Editeur, 2012

A voix basse, extrait, Charles Juliet

mars 30, 2020

quand tu ne savais rien
de l’aventure
ce feu en toi était
malaise    souffrance

il était cette brûlure
qui rongeait
mais ne parvenait pas
à consumer ce fatras
accumulé dans mon œil

il était
ce refus du quotidien
ce refus de ce que tu étais
ce non qui t’empêchait
de vivre

il était aussi
cette infernale question
plantée en toi
comme un fer
chauffé au rouge

il était surtout
l’immensité
de cette peur
qui t’interdisait
d’avancer

au fil du temps
il s’est mué
en cette flamme
constante et claire
qui prépare le chemin
en avant de tes pas

A voix basse © P.O.L Editeur, 1997

Frédérique Guétat-liviani : marge-manoeuvre

mars 30, 2020

POÉTISTHME n°6

mars 23, 2020


POÉTISTHME, revue d’expérimentations poétiques, à lire en ligne ICI

Gustave Hebdo

mars 23, 2020


En ces temps troublés et confinés, plusieurs poètes se sont rassemblés pour vous offrir… un hebdomadaire de poésie ! Non ? Si !

Dès demain, puis chaque lundi, Gustave Hebdo vous livrera une moisson de poèmes inédits, sous la forme d’un journal téléchargeable et gratuit.

On y a mis tout notre cœur. On a eu cette idée samedi matin, on a bossé tout le week-end pour y arriver. On espère que ça vous plaira. C’est notre façon à nous de participer à la traversée de la catastrophe.

Pour s’abonner et le recevoir, une seule adresse :ICI

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