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Murièle Modély : « Je te vois » extraits

juillet 28, 2015

Je_te_vois_Modély


Extraits de Je te vois, Murièle Modély, éditions du Cygne, 2014
.
.

dans la chambre je trace
dans une odeur de lait
une histoire qui sent la mort
qui sent la mort mais qui gratte la chair
comme un nouveau né
je ferme les yeux
je pense ma main sur le gras de ton corps
aux bouts d’ongles arrachés sur le bord du chemin
mon angoisse ton ennui desquamant sur le lit
je pense à tout ça et me demande pourquoi
nous restons poings crispés calés contre nos cuisses

/

qu’ai je si peur de perdre à serrer si furieusement des doigts
qu’est ce qui se cache vraiment dans les lignes de main
où nous mènent les vergetures de mon ventre
les serpents blancs
qui plissent
quelque part
à l’orée de forêt
jusqu’où dois-je remonter pour dompter le danger
qui bride
à l’intérieur

/

et cela n’a rien à voir avec ces trucs de fille
le genre qui revient tous les vingt-huit du mois
cela n’a rien à voir ma tête dodeline
avec ces histoires de fins de mois difficiles

/

ce qui s’échappe
bascule de mes lèvres
ce sont les rêves
de bouche
de dard
de torse
qui ne sont pas les tiens
que j’attrape en chemin
tout presse horriblement
le ciel est bas
chaque nuque arrachée
chaque duvet volé
est un mot de gagné
sur l’espace rétréci

/

les spasmes
sont les flèches plantées dans le petit matin
de mon demi sommeil
qui hésite
pressent la chute
l’amour
disparu
à venir
je mets ton visage en plein cœur de la cible
mes yeux sont ouverts l’arc est entre mes mains
mon geste est sûr la pointe entre tes reins
je tire :
tout revient à sa place

.
« Je te vois » est disponible
ICI

Le site de Murièle Modély
ICI

« Je te vois » lu par Murièle Modély
ICI


juillet 28, 2015

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De Marion Scotto

VaxEn l’air

juillet 26, 2015

.

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juillet 26, 2015

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De Olivia HB

Estelle FENZY « Chut (le monstre dort), Extraits

juillet 26, 2015

EXTRAITS de Chut (le monstre dort), paru en avril 2015 aux Editions La Part Commune

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10 août

montagnes
soleil de fin de route
bien arrivés

Au téléphone tu dis

je suis malade

trois mots
trois tonnes d’argile
sans émail

Moi l’oiseau rieur
le bec le cœur
en une seconde

cloués

***

Au lasso l’horizon
je le ramène devant

j’ai peur parfois
qu’il soit trop grand

pour mes bras

****

Penser vif
écrire simple
crier grand

puisque la vie
ampute

***

Vie
sanglée
tendue

pieds nus
sur la ferraille

se cabre cheval

fouetté
au sang

****

Sans équipage
et cales vides

cœur haubané
tempes battues
par les vents

tu tiens debout
sur le quai

***

A la porte
les ombres

bons gros vieux chiens
jappent et supplient

Tenir bon
ne pas ouvrir
tenir bon

Estelle Fenzy

.

Chut « le monstre dort » est disponible
ICI

Du même auteur, des extraits de
« Liqueurs »
ICI

« CODA »
ICI

D’autres extraits et un mini-interview
ICI


VINCENT MOTARD-AVARGUES, POESIE, EXTRAITS

juillet 23, 2015


UN ECHO DE NUIT (extraits)

UNECHODENUIT

Il mordait le temps
pour échapper au silence

en bruissant les heurts
et tentant de meubler l’absence rouge

Noé Vida
et son horizon
vertical

*

À force de
torturer ses
doigts
via un bout d’encre
et une table de papier

Noé
enfin
parle

*

Jour
après
jour
après
jour

la ligne discontinue du présent
la flèche aveugle du quotidien

Nuit
après
nuit
après
nuit

le silence fait naître

les mots
à ne jamais prononcer

*

Noé ne voit plus son image
dans le miroir
mais celle d’un autre

à nouveau

Noé Vida
n’est plus
Noé Vida

(jamais existé
oui)

*

SI PEU, TOUT (Extraits)

SIPEUTOUT

Des fleurs

des tas
de fleurs

malgré le froid

*

Tu vois

il y avait des
mots

oui

tant

je me les
murmure

sous cette
promesse
de soleil

*

Je sème
rose en terre

tu pousseras
au dehors de cette
absence

l’engrais
d’une jeunesse
avalée
par l’éternité

un cœur
à mille corps
éplorés

RECUL DU TRAIT DE COTE (extraits)

RECULDUTRAITDECOTE

Zébrures salées
en sol devenu dur
où nos pas avant
avalaient leur poids

elle marche derrière
moi j’avance pour
plonger en l’eau
plus chaude qu’air

j’entends sa voix tel
murmure de distance
mais n’éprouve ni peur
ni fuite et reste là.

*

Oyat
en mains

parfum
d’ailleurs
plantes
de là

parfum
d’avant
plantes
du jour

oyat
en cœur.

*

Trois enfants
sur la balancelle

trois adultes
devant la maison

trente ans
sur la balancelle

trois adultes
devant la maison.

JE DE L’EGO (extraits)

JEDELEGO

Paix

Sable sur front
et brise qui sciait voie

mes pieds avalaient
sol friable des rivages

et mon ouïe se laissait endormir
par caresse âpre du ressac

je pensais
revivais
replongeais

mais
n’aimais

toutes ces heures
à courir après
minutes creuses

tous ces heurts
à attraper
coups de lune folle

regards vers océan
où tout s’étiole

de tu
de je

Silence.



Les livres de Vincent Motard-Avargues sont disponibles

ici pour « Un écho de nuit »


ici pour « Si peu, tout »


ici pour « Recul du trait de cote »


ici pour « Je de L’ego »



juillet 23, 2015

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By Olivia HB

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